Archives Octobre 2014

01/10 - Neopost

Dans mon PEA, j'ai quelques actions Neopost. Cette société ayant des revenus essentiellement récurrents, le cours n'est pas supposé varier soudainement. Or, ce matin, surprise : le cours dévisse de plus de 7%. J'en cherche les raisons. Plusieurs sont possibles, notamment un chiffre d'affaires semestriel légèrement décroissant pour cause de change. On le sait, après avoir été fort, l'euro chute, notamment face au dollar. Les perspectives devraient donc être positives.

Une autre nouvelle dans les médias : forte hausse des tarifs postaux ! Le marché suppose-t-il que cette hausse est susceptible de faire chuter le volume des courriers traités, au-delà de ce que suppose la seule évolution vers la dématérialisation ?

Bravo La Poste ! Après avoir encaissé près de 300 millions de CICE, vous aidez à creuser votre tombe avec ce qui est une sorte de hausse fiscale (ne parlons pas ici de prix de marché, mais de tarification quasi-administrative).

 

02/10 - Le faux débat sur l'immigration

Les politiques croient devoir faire simple pour parler aux Français. Evidemment, ils n'usent que d'expressions "politiquement correctes". Du coup, quand ils décident de parler immigration, les mots sonnent faux et c'est tout le débat qui en est brouillé.

Ce soir, j'ai sincèrement admiré la passe fort courtoise, nuancée et même subtile entre Alain Juppé et Marion Maréchal Le Pen sur l'immigration. Mais le débat en est quand même brouillé.

Qu'aurais-je souhaité qu'ils disent ?

Le problème de l'immigration n'en est pas forcément un, à condition de s'assurer de la qualité du pacte passé entre l'immigrant et le pays d'accueil.

"Quel pacte ?" me demanderez-vous !

Et bien, c'est justement là le problème : il n'y a pas de pacte. Dès son arrivée sur le sol français, l'immigré reçoit des droits et il est, de fait, protégé par tout le système : les associations, le droit, les prestations sociales et même l'inertie du système qui met tant de temps et dépense tant d'argent à décider si l'immigré peut rester, puis est tellement laxiste dans l'application de ses décisions.

Notre système social, fait selon nos ressources et nos besoins, apparait comme un Graal à une grande partie des habitants pauvres de la planète. De ce fait, évitons de confondre ces immigrés qui viennent en France pour travailler et ceux qui viennent pour seulement profiter de notre système social. Les premiers s'intègrent rapidement et efficacement, en contribuant à la richesse de ce pays. Les seconds nous appauvrissent et nous poussent à la médiocrité, souvent en refusant toute forme d'intégration, parfois en nous obligeant à accepter, voire financer leurs coutumes.

 

L'Islam est-il un cas particulier ? Il ne devrait pas l'être tant qu'il est tolérant, qu'il n'impose pas de comportements contraires à nos valeurs et à nos lois (la place laissée aux femmes dans la société), qu'il ne s'impose pas de façon outrancière dans l'espace public, qu'il ne cache ni n'encourage les intégrismes ou les extrêmismes (ceux mêmes qui se combattent dans la plupart des pays islamiques), qu'il renonce à être un parti politique voulant s'imposer par tous les moyens.

Pour être bien comprises, ces choses devraient être dites haut et fort. Elles devraient être clairement exprimées dans le pacte que j'appelle de mes voeux entre les immigrants et la France.

 

Notre système n'a plus les moyens d'assimiler et échoue aussi à l'intégration. Mais une des raisons de cette situation est que nous n'avons jamais essayé de capitaliser sur ces immigrants qui viennent pour réussir sainement leur vie en France : leur apport pourrait cependant être un supplément de ressources essentiel pour la réussite de l'intégration.

 

03/10 - Cauchemar socialiste

Dans le climat délétère qui est celui de la France lors de cette rentrée, j'ai fait le cauchemar que l'Etat fixait le prix du pain, les boulangers décrétaient une grève illimitée et le gouvernement les nationalisait, en en faisant des fonctionnaires.

Miraculeusement, le Produit Intérieur Brut progressait parce qu'il tient compte du prix de revient pour le calcul des apports de l'administration. Or, le prix de revient du pain explosait.

