Archives Mai 2014

05/05 - Dicton boursier

"In May, sell and go away". Je veux bien. Les statistiques montrent que le mois de mai sous-performe les autres mois de l'année. Sauf que c'est aussi au mois de mai que les entreprises détachent majoritairement leurs coupons pour distribuer les dividendes, ce qui fait mécaniquement baisser le prix des actions d'autant. Les dividendes étant moins lourdement taxés que les plus-values, grâce à une exemption sur 40% de leur montant, j'aurais du mal à m'en passer ...

 

06/05 - Perestroïka à la française

On a presque tous en tête une conséquence de la pérestroïka : des groupes nationaux russes passent sous le contrôle d'oligarques sortis d'on ne sait où, mais arrivés à la force du poignet, avec probablement un peu de chance, au sommet de ces fleurons.

On a presque tous oublié qu'à la même époque, la France remettait ses fleurons nationalisés puis privatisés à quelques commis de l'Etat, bien en cour.

Les fleurons sont restés les fleurons pendant près d'une génération et les dirigeants en ont généralement bien profité. Les excès font nécessairement l'objet de quelques corrections ... dans tous les sens du mot.

 

08/05 - Le smicard et l'esclave

Je suis de ceux qui estiment que le débat sur le SMIC mérite d'être mené, dans l'intérêt bien compris de tous.

Mon objet ici n'est pas d'apporter des solutions toutes faites, du type "yaka" ou "faucon", mais plutôt d'initier une analyse des causes et conséquences.

 

Les observations :

  1. Quand le coût du travail est élevé, la solvabilité des acheteurs diminue et il y a donc moins de travail acheté.
  2. Si ce travail est en concurrence avec celui d'autres pays, cette concurrence éliminera rapidement la plus grande partie du travail le moins compétitif.
  3. Imposer un coût du travail élevé dans un tel environnement, c'est condamner une partie de la population à l'inactivité, simplement parce qu'elle ne peut pas trouver à s'employer au prix imposé par la législation.
  4. Affirmer qu'il existe d'autres facteurs de compétitivité, comme la formation ou l'investissement productif, c'est à la fois vrai et faux : il existe un grand nombre d'activités où la productivité ne peut pas être multipliée, comme les soins à la personne, les travaux de maintenance dans le bâtiment, la réparation carrosserie automobile, etc. et où le frein au travail vient de l'incapacité des acheteurs à payer le travail au prix qui lui est imposé ; par ailleurs, là où l'investissement productif peut améliorer la compétitivité ou diminuer le prix de revient, encore faudrait-il ne pas brider cet investissement par une fiscalité confiscatoire !

 

Il me semble que l'équation à traiter consiste en plusieurs démarches :

  1. Arrêter de subventionner l'oisiveté, définie comme d'état de celui qui pourrait travailler mais qui choisit de ne pas travailler (arrêts maladie de convénience, retraites anticipées, chômage accepté). Une constatation importante ici est que l'argent économisé auprès de ces assistés s'additionnera à leur contribution à la collectivité nationale : au lieu de coûter, ils contribueront ! Si seulement 3% des salariés changent de comportement, le résultat sur les comptes publics est de 6%, plus que l'on en cherche !
  2. Essayer de définir, pour des catégories de demandeurs d'emplois bien identifiées (en attente d'un premier vrai travail, seniors, chomeurs de longue durée, chomeurs en reconversion, chomeurs sans formation, etc.), et pour des catégories d'emploi à la forte élasticité des prix (soins à la personne, hotellerie-restauration, agriculture, etc.), les niveaux de coût de travail auxquels on peut obtenir leur plein emploi structurel, sans forcément créer une opportunité d'aubaine pour les entreprises.
  3. Considérer qu'une offre de travail supplémentaire (celle qui vient de la non-oisiveté et celle qui vient des emplois à bas coûts) permettra de faire baisser le prix du travail en France, en même temps qu'il aura des conséquences très favorables sur les comptes publics et contribuera à la création de richesse pour tout le pays.
  4. On voit se dessiner le cercle vertueux de la possibilité de vraiment réduire les charges liées au coût du travail, donc d'augmenter le pouvoir d'achat d'une grande partie de la population, par la solvabilité des ménages en France et par une meilleure compétitivité internationale.
  5. On peut enfin essayer de donner un complément de revenus à ceux, les plus méritoires, dont le travail n'est pas suffisamment compensé financièrement.

