Archives Janvier 2014

08/01 - Quand je me regarde ...

Retour de l'Amérique du Sud. Ces pays qui vont bien ont encore bien des problèmes. Ceci se traduit par un contrôle des changes des plus stricts. Ceux qui envisagent d'y aller doivent impérativement comprendre comment ça marche. Supposez par exemple que vous n'ayiez que des dollars américains (USD).

Au Chili, changez dans l'un des bureaux de change qui sont comme en France, essentiellement des boutiques privées.

En Argentine, tous les magasins accepteront vos dollars, à un cours probablement meilleur que celui qui vous sera fait dans un bureau de change. Lequel n'acceptera d'ailleurs de vous servir qu'à condition de montrer votre passeport. Et il existe de nombreux changeurs à la sauvette : le risque est moins de se faire arrêter que de recevoir des faux pesos.

Au Brésil, les bureaux de change sont rares, les commissions fixes de l'ordre de 10 euros et les spreads (différences entre l'achat et la vente) exhorbitants, de l'ordre de 10%. Les hotels de luxe acceptent de vous faire le change sans commission mais avec des spreads encore supérieurs.

Quand je regarde la France, je me désole, quand je la compare, je me console. Vive l'Euro.

 

09/01 - L'euro, justement

L'Euro fort, trop fort pour nous qui subissons un déficit commercial de 80 milliards par an. Euro parfaitement acceptable en revanche pour nos voisins allemands qui engrangent un excédent commercial de 200 milliards par an !

J'entends de plus de voix exprimer qu'il est impossible de garder une monnaie commune avec de tels écarts économiques.

De façon étonnante, je suis aussi d'accord avec ces voix qu'avec celles qui affirment que les pays de l'Eurozone ne peuvent pas sortir de l'Euro.

En même temps, j'entends la voix pas tout à fait assurée de notre président nous raconter que ce pays devra peut-être se réformer, lui et son administration et son budget qui n'en finit plus ... S'il peut traduire ses propos en faits, l'Euro pourrait bien encore prendre quelques points.

 

10/01 - L'heure du remaniement

On a trop dit qu'elle a fait de Hollande un président. Son influence sur l'exécutif semble bien plus importante que celle du Premier Ministre. Elle a enfin trouvé sa place après plusieurs mois à l'Elysée.

Ce magazine people nous montre des photos qui nous promettent un prochain remaniement. Ceux qui pensent que les problèmes personnels ne s'invitent pas au bureau devront probablement réviser leurs convictions. Intéressez-vous rapidement à la prochaine : elle risque de nous exposer à d'autres discours et d'autres orientations politiques. Le changement de locataire de l'aile gauche est tout sauf une simple affaire privée.


13/01 - Le prisme thaïlandais

Il est des pays qui vivent des crises et nous renvoient une certaine image de nous-mêmes. C'est, aujourd'hui, le cas de la Thaïlande.

Une minorité de classes moyennes (les jaunes) se révolte contre un gouvernement accusé de populisme et de corruption, soutenu par une majorité de classes plus pauvres de paysans et provinciaux (les rouges). Les jaunes affirment que la démocratie ne peut pas continuer dans un tel contexte, basée sur une confiscation (toute relative cependant) de leurs revenus pour une majorité d'agents économiques qui semblent refuser tout progrès et tout changement de leurs modes de production.

Si l'affrontement entre les jaunes et les rouges n'évoque aucune analogie avec ce qui se passe en France ... vous êtes probablement un rouge.

Dans un précédent article, j'avais recommandé que la démocratie marcherait mieux si les électeurs qui contribuent au budget de l'Etat (en France, ceux qui paient l'impôt sur le revenu) disposaient d'une seconde voix pour s'exprimer lors des grands scrutins.

Concernant les Thaïlandais, je leur suggérerais bien de regarder ce que pourrait leur apporter le vote des résidents étrangers. Ceux-ci sont généralement des contributeurs nets à l'économie du pays et ont suffisamment d'éléments de comparaison pour identifier les solutions les meilleures pour leur pays d'accueil.