Les nouveaux fonctionnaires comprenaient immédiatement les grandeurs et les servitudes de leur statut : la protection sociale, les heures raisonnables, les congés payés, l'absentéisme sans conséquences, ... mais aussi les formulaires en 4 exemplaires pour l'achat des farines et autres fournitures, les salaires figés, les ordres et contre-ordres, la démotivation, ...

Le pain était gratuit, mais plus de variétés au seigle, aux céréales, ... un nombre limité de viennoiseries et de patisseries. La boulangerie n'était ouverte au public que de 9 heures à midi et de 14 heures à 18 heures, du lundi au vendredi ou du mardi au samedi. Aux heures de pointe, les queues s'allongaient sur les trottoirs.

Pourquoi ce cauchemar d'un tel réalisme ? Je me suis souvenu que, dans mon enfance, on voyait des reportages sur le paradis soviétique, suivis, quelques années après, par des reportages sur l'enfer soviétique. Ce cauchemar, c'était bien du "déjà vu".

 

07/10 - Quand les politiques réforment l'entreprise

Discours surréalistes des élus, notamment socialistes, lors des rencontres avec les entreprises sur l'innovation. A les entendre, les entreprises doivent se réformer pour innover plus, l'Etat en faisant bien assez.

 

Heureusement, des voix ont exprimé ce que chacun sait :

- que les entreprises françaises innovent autant que les autres,

- que ces innovations sont surtout exploitées à l'étranger (les entreprises allemandes exportent parce qu'elles sont viables en Allemagne ; les entreprises françaises s'internationalisent parce que l'exploitation de leurs innovations ne serait pas rentable en France),

- que les contrôleurs du fisc s'en prennent au Crédit d'Impôt Recherche (CIR : les start-ups ont surtout des frais de recherche à leur création ; sans le CIR, il y aurait beaucoup moins de créations ; fragiliser le CIR, c'est fragiliser la création de start-ups innovantes), 

- que nos plus hauts potentiels prèfèrent exercer dans des pays plus libéraux (y compris ces créateurs d'une biotech qui sont passés de Mulhouse à Bâle pour y mettre le siège ... et dont la valorisation a dépassé 20 milliards d'euros).

 

Messieurs les élus, pourriez-vous mettre toutes vos priorité au service de la réforme de l'Etat, dont je souhaite qu'elle soit au moins égale à 10% de la réforme permanente des entreprises qui réussissent.

 

08/10 - Politique familiale inégalitaire

La politique familiale de la France est généralement sujée efficace. C'est probable et je ne pretends pas la juger.

Afin de réduire encore les inégalités entre les nantis et les défavorisés, il serait juste de réserver les ressources de la politique familiale aux seuls ménages qui en ont besoin, les défavorisés. C'est ce que fait cette majorité avec le plafonnement des parts, des dépenses familiales, la prise en compte du quotient familial et, maintenant, la fiscalisation des allocations, voire leur affectation sous condition de ressources.

Je suis complètement d'accord pour considérer qu'il s'agit là de mesures égalitaires ... à court terme. 

Parce qu'à plus long terme, on encourage surtout la natalité des plus pauvres : statistiquement, ceux qui ne travaillent pas toujours pour gagner leur vie, qui tendent la main à la collectivité et qui votent pour que ça continue, qui ne sont pas les plus capables d'élever les enfants qu'ils ont, ...

Certes, l'Etat promet de mettre aussi à leur disposition une Education Nationale de qualité, laïque et républicaine, égalitaire et intégratrice. De plus en plus d'observateurs impartiaux constatent que les résultats ne sont pas à la hauteur.

Au-delà de l'aide que l'Etat doit apporter aux enfants les plus défavorisés, je considère qu'une politique familiale s'adresse d'abord à leurs parents et devrait les encourager moins à faire plus d'enfants qu'à les élever correctement.

Dans le cas contraire, on aura plus d'enfants. Mais l'inégalité continuera à progresser parce que les familles qui réussissent matériellement sont souvent celles qui, statistiquement toujours, ont les moyens de mieux préparer leurs enfants au monde qui ne les attend pas toujours.

 

09/10 - Exemples de réformes structurelles

Ca se passe en France, un peu plus depuis le début de la crise, en 2008.

