Archives Mars 2014

03/03 - Quand on s'inquiète des contreparties ...

... on ne parle pas des économies que le gouvernement devra décider afin de ne pas alourdir encore le déficit budgétaire.

Peut-être était-il politiquement plus astucieux de faire crier les patrons sur ce qu'ils ne peuvent pas accepter avant d'entendre la réaction de ceux qui devront accepter de recevoir moins d'argent public.

 

04/03 - Esprit de justice, état d'esprit et compétitivité

La notion d'esprit de justice a beaucoup changé en 18 mois. Je me souviens de la campagne présidentielle, quand l'opinion confondait justice et égalité, quand ceux qui avaient (les nantis) devaient être alignés sur ceux qui n'avaient pas (les défavorisés). Maintenant, l'esprit de justice s'attaque plutôt aux inégalités provoquées par l'argent de la collectivité : les retraites spéciales, les régimes favorables d'assurance-chômage, les rémunérations des élus, ...

L'état d'esprit de beaucoup de Français, notamment de jeunes actifs de la classe moyenne, change rapidement. Je les entends se désolidariser de ce qui se passe en France, dans "ce" pays où ils ne sont pas sûrs de vouloir rester, et dans lequel et pour lequel ils ont perdu la motivation de se battre.

Ils résument, à leur façon, l'explication donnée par Charles Gave : "Alors que nous ne sommes pas compétitifs et que nous accumulons les déficits commerciaux, on me dit qu'on vit bien en France ! Oui, depuis plus d'une génération on a vécu sur nos richesses accumulées, puis sur la dette qu'on porte, puis maintenant sur la dette qu'on fait porter à nos enfants. Voilà comment ceux qui vivent du travail des autres peuvent affirmer qu'on vit bien en France !"

 

10/03 - Les études sur l'expatriation nous expliquent ...

... pourquoi la politique est de gauche et l'économie de droite.

L'administration et la gauche ont lancé et commandité plusieurs études sur les expatriés, qui ressemblent peu ou prou à des sondages. Normal, tous ces Français de l'étranger sont aussi des électeurs. On leur demande surtout ce qu'ils pensent de ce qui se passe en France, les raisons de leur expatriation, ... La gauche ne s'intéresse pas à l'économie ; elle veut simplement garder ses électeurs.

Des groupements d'entreprises et des associations libérales ont plutôt étudié les conséquences économiques de l'expatriation : exportation de capitaux, de dividendes, d'intérêts, de centres de décision, de recettes fiscales, de dépenses, d'entreprises et donc de facteurs de création de richesses et d'emplois.

Les études de gauche nous rassurent : l'expatriation n'est qu'un phénomène naturel qu'il est inutile de vouloir influencer. Il suffit d'y compter suffisamment d'électeurs sympathisants.

Les études de droite nous inquiètent : l'expatriation est bien celle de nos élites, de ceux qui ont la capacité à faire avancer notre pays. Elle s'accompagne du départ d'une grande partie de nos capacités à rebondir dans un monde en rapide évolution.

 

28/03 - Le temps passe si vite ...

Je sais avoir des lecteurs fidèles et réguliers. Je suis conscient de mes messages comme de mes absences. Et, donc, j'apporte toutes mes excuses à ces lecteurs pour cette longue absence (plus de 15 jours) depuis mon dernier message.

Les voyages, le Salon du Livre, les nécessités administratives et fiscales, les élections municipales ... sont autant de raisons pour ne pas me livrer à cet exercice quotidien qui consiste à vous livrer une plus-value politico-économique par rapport aux autres experts que vous avez pu lire ou entendre.

Mais, également, je suis submergé par tous ces discours qui tournent en rond et ne se rapprochent de la cible (ce qu'il faudrait, enfin, faire) qu'avec une lenteur désespérante.

Ceux qui ont lu mon premier ouvrage récent, Le Cours (2012 quand même), me comprendront. 99% des propositions qui y sont faites arrivent progressivement sur l'agenda des grands décideurs.

Dernier exemple en date ? Dans Le Cours, un des personnage explique que pour résorber une dette aussi importante que celle des pays développés, on peut/doit s'attaquer à trois volets : la réduction du déficit fiscal, l'inflation et la restructuration de la dette. Concernant l'inflation, notre personnage dit : "La BCE nous indique que son objectif est de 2%, plutôt moins ; nous devons comprendre que son objectif serait de 2%, plutôt plus." Deux ans plus tard, on voit que l'objectif d'inflation de 2% est loin d'avoir été atteint : même le patron de la banque centrale allemande le dit ! On va donc, maintenant, viser plus haut.

Des exemples comme celui-ci, je vous en livrerai de temps en temps, à mesure des annonces crédibles et pertinentes.

 

31/03 - Une petite voix m'a dit ...

... que François Hollande a pris sa décision : il annoncera demain sa démission, probablement sans avoir dissout l'assemblée mais en ayant pris soin de recaser quelques proches fidèles.

Attendons patiemment demain, donc !