 

14/01 - Un auteur et un livre subversifs

Hier, l'Elysée attendait 600 journalistes venus écouter la façon dont le Président voit le redressement de la France. Les attentes sont d'autant plus importantes que la pression économique et médiatique est forte sur le pays et son président.

Alors, avec mon éditeur, nous nous organisons pour distribuer "Redresser le pays, c'est si con ?" à quelques dizaines de ces journalistes. L'idée est qu'ils puissent se faire une idée de l'écart entre ce qui est possible (le livre) et ce qui est annoncé (le discours de l'Elysée). Nous avons donc 3 étudiants d'une école de commerce parisienne pour nous aider.

Intervention de la police à une centaine de mètres de l'Elysée. Contrôle des personnes et des documents proposés. La police trouve notre démarche louche et le livre subversif. Elle profère des menaces au cas où elle nous reverrait dans les parages (globalement entre l'Elysée et les stations de métro qui la desservent).

Les étudiants sont suffisamment intimidés pour renoncer à nous aider.

 

Le soir, nous revenons devant l'Elysée, mon éditeur et moi. Là, ne nous attendent que des équipes de télévision qui souhaitent interroger des Français sur la nouvelle liaison de notre président et de l'empathie pour la (encore) première dame. Dont acte : nous avons accepté les interviews ...

 

15/01 - Promesses et réalités

Notre président aurait donc pris un virage, favorable aux entreprises.

De quelle magnitude ? Une légère courbe ou un virage à 180° ?

Assumé par lui seul ou également par sa majorité ?

Le rythme semble beaucoup moins endiablé que la hausse des impôts du début de la mandature. Il faudra 3 ans pour arriver à faire passer 30 milliards d'aides à la famille.

Et, quand il s'agira de diminuer la dépense publique, voudra-t-on en priorité baisser l'argent du clientélisme (logement social, retraites spéciales, ...) ou tapera-t-on sur les besoins essentiels au pays (défense, justice, police, santé, ...) ?

Enfin, au moment où le président s'exprime, le parlement vote de nouvelles lois qui ne vont pas dans le sens de la simplification des contraintes aux entreprises (nouvelles obligations sur l'égalité hommes-femmes, droits étendus pour les inspecteurs du travail, mise en place de la pénibilité, condition de fermeture des sites rentables).

Alors, je veux bien me réjouir, comme à chaque étape d'un processus jugé favorable, mais en restant vigilant.

 

16/01 - Exil fiscal, déni et conséquences

Bercy se vante d'avoir reçu plus de 10.000 repentis fiscaux depuis quelques mois. Tant mieux. Ou tant pis si ces repentis ne représentent que 10% des quelques 100.000 citoyens français qui possèderaient plus d'un million d'euros à l'étranger.

Bercy n'arrive pas à donner une image quelque peu réaliste de l'exil fiscal et de ses conséquences pour le budget de l'Etat et l'économie française.

J'ai bien lu des études statistiques sur le sujet, dont les conclusions sont au moins à un facteur 10 par rapport à la réalité. Explications :

Statistiquement, les exilés fiscaux sont des français moyens aisés. La perte nette pour le budget de l'Etat est de l'ordre de 10.000 euros par exilé, soit environ 600 millions pour 60.000 exilés.

Les vrais riches sortent cependant des statistiques. Prenez l'exemple de Madame Bettencourt. D'accord, elle n'a pas encore quitté la France, mais ses héritiers le feront peut-être. Ces dernières années, elle touchait de l'ordre de 800 millions d'euros de dividendes de L'Oréal. Le moment où elle s'expatrierait, ce sont donc 800 millions de revenus qui quittent la France avec elle, plus son capital. Une seule personne peut donc faire doubler les statistiques ... à condition qu'on la prenne en compte. Ce qui n'est évidemment pas fait.