Des millions de Français ont été contraints de diminuer leur train de vie pour cause de baisse de leur pouvoir d'achat, mais aussi d'anticipations négatives. Leur rémunération nette a peu ou pas augmenté, alors que de nouveaux prélèvements en tous genres naissent chaque semaine, déjà entre 2008 et 2012, mais de façon accélérée depuis 2012. Ceux qui en ont la possibilité ont encore accru leur effort d'épargne, ce qui traduit leur pessimisme dans leur propre avenir (quant à celui de leur pays, ... n'en parlons pas !).

Bref, autant de réformes structurelles sur la réduction de leurs dépenses !

Pendant ce temps, alors qu'ils ont élu une majorité socialiste supposée défendre leurs intérêts en temps de crise, ont-ils assisté à une diminution du train de vie de l'Etat ? Les cuisines "privées" présidentielles (il n'y en a pas qu'une) et ministérielles (celles-là se multiplient) font autant parler d'elles. "La France a un statut à assumer." entend-on. Nos nouveaux élus ont-ils fait un effort de solidarité sur leurs revenus, sur leurs avantages ou sur les coûts de prestige des institutions qu'ils administrent ?

Bref, les Français pourraient donner des leçons de réformes structurelles à la France.

 

10/10 - Comptabilité nationale

Nos économistes de gauche, les meilleurs du monde parait-il, ont beau jeu de vouloir faire rendre gorge à l'entreprise et justifier l'embauche de plus de contrôleurs des impôts et plus d'inspecteurs du travail.

Quand l'Etat embauche 10.000 de ces fonctionnaires, il crée immédiatement un supplément de produit national brut égal au coût chargé de ces fonctionnaires.

Il en affecte 5.000 au contrôle des déclarations Crédit Impôt Recherche (CIR), à la vérification des dépenses justifiées, des discussions sémantiques sur la recherche et l'innovation, sur le compte propre et le client ... Ils arriveront bien à contribuer à la faillitte d'une dizaine de milliers de petites entreprises (2 par contrôleur, ce n'est pas un travail d'Hercule).

Idem les 5.000 inspecteurs du travail qui connaissent le Code par coeur et savent tout de suite repérer le petit manquement du petit patron à l'égard de tel employé ou de telle règlementation. Avec un peu de persévérance (si, si, ils en sont parfois capables), ils contribueront bien également à la faillitte d'une dizaine de milliers de petites entreprises, pas forcément les mêmes qui se sont pris dans les pattes des contrôleurs des impôts.

N'empêche ! Le PNB aura été défendu par ces embauches. Au moins, la première année. Quant aux entreprises disparues, elles n'étaient probablement pas très solides. Rien que du darwinisme en action, donc parfait pour notre économie !

 

13/10 - Supprimer l'héritage

Toute nouvelle émission d'Emmanuel Lechypre sur les livres économiques sur BFM Business, l'émission qui traite des livres qui vous feront aimer l'économie. J'aime bien le concept et, vous l'aurez deviné, je ne suis pas d'accord sur tout. Ce qui ne m'empêche pas d'écouter avec une grande attention.

Arrive un moment où deux économistes, l'un plutôt libéral de droite et l'autre plutôt redistributeur de gauche, s'entendent poser une question par Emmanuel Lechypre :

"Et donc, sur cette question de l'héritage, êtes-vous d'accord pour le supprimer ?"

L'émission ne contient pas vraiment d'arguments pour ou contre la suppression de l'héritage. Mais nos deux économistes répondent positivement qu'à tout le moins l'héritage doit être beaucoup plus taxé qu'il ne l'est aujourd'hui.

Je n'ai évidemment pas envie de tomber dans la réaction de celui qui hurle qu'on veut appauvrir ses enfants comme le dernier immigrant arrivé à la nage à Lampedusa ; ni même qu'on lui enlève une raison de continuer à réussir, maintenant qu'il a sécurisé ses vieux jours ; ni même que les mesures sur la transmission des entreprises sont l'atout principal de l'Allemagne dont les entreprises de taille intermédiaire sont plus nombreuses et plus solides que les françaises ; ni non plus que nombre de grands capitaines d'industrie n'attendront pas d'avoir fait fortune, ni le plein de salariés en France, pour aller mettre leurs affaires à l'abri dans un pays moins stupide ; ni enfin que si la France n'aime ni l'argent ni les riches, ceux-ci le lui rendront bien.