Ce raisonnement n'est pas vraiment original : c'est celui de la plupart des pays qui ont adopté un SMIC protecteur mais non dissuasif à l'emploi de larges segments de la population, correspondant à nos inactifs.

Aujourd'hui, ce n'est pas le smicard qui est l'esclave, mais celui qui est rejeté du monde du travail malgré une vraie motivation et de réels efforts pour s'y intégrer.

 

20/05 - AG de la FFP

Changement d'atmosphère à l'AG très familiale de la FFP, la holding fiancière de la famille Peugeot. Vous savez, quand une personne vient de décéder et que les proches sont venus le pleurer et parlent doucement entre eux ...

L'histoire continue pour cette famille : elle sera écrite en minuscule et correspondra peut-être mieux à ce qu'elle veut et peut faire. Il est possible que le costume de PSA était devenu un peu large et lourd, donc encombrant, pour l'épanouissement de chacun.

Nous-autres, gens ordinaires, pouvont le regretter, mais ce ne sont pas vraiment nos affaires, n'est-ce pas ? Ce qui ne m'empêche pas d'espérer que la jeune génération saura tirer les leçons de cet épisode de leur histoire familiale, qui va de 2002 à 2013. Je leur confie donc mon témoignage : "La Revanche des Peugeot".

 

21/05 - La solution pour créer de l'emploi localement

Rencontre entre les parlementaires et les entreprises à la Maison de la Chimie. On cherche, dans les nombreux discours, des solutions nouvelles et susceptibles de faire leurs preuves.

Je vous livre ici une proposition de Monsieur Kalfon qui cumule quelques responsabilités proches du parti socialiste. Il dit à peu près ceci :

"Nous avons, dans le 77, des entreprises comme Safran, qui embauchent de partout, sauf de la commune où elles sont implantées. C'est intolérable. Mais nous avons des moyens de persuasion quand nous nous souvenons que ces entreprises ont besoin d'infrastructures performantes pour prospérer."

Effectivement, Monsieur Kalfon, le message est passé. Les entreprises implantées devront donc accepter vos demandes clientélistes pour disposer ce ces infrastructures dont elles ont besoin. Les autres entreprises passeront leur chemin vers d'autres communes qui n'imposent pas ce chantage.

 

22/05 - La contagion des montebourdes

Que notre ministre de l'industrie, par ailleurs d'un volontarisme louable, dise des conneries (des montebourdes), on s'y est habitué depuis 2 ans.

Que son collègue Michel Sapin fanfaronne sur les sommes récupérées par l'Etat auprès des repentis fiscaux et affirme pouvoir disposer de recettes durables pour financer les promesses clientélistes du Président de la République, c'est franchement grotesque.

Vous demandez pourquoi ?

Parce qu'il est évident à n'importe quel observateur avisé que les montants qui quittent la France sont plusieurs fois supérieurs à ceux qui y rentrent. Vous voulez quelques exemples ?

Cette AG d'une entreprise multi-milliardaire qui vient de faire voter son nouveau statut de "Société Européenne". L'année prochaine, elle proposera probablement de déplacer son siège social : plusieurs centaines de millions d'euros de contributions sociales et fiscales disparaitront de nos budgets publics.

Ces opérations sur le capital d'une grosse ETI (pas loin du milliard de CA, quand même) qui donnent une majorité absolue à son président fondateur. Interrogé longuement sur ces opérations en AG, il avoue que l'avenir de son entreprise n'est plus en France, ni peut-être même en Europe. Gageons, ici encore, que le patron et le siège social de cette entreprise quitteront la France dans un avenir assez proche.