La magazine suisse Bilan fait le point chaque année sur les plus grosses fortunes présentes en Suisse. Faites-en une lecture attentive et extrapolez à ces nombreux riches qui ne sont pas sur le podium et à ces autres pays qui reçoivent des exilés (Belgique, Luxembourg, Royaume-Uni, USA dont Floride, Malte, ...).

Ce sont bien 600 milliards que pourrait récupérer l'économie française avec une fiscalité moins infernale (le contraire de paradisiaque) et 30 milliards d'impôts (forcément allégés) pour le budget de l'Etat, chaque année. De quoi faire reculer le chomage de moitié.

Elle n'est pas belle, la vie ?

 

17/01 - Exil fiscal (suite)

Le gouvernement se plaint donc d'un "manque à gagner" de 15 milliards en 2013.

Il serait facile de lui faire remarquer que l'on récolte ce qu'on sème et que l'on obtient ce qu'on récompense. Que tous les oisifs (ceux qui pourraient travailler mais ne travaillent pas) soient choyés et on obtiendra plus d'oisifs (jeunes retraités, faux malades, chomeurs de convenance, ...). Que les actifs soient dépouillés et soit ils seront moins actifs, soit ils seront actifs autrement, soit ils s'activeront ailleurs. Idem pour l'argent qui pourrait s'investir utilement dans l'économie. Ceci constitue une autre forme d'exil fiscal, pas seulement géographique, mais aussi comportementale.

Ainsi, à vue de nez puisque personne ne fera une étude crédible sur les façons et les raisons pour lesquelles nous faisons tous de l'exil fiscal à notre manière, je pense que ces 15 milliards de "manque à gagner" viennent de :

1. Le nécessaire ralentissement de l'offre et de la demande dont les moyens ont été rognés par le matraquage fiscal et l'insécurité administrative

2. La diminution des ambitions financières de tous ceux qui considèrent qu'en en faisant plus ils ne gagneront pas plus (travail, investisement, prise de risque, croissance pour les entreprises, ...)

3. La recherche de moyens de gagner autant en échappant aux excès de prélèvements (recherche de niches fiscales, augmentation des opérations moins déclarées voire pas déclarées, participation à l'économie associative, ...).


Ce dernier paragraphe comprend :

- le recours aux travailleurs immigrés dont les charges sociales sont celles de leur pays d'origine, donc bien moindre que les notres,

- le travail au noir

- les achats faits sur Internet et qui comportent soit des taux réduits de TVA, soit pas de TVA du tout (importez vos achats de Hong Kong en les achetant sur eBay)

- les nouvelles monnaies locales ou associatives permettant de s'échanger des produits et services au sein d'un groupe, en échappant au fisc.

 

J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour l'avenir proche. Toutes choses restant égales par ailleurs, l'exil fiscal n'a fait que se mettre et place et il va maintenant s'amplifier rapidement. Les contraintes fiscale et administrative se sont encore durcies en 2014. Pour beaucoup de Français actifs, l'exil fiscal n'est même plus un choix mais une nécessité. Et ceux qui ont le choix sont généralement les plus mobiles, ceux qui chercheront et trouveront mieux ailleurs.

Le "manque à gagner" de l'Etat pourrait donc bien doubler en 2014. Ca, c'est la bonne nouvelle !

Parce que les électeurs vont peut-être enfin comprendre l'économie par sa pratique: il est essentiel de laisser aux actifs une part significative de ce qui leur revient, c'est-à-dire nettement plus que les 26% que nous avons calculés dans cet excellent petit livre "Redresser le pays, c'est si con ?".

Et la mauvaise nouvelle ? Il n'y a pas de mauvaise nouvelle qui engendre une convalescence de nos mentalités.

Elle est pas belle, la vie ?

 

20/01 - Mensonges d'Etat

Le problème avec les mensonges, c'est qu'ils servent surtout à faire perdurer des situations que l'on devrait plutôt changer.