Non, je ne dirai rien de ce qui précède, ce serait impolitiquement correct.

 

14/10 - Aux abois, inaptes ou simplement menteurs ?

Notre ministre de l'environnement cherche auprès des concessionnaires d'autoroutes les fonds qu'elle s'est résignée à abandonner avec l'écotaxe. Après plusieurs pistes vraiment trop éloignées des contrats, elle affirme maintenant chercher un accord "gagnant-gagnant" avec les concessionnaires. Franchement, vous seriez à leur place, vous y croiriez ?

Notre maire de Paris juge indécents les récents propos sur l'assurance chomage. Elle ajoute que le sujet est la création d'emplois, pas la baisse des allocations. Avec 4 milliards de déficits et 30 milliards de dette, il est effectivement indécent de vouloir améliorer la solvabilité de la caisse d'indemnisation.

Cette majorité mène à la faillite les organismes publics dont elle a la responsabilité. La situation de faillite désigne l'impossibilité de faire face à ses engagements. Nul doute que, quand ça arrivera, ces organismes découvriront soudainement qu'ils hébergent beaucoup de superflu et qu'ils peuvent faire beaucoup plus avec beaucoup moins. Souhaitons qu'alors les inaptes et les menteurs auront disparu de leurs organes de gestion. Alors, ces organismes ne seront plus aux abois.

 

15/10 - "Capitalisme" sur Arte : une enquête à charge

La chaine publique nous propose une émission qui se veut séduisante et convaincante sur le capitalisme, depuis ses origines. Toujours désireux de m'instruire (par définition, nous n'avons pas conscience de nos ignorances), je regarde une émission qui trahit la vérité historique en lui donnant un biais incroyablement gauchisant. Une enquête à charge.

Je ne peux pas revenir sur la somme des contre-vérités, des échanges entre les causes et les effets, le filtre des seuls éléments qui vont dans un sens marxiste de l'exploitation de l'homme par le capitalisme et toutes autres pratiques destinées à faire croire l'économie de marché est un enfer social.

Je me demande simplement : dans quel pays non capitaliste ces journalistes iraient-ils habiter ? Et pourquoi n'y sont-ils pas ?

 

16/10 - En plein dans la cible

Les ours sont à la fête. Depuis le temps qu'ils nous annonçaient, à grand renfort d'arguments économiques, la chute de la Bourse, ils ont gagné. En plein dans la cible.

Permettez-moi de penser qu'ils se trompent de cible. Les entreprises sont majoritairement bien gérées, font des bénéfices et distribuent des dividendes. Leur rendement total est compris entre 5 et 10%. Mon pari est un retour de la valorisation des entreprises.

Ma cible baissière serait plutôt la dette souveraine française, qui paie à peine plus de 1% sur 10 ans alors que le risque est de plus en plus évident : ce pays ne se réformera qu'après une crise financière significative. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé dans les autres pays d'Europe, dits périphériques (Irlande, Grèce, Italie, Espagne) : ils ont bien engagé d'importantes réformes structurelles, mais seulement dans la douleur. La France est bien un pays latin, et elle le revendique.

 

17/10 - GAFA for ever

Nous sommes de plus en plus confrontés avec les écrits et les séminaires du Dr Laurent Alexandre, sur les formidables progrès, passés, présents et à venir, de la techno-médecine et le rôle déterminant des grands acteurs de la Silicon Valley : Google, Apple, FaceBook et Amazon.

Au-delà de leur rôle déterminant, il les voit comme monopolistiques sur le devenir de notre santé, notamment du fait de leur vision et de leur maîtrise d'un certain nombre de technologies, parmi lesquelles les algorythmes.

Ceux qui ont le temps de lire les livres du Dr Alexandre ne le perdent pas (leur temps), tellement ses ouvrages sont riches d'enjeux et d'explications détaillées dans les diverses dimensions liées aux évolutions de la médecine et de notre santé. Et j'apprécie qu'il tire la sonnette d'alarme sur les implications philosophiques, sociales, psychologiques et économiques de ces évolutions. Autant le dire tout de suite : la thèse du Dr Alexandre que l'humanité est en voie de choséification (l'intelligence artificielle non pas au service de l'homme mais asservissant l'intégralité de l'humanité, voire la détruisant) est crédible.