Au cours de la même AG, un actionnaire m'informe que le fondateur et actionnaire majoritaire d'une autre ETI du même secteur "s'est mis aux moules et aux frites", ce qui signifie que, compte tenu de son âge, il vendra son entreprise prochainement et profitera de sa fortune à l'étranger.

A eux trois, ces seuls exemples d'expatriation dépassent largement les recettes nettes prévisibles par les cellules de dégrisement en tout genre que l'Etat met en place régulièrement. Nous aurions pu avoir le départ du siège de Publicis, nous aurons peut-être celui d'Alstom (surtout si l'Etat exige que ce soit l'offre de Siemens qui soit retenue) après celui d'Arkema et beaucoup d'autres.

 

26/05 - Elections européennes

... bien mal nommées !

55% d'abstentions et 25% des votes exprimés en faveur du Front National !

Le taux d'abstention montre bien que l'Europe ne suscite pas l'engagement de tous.

 

Quant au score du FN, nos politiques sont partagés entre le "simple vote protestataire", donc contre les partis de pouvoir en commençant par l'actuelle majorité présidentielle, et une adhésion massive et pathologique aux "valeurs anti-républicaines" du FN (haine raciale et autres outrances souvent dénoncées par les médias et les politiques de gauche).

Il est absolument évident à chacun que la vérité se trouve dans l'ensemble du spectre qui joint ces deux visions.

Le rejet de l'austérité pourrait être mélanchoniste, de même que la sortie de l'Union Européenne, laquelle est aussi proposée par "Debout la France". Mais ces deux autres partis font de maigres scores.

On pourrait être plus séduit par les valeurs de patriotisme, d'identité nationale, de préférence nationale. De plus en plus de Français ne supportent plus d'entendre la Marseillaise sifflée, de voir le drapeau tricolore brulé, de se faire imposer des émissions "France bashing", de constater que ce pays ne peut plus garder ses élites, ... Ils exigent au moins le respect de ce pays de la part de ceux qui ont choisi d'y rester.

Encore faudrait-il que notre pays reste respectable, dans ses choix économiques, sociaux et familiaux. Et, alors, pourrait-on espérer voir refluer le score du FN.

 

27/05 - Pas de dissolution du parlement ?

Mes fidèles lecteurs me font remarquer que le président n'a pas dissout l'Assemblée Nationale comme j'avais prévu qu'il le ferait en cas de double échec aux municipales et aux européennes. Ils ont évidemment raison ... pour le moment.

Pourtant, F. Hollande n'est pas au mieux avec sa majorité. Ceci vaut aussi pour son Premier Ministre et leur programme de compétitivité doublé d'importantes réductions budgétaires.

Combien de temps peut-on faire passer des réformes si contraires à sa propre base électorale ?

Alors qu'il était si facile de reconnaitre son impopularité, de renvoyer les électeurs aux urnes de la représentation nationale, de laisser élire une nouvelle majorité fort incapable de se rassembler, puis de glaner les fruits électoraux de réformes forcément douloureuses, à l'heure des présidentielles.

Pour moi, la messe n'est pas encore dite.

 

30/05 - Monétisation des infractions

Avec tous ses panneaux de limitations de vitesse qui alternent accélérations et freinages assistés d'un radar tiroir-caisse, la France joue petit jeu.

Il serait temps de passer la vitesse supérieure et de "négocier" avec les délinquants des peines financières à la hauteur de ce qu'inflige la justice américaine à BNP Paribas. Ne me dites pas que l'amende de 10 milliards de dollars ne vous fait pas un peu gamberger ...

Non seulement cette monétisation pourrait contribuer à vider nos prisons, mais elle pourrait surtout transformer notre administration judiciaire d'un poste de coût pour l'Etat en poste de recettes dont il a un urgent besoin en ce moment.

Pour ce faire, une loi cadre pourrait suffire : là où de petites amendes judiciaires et de grosses peines de prison étaient prévues, on permettra de remplacer les mois de prison en amendes financières avec quotient familial (d'autant plus élevées que le délinquant est riche).

Les belles rivières alimentent de gros fleuves !