Nous constatons tous une inflation nettement supérieure aux 0,7% officiellement annoncée par l'INSEE : loyers, énergie, fruits et légumes, pain, ... En 2014, l'augmentation des impôts (taxe carbone, TVA réduite sur les travaux et les restaurants, ...) devrait provoquer à elle seule une inflation nettement supérieure à 1%.

Quand il nous présente les chiffres de l'exercice budgétaire 2013, Bercy minimise son échec et de vante de baisses des dépenses qui ne dépendent pas de lui, ou si peu. La réalité est que notre pays glisse beaucoup plus sur cette pente difficile qu'il ne progresse.

Comme je l'indiquais dans mes deux précédents blogs, tout porte à croire que l'exil fiscal - géographique et comportemental - n'a fait que se mettre en place et va maintenant progresser à grande vitesse.

Quand ceux qui nous gouvernent comprendront-ils que la France ne se relèvera de ses problèmes que par un redéploiement de toutes ses forces vives ? 

 

21/01 - Lettre au Président Hollande

" Monsieur le Président,

Chacun salue, à sa façon, vos annonces successives depuis vos voeux de la fin 2013.

Me sentant un citoyen normal, permettez-moi d'en faire autant.

Je salue vos discours non partisans, les premiers depuis votre élection comme président de tous les Français.

Je salue votre reconnaissance que ce sont les entreprises, et elles seules, qui créent les emplois.

Je salue surtout la valeur de vos propos, à la mesure des sacrifices qu'ils engendrent : enfin faire partager les efforts du pays par votre électorat, essentiellement composé de ceux qui vivent de l'argent de l'Etat.

 

Il reste maintenant deux questions importantes.

Comme je l'ai souligné dans de récents articles, la pression fiscale dont vous avez trop abusé a renforcé l'exil fiscal, à la fois géographique et comportemental. Cet exil s'est mis en place et s'est développé rapidement depuis 18 mois. En 2014, il jouera à plein contre l'ensemble des budgets publics. C'est probablement plus de 25 milliards d'euros de moindres rentrées qu'il vous faudra compenser, cette année.

Et vous allez devoir choisir là où chasser les 50 milliards d'économies publiques. Vous n'êtes pas obligé de vous lancer dans la rigueur aveugle. Je vous propose donc trois pistes :

1. Monétisez la réduction de toutes les contraintes inutiles ou nuisibles à la bonne marche des entreprises (flexibilité du travail, augmentation des seuils sociaux, non mise en oeuvre des mesures actuellement discutées au parlement sur l'égalité hommes-femmes, la pénibilité, le pouvoir administratif des inspecteurs du travail et la fermeture des sites rentables). En échange de ces réductions, ce sont quelques dizaines de milliards que vous pouvez économiser en subventions diverses aux entreprises.

2. Revenez sur la politique du logement, couteuse et inefficace. Libérez les forces du marché et cessez de déshabiller les classes moyennes pour héberger de vrais ou de faux pauvres aux frais de la nation et dans des conditions souvent bien supérieures à celles des classes moyennes. Si vous voulez relancer la construction, établissez une taxe annuelle sur l'ensemble des terrains à bâtir, construits ou pas, en fonction de leur valeur. Les retombées d'une telle taxe sont une véritable manne pour toute l'économie et le budget de l'Etat et des collectivités locales.

3. Cessez de subventionner l'oisiveté, définie comme l'état de celui qui ne travaille par alors qu'il le pourrait (chomeurs de circonstance, jeunes retraités, faux malades). Ici encore, l'Etat pourra économiser quelques dizaines de milliards en remettant de nombreux actifs au travail.

Le compte y est !

 

Tous mes voeux accompagnent vos réformes de structure, Monsieur le Président."

 

22/01 - La revanche des Peugeot

Tout semble indiquer que les choses soient pliées pour Peugeot.