Mais le vrai danger se trouve-t-il dans GAFA ? Je ne le pense pas.

Il fut une époque, fin des années 80, où la puissance financière du Japon effrayait la planète. Votre serviteur a même écrit un rapport : "Le recyclage des capitaux occidentaux par les institutions financières japonaises". La thèse était claire et étayée. Elle démontrait une progression inéluctable de la domination japonaise sur tous les aspects de nos économies. Mais elle s'est révélée fausse : les Japonais sont devenus arrogants et ont laissé grandir la bulle qui les a fait rentrer dans le rang pour longtemps.

Auparavant, on s'est inquiété de la suprématie d'IBM. Et plus récemment, de celle de Microsoft. Rien de nouveau ne pouvait leur échapper, pouvait-on lire.

Google n'a pas (encore) de concurrent direct dans le monde des moteurs de recherche. Mais Apple est confronté à Samsung et beaucoup d'autres offreurs de smartphones et tablettes, FaceBook voit les jeunes générations lui échapper, Amazon n'est qu'un leader parmi d'autres AliBaba, eBay et UPS (selon ses métiers). La probabilité pour qu'ils se renforcent n'est pas sensiblement supérieure à celle qu'ils rentrent, à leur tour, dans le rang.

 

21/10 - Merci Christophe !

Cher Président,

Excuse mon tutoiement. Je n'ai jamais eu la chance de faire partie de tes proches et tu ne m'as jamais fait de confidences. Mais, quand j'apprenais que tu allais parler, je savais que tu avais quelque chose à dire et j'allais t'écouter. Dans ces salles combles, tu parlais à chacun, comme s'il avait été seul avec toi. Ta parole était simple, directe, pertinente, généreuse, "utile, efficace et agréable" (pour reprendre ma définition du travail). D'où le tutoiement de proximité.

Les salles étaient unanimement réceptives à tes propos, attentives. Elles riaient à ton humour et t'applaudissaient chaque fois que tu leur livrais une opinion impolitiquement correcte. Bref, tu excelles dans ce que j'aimerais communiquer.

Je constate que la France ne te rend l'hommage que tu mérites que trop tard. Quant aux politiques, ils m'apparaissent maintenant comme ton négatif. Leur nez rivé sur les sondages, ils ont estimé gagner plus de popularité à critiquer ce que tu faisais pour Total et pour la France que de t'accompagner dans tes ambitieux projets.

Pour ce que tu as été, ce que tu as fait et ce que tu nous as donné, merci

Christophe.

 

22/10 - "Entreprises, je vous aime !" dit le Premier Ministre

"Nous non plus !" entonne en choeur sa majorité.

Le problème, c'est que la majorité exige des compensations bien supérieures aux "cadeaux" promis par le gouvernement. Malgré ses efforts, par une semaine ne se passe sans que la situation des entreprises ne soit affaiblie par de nouvelles contraintes, de nouvelles taxes, de nouvelles reculades. La faiblesse de ce gouvernement est une évidence pour tous, notamment sur la place à donner aux entreprises dans notre pays.

On aurait pu espérer une recomposition des positions au sein même de l'actuelle Assemblée Nationale, le gouvernement entrainant avec lui une partie de sa majorité pour travailler avec d'autres parlementaires plus au fait des nécessités économiques. Ce ne sera pas le cas : les lois et amendements les plus néfastes continuent d'être votées par le Parti Socialiste.

On ne pas non plus espérer une aide de nos partenaires européens pour revenir dans le droit chemin : bien que totalement consternés par la direction de notre pays, ils se sentent impuissants à intervenir. Peut-être aussi qu'ils ne sont pas mécontents de pouvoir grappiller les parts de marché que nous abandonnons tous les jours, en plus des positions que nous tenions historiquement dans les instances internationales.

Je n'ose espérer une dissolution, dont la conséquence pourrait être l'annonce d'un grand désordre avec des majorités de circonstance : de droite sur les sujets de société (immigration, droit de la famille) et de gauche sur les sujets économiques (qui peut décrire la différence entre les programmes économiques du FN et du FdG?).

Il ne reste que l'Arlésienne : une hausse significative des taux sur notre dette souveraine. Ce jour là, la Triade viendra à notre secours avec des propositions que nous n'aurons pas les moyens de refuser. La note de la France se dégrade, lentement mais surement. Je connais de plus en plus d'économistes, des bons, qui attendent impatiemment l'Arlésienne.

 

23/10 - Du bon usage de la Cinquième République

Notre président serait-il en train de découvrir le bon usage qu'il doit faire du mandat que lui ont confié les Français ?

Tout comme son prédécesseur l'a démontré, le fait de choisir un premier ministre effacé oblige le président à se découvrir et à servir de cible à toutes les attaques. Tout comme il le démontre maintenant, en prenant un premier ministre ambitieux et volontaire, il se donne le temps de rencontrer la France et d'essayer de se faire aimer de son peuple.

C'est important d'être aimé de son peuple, surtout si on aperçoit la possibilité d'une réélection !

 

24/10 - La place faite aux jeunes

A son arrivée au pouvoir, le soir même de son élection, notre président a fait un discours salué par d'immenses hourras, des levers de drapeaux communautaires et le feu aux drapeaux français. Je ne dis pas ça pour vous choquer, juste pour raviver votre mémoire quant à ce moment historique. Encore un effort, il s'écrit même qu'une dame présente sur l'estrade s'est approchée du Président et lui a glissé à l'oreille "Embrasse-moi !" Vous y êtes ?

Alors, souvenez-vous, le président a fait un suberbe discours. Je crois me souvenir qu'il a dit : "Jugez mon mandat sur la place que notre pays fera aux jeunes. S'il n'y avait qu'un juge de paix, ce serait celui-ci."

C'était le 12 mai 2012 et nous sommes le 24 octobre 2014. Très majoritairement, les salariés qui avaient un CDI en bénéficient encore. Très majoritairement, ceux qui n'en avaient pas -- très majoritairement des jeunes -- n'en ont toujours pas. 87% des nouveaux contrats de travail sont en CDD. Ceux-là sont encore des privilégiés : les jeunes attendent de plus en plus longtemps pour décrocher leur premier emploi.

Le mandat n'est pas terminé. Il n'en est qu'à mi-parcours. Notre président semble avoir compris le rôle des entreprises et de leur bonne santé sur son "unique juge de paix", la place faite aux jeunes. En même temps, il a du mal à convaincre sa propre majorité. La France n'a pas fini de payer sa naïveté face aux mensonges et aux promesses de ses dirigeants.

 

24/10 - Troubles de la vision

On reparle du contrat de travail unique. Ce serait bien. Mais, dans ce monde où tout le monde se méfie de tout le monde, il y a les salariés qui voient leur CDI se rapprocher d'un CDD : ils n'en veulent pas ! Et il y a les patrons qui voient s'envoler les contrats souples que sont les CDD : ils n'en veulent pas non plus !

Idem la politique économique du gouvernement. Les électeurs de gauche voient le Premier Ministre faire la danse du ventre devant le patronat. Et les employeurs qui voient les frondeurs hurler si fort qu'on n'entend plus les propos du gouvernement.

Mon bon monsieur, ya pas de coups de pied au cul qu se perdent ?

 

27/10 - Association de malfaiteurs

Vous êtes plusieurs à m'avoir demandé, ce matin, ce que je pense des résultats des stress tests conduits par la BCE et ses sous-traitants.

Les résultats sont bons, notamment pour nos banques françaises.

Mais, alors, pourquoi ne suis-je pas plus rassuré que cela ?

Autrefois, les professeurs rendaient leurs devoirs aux élèves, en annonçant leur note. Ainsi, les élèves pouvaient constater le sérieux de la correction et la marge d'amélioration. Nous ne verrons pas les copies des banques et ne pourrons donc pas constater leurs possibles facteurs de faiblesse.

Un des principaux facteurs de vulnérabilité de nos établissements bancaires est leur implication dans les produits dérivés. Quand bien même les inspecteurs les auraient-ils parfaitement identifiés (les facteurs de vulnérabilité), je n'ai aucun doute que les banques les auront limités (les facteurs, toujours) bien avant le début des inspections.