La prochaine augmentation de capital (AK) de PSA interviendrait en 2 fois :

- une première augmentation réservée à Dongfeng pour le nombre d'actions dont ils sont convenus et à l'Etat qui veut en prendre autant, sans droits prioritaires de souscription (DPS) et à un cours proche de 7,50 euros ;

- puis une seconde augmentation pour tous les actionnaires, avec DSP.


Le résultat final donnera 1) une forte dilution pour les actionnaires actuels, 2) un nombre d'actions égal pour la Famille, Dongfeng et l'Etat, aux environs de 15% chacun, 3) le départ probable de Thierry Peugeot de la présidence du conseil de surveillance de PSA, 4) des jeux d'alliances en constante rotation entre deux des trois actionnaires principaux, 5) une probable augmentation rapide de l'internationalisation et de la montée en gamme de PSA, même si cette dernière s'accompagnera d'une gamme low cost, 6) une nécessaire revente des actions de l'Etat après quelques mois ou quelques années.

 

Le temps des choix n'est cependant pas terminé pour la Famille.

Si elle reste au chevet de PSA, elle bénéficie encore de droits de vote doubles, de quoi équilibrer le poids cumulé des 2 nouveaux actionnaires pendant 2 ans.

La Famille trouvera peut-être des soutiens auprès de "familles amies", notamment celles auprès desquelles la FFP a investi lors de ses massives diversifications depuis l'arrivée de Robert. Elle ne ferait alors que partager son pouvoir au conseil de PSA, sans vraiment le perdre. Elle se met aussi en position de revenir à l'occasion d'une séquence où elle se sera plus enrichie que l'action PSA n'aura progressé.

Ou alors, la Famille renonce à rester l'actionnaire de référence de PSA. Dans ce cas, elle a encore le choix de devenir un groupe à la Wendel, actionnaire influent d'entreprises dynamiques. A moins que les nouvelles générations ne poussent pour récupérer leur part de patrimoine de façon à ce que chacun reçoive les moyens de ses objectifs personnels. Ce serait une forme d'explosion de la Famille.

 

Chacun pensera se qu'il veut de ces divers scenarii. Pour ma part, aucun ne s'impose plus ni ne discrédite définitivement qui que ce soit. 

 

23/01 - Monétisation de la réduction des contraintes économiques

Excusez-moi d'y revenir !

Je rappelle de quoi il s'agit :

François Hollande semble avoir compris que ce sont les entreprises qui créent de l'emploi. Il a promis d'alléger de 30 milliards leurs factures fiscale et sociale. Tant mieux ! Mais il lui reste toujours cet énorme déficit budgétaire et tout le monde le presse de faire des économies.

De leur côté, les entreprises se voient reprocher par la gauche leur appétit de subventions en tous genres. Et elles se plaignent bruyamment de cet excès de contraintes qui pèsent sur elles, en plus des prélèvements obligatoires. Nous les avons citées, ces contraintes : le plus lourd code du travail du monde, les harcèlements des inspecteurs du travail et des contrôleurs des impôts, les effets de seuils (39 contraintes supplémentaires quand une entreprise passe de 49 à 50 salariés), etc.


Puisqu'on est aux pactes, aux négociations équilibrées avec réciprocité, je propose que l'Etat échange une diminution des contraintes pesant sur les entreprises avec une diminution des subventions qui leur sont allouées chaque année.


J'y vois plusieurs avantages :

1. Chiffrer le coût, pour les entreprises et pour l'économie de toutes ces contraintes dont la plupart n'ont pas l'utilité qu'on leur a, un temps, prêtée.

2. Responsabiliser les uns et les autres : protéger et contrôler, pourquoi pas ? Mais peut-on le faire de façon responsable ?

3. Accélérer les réformes structurelles : l'Etat sera d'autant plus intéressé à mettre en oeuvre son "choc de simplification" qu'il en recevra des dividendes financiers.