Un autre facteur principal, ce sont les engagements sur nos dettes souveraines. On croit savoir que l'actuelle majorité a renoncé à dissocier nos banques devant la menace d'un arrêt de l'achat des papiers émis par notre très endetté et très dispendieux Etat. Qu'un jour les investisseurs aient un doute sur notre dette, je vois mal comment le capital de nos banques pourrait survivre à la perte qui s'ensuivrait. Bon, d'accord, ce ne sont pas les banques qui vont subir le plus gros de la perte, ce sont les déposants et les contribuables.

Tous solidaires avec Carez !

 

28/10 - Menteurs

Ils sont devant vous, les yeux dans les yeux et la main sur le coeur, à vous psalmodier "des emplois, des emplois". Les mêmes vous imposent le compte de pénibilité qui va refroidir plus d'un employeur potentiel, ou s'opposent à la simplification de cette nouvelle et stupide contrainte administrative.

Ces menteurs peuvent être sincères quand ils disent vouloir plus d'emplois, mais pas autant que quand ils ont l'occasion de détruire les entreprises qui sont pourtant la source de ces emplois.

 

29/10 - L'indignation de Nicolas Doze ...

... à propos de l'assujetissement des dividendes aux prélèvements sociaux.

Cher Nicolas, je partage votre indignation, mais pas pour les mêmes raisons.

Vous avancez des montants de prélèvements obligatoires de l'ordre de 60%. Déjà scandaleux, mais encore loin du compte puisqu'il faut rajouter les taxes foncières, les taxes d'habitation, la TVA et les excès du quotient familial pour voir ce qui restera dans le revenu brut de votre entrepreneur à consacrer au secteur marchand. Notez bien que ces 70 à 75% de prélèvements obligatoires s'appliquent également aux salariés. Il ne leur reste donc pas 40% de ce qu'ils "gagnent", mais entre 25 et 30%, ce qui, admettez-le, est bien inférieur. C'est ce que je démontre dans "Redresser le pays, c'est si con ?"

La prise de risque doit être rémunérée, vous avez bien raison ; de même que les revenus du capital ne peuvent pas être fiscalisés comme ceux du travail, en tout cas pas sans prendre en compte la rémunération du risque et l'inflation.

Là où le piège se referme sur l'entrepreneur, c'est qu'il NE peut PAS se rémunérer en salaire tant que sa société ne dégage pas des moyens pérennes. Mais, ce jour là, vous savez bien qu'il a organisé son évasion. Dans mon livre "La place de l'argent", j'affirme que la fiscalité confiscatoire ne touche pas les plus riches qui découvrent, à mesure qu'ils s'enrichissent, les moyens de la contourner, mais touche de plein fouet les entreprises travaillant en France. D'ailleurs, seules les meilleures (du point de vue financier, par forcément du point de vue social) survivent.

 

31/10 - Lettre à Guillaume Poitrinal

La DIRECCTE impose aux copropriétaires de l'Ensemble Immobilier de la Tour Maine Montparnasse d'organiser des élections de délégués de site pour les entreprises de moins de 11 salariés.

Il s'agit d'une première en France. Si elle se concrétise, elle se généralisera dans le pays.

 

Au-delà des aspects juridiques et judiciaires de cette obligation, il vous appartient de juger de ses probables conséquences et de demander l'arbitrage du Premier Ministre face au Ministère du Travail.

La publicité donnée à cette affaire aura des retombées désastreuses sur les entreprises de moins de 11 salariés implantées dans des immeubles de bureaux, notamment l'obligation qui leur sera faite de laisser au minimum une demi-journée par mois à leurs délégués de site et à peine moins à leurs autres salariés. Ce pays verra fleurir les friches tertiaires : déjà, 17 étages de la Tour Montparnasse sont inoccupés, exposant ainsi un fort symbole de la richesse économique réelle de la France et de l'écart avec la place qu'elle revendique dans le monde.

Je vous ai bien entendu dire que le détricotage est une mission de longue durée et donner quelques exemples des difficultés rencontrées. Alors, pourquoi laisser faire ce tricotage destructeur ?