4. Redonner à la France, le plus tôt possible, son attractivité économique.

5. Désarmer une partie de cette France qui ne voit dans l'entreprise qu'un lieu d'opression salariale.

 

Bien sûr, je vois la France déclarer qu'elle va recoller au peloton des pays qui se redressent. Il est où temps où elle faisait la course en tête et l'envie de ses voisins?

Alors, cette monétisation, on se l'étudie ?

 

24/01 - Quand nos medias s'adaptent

Constater par les fréquents sondages que la France revient à droite est presque équivalent à constater que l'économique redevient au-devant de la scène, aux dépends de la politique. Tant il est vrai que la politique est de gauche et l'économie de droite.

Du coup, plusieurs journaux et magazines en vue ont décidé de remplacer leur rédacteur en chef, jusqu'à présent un spécialiste de la politique, par un autre connaissant mieux l'économie.

Ce pourrait être une autre bonne nouvelle pour l'évolution des mentalités de nos concitoyens et des électeurs. Et ensuite pour le pays tout entier.

 

27/01 - Les endettés de Coluche

A chaque forum, à chaque réunion, à chaque université économique et politique, c'est pareil : on évoque le constat partagé que la France est au bord du gouffre. La faute à son déficit budgétaire qui alimente une dette gargantuesque. Il s'en suit une liste de propositions plus ou moins pertinentes pour réduire ce déficit et cette dette. Pour ces orateurs, ça va de soi !

Mais je ne constate pas que ce constat soit si partagé. Je rencontre encore beaucoup de Français qui se sentent à peine concernés par le deficit et la dette de nos institutions.

Je revois Coluche nous dire : "Les cons, c'est un peu comme les morts : les morts, ils sont morts, mais ils ne le savent pas." Beaucoup de Français méritent donc ce titre, pas forcément envié, d'endettés de Coluche.


28/01 - Les endettés de Coluche (suite)

Alors, me demande-t-on, quel inconvénient y a-t-il à être un endetté qui ne le sait pas ?

Des inconvénients, j'en vois plusieurs.

Ces inconscients de l'endettement, il est probablement inutile de leur présenter des propositions de redressement. Ce sont des sujets qui fâchent inutilement puisqu'ils ne passeront pas le filtre politique.

Il est également inutile de leur suggérer d'anticiper ce qui risque fort de leur arriver le jour où la France ne pourra plus payer ne serait-ce que les intérêts de sa dette.

La surprise pourrait bien venir de ce qu'au début du quinquénat l'effort a surtout porté sur les créateurs de richesse :entrepreneurs et entreprises. Progressivement, le réalisme l'emporte et ce sont surtout les bénéficiaires de cette richesse qui pourraient avoir à fournir l'effort.

Voilà qui accélérera peut-être la prise de conscience où c'est le plus utile.

Et tant pis pour la politique !

 

29/01 - Responsabilité et coût des mauvaises politiques de F. Hollande

Le débat est maintenant lancé, surtout à droite, sur le coût de la politique passée de F. Hollande en termes d'appauvrissement de la France, du chômage, de la moindre compétitivité de nos entreprises, etc. Apparemment, il est énorme et devrait nous plomber sur plusieurs années.

Maintenant, le président a reconnu l'impérieuse nécessité d'une volte-face en direction des entreprises. De nombreuses voix s'élèvent donc pour lui faire porter la responsabilité de ces gâchis liés à la politique économique des 18 premiers mois de sa mandature.

Ce n'est pas mon avis.

Les Français ont élu une majorité de gauche, dotée d'un programme démagogique de gauche. Ils ne peuvent maintenant reprocher au président d'avoir acté le programme sur lequel il s'était engagé avant l'élection, même si les résultats ne sont pas au rendez-vous ! Un peuple dispose généralement du gouvernement qu'il mérite.

Il apparait que l'opinion publique ait compris que le programme qu'il avait approuvé par son vote a plus d'inconvénients que d'avantage et devienne beaucoup plus libérale qu'elle ne l'était. Tant mieux ! Et tant mieux si le président a saisi ce virage de l'opinion pour l'accompagner par un virage de sa politique économique.


30/01 - Arrêter le camion dans la descente

OK, F. Hollande a reconnu que sa politique initiale n'avait pas les effets escomptés et il a commencé à lancer le signal qu'il en changeait.

Seulement voilà : on réalise maintenant que notre économie se trouve dans une descente plus raide que prévu et que, comparable à un camion, elle parcourt cette descente à une vitesse dangereuse.

Rappelons les faits : la pression fiscale s'est durcie en 2012, en 2013 et encore en 2014 avec la dernière loi de finances ; la réduction des dépenses publiques ne s'est pas contractée globalement, notamment du fait de la santé, du chômage, des retraites et des dépenses des collectivités locales ; l'investissement est en panne ; l'exil fiscal, géographique et comportemental, est en pleine expansion ; la confiance est proche de ses plus bas si on considère qu'elle a un peu remonté depuis quelques semaines.

On comprend alors que notre économie doit continuer à se dégrader pendant au moins 18 mois avant de repartir. La comparaison avec nos voisins ne fera plus aucun doute. Depuis quelques années, la France a eu la pire politique économique de toute la zone Euro. Le changement annoncé est encore homéopathique alors qu'il faudrait un remède de cheval, à la Schroeder ou à la Cameron.

Je rencontre de plus en plus de responsables souhaiter que la crise de notre dette publique survienne afin que l'on passe, enfin, à de vraies réformes struturelles dans notre pays.


31/01 - Peugeot : le droit de se laisser dépouiller

Les Echos publient ce matin une lettre de Thierry à Robert Peugeot, datée du 27 janvier.

Ce qui est impliqué par la lettre :

Thierry "fait part" à Robert de points que ce dernier pourrait ne pas connaître …

Des discussions engagées entre l'Etat, Dongfeng et la FFP enlèveraient les droits de vote double liés à la détention d'actions PSA. Il s'en suit des dommages pour la FFP en termes stratégique et patrimonial. Thierry demande que le sujet soit exposé au Conseil de la FFP. Donc, ce débat n'a pas eu lieu dans ce cénacle ?

Idem pour la clause de "standstill" qui limite la capacité d'un des 3 actionnaires concernés d'augmenter sa part dans PSA pour 10 ans.

Le conseil d'administration de la FFP n'aurait pas connaissance de négociations directes avec Dongfeng, de sorte que l'avenir de PSA et celle de la participation de la Famille se font … sans l'intervention de la Famille qui n'a fait qu'approuver un projet qui n'est pas le sien.

Le conseil de la FFP s'est par contre soucié de la date de prise de fonction de Carlos Tavares à la tête de PSA, mais sa recommandation n'a pas été transmise au conseil de surveillance de PSA lors de sa précédente réunion …

 

Les acteurs familiaux semblent s'éviter mutuellement et il n'existe plus d'organe de gouvernance digne de ce nom à la tête de la FFP ni de PSA.

Les conséquences pour la Famille est une évidente mise sur la touche … qu'une majorité semble avoir déjà acceptée.

Son sort risque d'être celui d'une famille déchue, peu respectée, drapée dans un opaque voile de médiocrité et appauvrie par son incapacité à s'impliquer intelligemment dans un groupe qui la dépasse. Pour d'autres raisons et en d'autres circonstances, voyez le sort qui a été fait à Madame Bettencourt, malgré sa fortune et son talent pour choisir les dirigeants de sa société.

Les conséquences pour les autres actionnaires de PSA pourraient bien être que les évolutions futures de leur patrimoine dépendront d'abord des valorisations qui auront été décidées sans leur avis. Ils risquent de se trouver dilués encore et encore, à moins que Dongfeng ne se contente de se servir dans le patrimoine du groupe : brevets, savoir faire, ingénieurs, plans, contrats asymétriques, …