Archives Février 2014

03/02 - La Fed ignore-t-elle les problèmes des émergents ?

En juin 2013, l'annonce de la réduction de la politique accomodante de la Fed a déjà provoqué d'importants mouvements de capitaux aux dépends des pays émergents. Leur situation ne s'est pas améliorée depuis. Pourtant, la Fed a persisté dans sa réduction des achats de créances et plusieurs de ces pays crient maintenant "au secours". Que faut-il en penser ?

Petit rappel historique : quand les pays développés ont connu des moments de grand doute, les émergents les plus solides leur ont fait un cours d'économie et leur ont recommandé de mettre rapidement de l'ordre dans leur affaires.

Maintenant qu'ils le font, les émergents se plaignent que cet argent facile leur manque !

Ce n'est pourtant pas la fin de l'argent facile : la Fed ne réduit son intervention que très progressivement, tandis que le Royaume-Uni, le Japon et la BCE continuent ou même amplifient la création de monnaie. Et puis, avec 3,5% de croissance annuelle prévue, les USA s'affichent comme le nouveau moteur économique de la planète. La baisse des devises émergentes devrait augmenter l'effet d'aubaine et favoriser leurs exportations tandis que les pays développés risquent toujours la déflation, notamment du fait de ces importations bon marché, et garderont leur politique accommodante.

Les émergents ne devraient donc pas se fâcher trop contre les développés dont il semble qu'ils aient encore besoin.

 

04/02 - La France séduira les investisseurs ...

... étrangers, mais aussi français, un jour, peut-être.

 

Ce jour là :

- le choc de simplification aura raboté le Code du Travail, le pouvoir des inspecteurs du travail, les seuils liés au nombre des salariés dans l'entreprise, ainsi que les conséquences de chaque franchissement, ...

- le capital et les revenus qu'il génère seront "normalement" taxés, c'est-à-dire comme chez nos principaux voisins et concurrents (paradoxalement, deux pays voisins partageant la même monnaie sont beaucoup plus concurrents que deux pays éloignés avec deux monnaies distinctes), "normalement" voulant dire ici décemment, raisonnablement, faiblement ou ...pas du tout

- le budget de l'Etat sera maîtrisé de façon à stabiliser la dette, voire lui permettre de décroître

- Christian Eckert sera oublié et, avec lui, tous ses excès fiscaux, grâce auquel la France est le premier repoussoir à investissement et à travail dans le monde.

 

05/02 - Réussir quelque part

L'hiver est propice aux réunions de réflexion, quand les membres d'un même cénacle déjeunent ensemble pour refaire le monde. Cet hiver ne déroge pas.

Je me fais expliquer ce qui suit par quelques patrons influents :

Quand une entreprise se crée, elle est forcément de quelque part. Tiens, par exemple, Saint Malo. A mesure qu'elle grandit, elle devient autant bretonne que malouine. Elle grandit encore et elle devient française, surtout si elle a commencé d'exporter. Assez rapidement, elle devient européenne, puis mondiale.

Il en est de même de sa citoyenneté, locale à la naissance, puis régionale, nationale et mondiale.

Les patrons me disent : "Certes, notre hiérarchie des loyautés fait que nous avons une préférence pour l'endroit d'où nous venons, là où nous avons nos racines. Mais, dans un environnement mondial et avec des enjeux internationaux, les entreprises conduisent leurs projets là où se trouvent les facteurs de réussite, où que ce soit. Si c'est en France, tant mieux ! Si c'est ailleurs, tant mieux !"

Depuis quelque temps, ce n'est pas souvent en France... 

 

06/02 - Lip service

C'est ainsi que les Américains décrivent les promesses vides, ou éternellement reportées, ou cachant une réalité bien plus embarrassante que le coût des promesses.

Pour que vous compreniez bien ce terme, je vais vous donner un exemple.

Le président d'un grand pays sur le déclin fait aux entreprises une promesse d'allègement de charges de 30 milliards. Pendant ce temps, sa majorité et l'administration s'acharnent à compliquer la vie de ces mêmes entreprises et à confisquer la maigre valeur qu'elles produisent dans ce pays.

Le représentant des grandes entreprises de ce pays prend l'engagement formel d'y créer un million d'emplois. Pendant ce temps, les grandes entreprises se gardent bien d'y investir signicativement car les conditions de la réussite y sont trop incertaines.

Cerise sur le gâteau, FO décide de manifester contre le coming-out social-démocrate du président. Mais le lip service, c'est quand on fait croire croire qu'on fait autre chose que ce qu'on fait (Ex. Valérie T.) alors que le coming out, c'est quand on admet ce qu'on fait depuis longtemps (Ex. Julie G.).

 

07/02 - Le grand écart de M. Valls

Quand le plus libéral et le plus populaire ministre du gouvernement se retrouve face à la presse et à l'opposition, il ne peut rester solidaire du reste du gouvernement sans faire un grand écart. Il n'a pas dit que ses troupes sont démotivées de retrouver les délinquants les narguant quelques heures après avoir été interpellés. Il n'a pas dit qu'il saluait le virage socio-démocrate de F. Hollande. Il n'a pas dit qu'il est en permanente contestation des atermoiements du premier ministre.

Ses omissions sont assourdissantes.

 

 

10/02 - Ces Français qui votent pour travailler 41 heures par semaine

Contre toute attente ... les Suisses ont voté pour mettre des quotas à l'entrée d'étrangers chez eux. Nous verrons les compromis que la Confédération trouvera avec Bruxelles pour limiter les effets pratiques de cette votation.

Cet événement est cependant l'occasion de parler de ces dizaines de milliers de frontaliers qui votent chaque matin (ils sont bien allés les chercher en Suisse, ces emplois, non ?) pour travailler plus et se reposer moins.

Pourquoi notre pays, qui dit tous les jours avoir besoin d'argent (sinon pourquoi confisquer autant d'argent difficilement gagné par nos actifs ?), n'emprunte-t-il pas quelques unes des recettes qui font la réussite de notre voisin ? Et non, je ne parle pas que de l'évasion fiscale !

 

11/02 - Casser du patron

Une partie de l'opinion française aimerait bien "casser du patron". Paradoxalement, elle ne se trouve que très peu dans les entreprises. Voici trois exemples :

 

C'était samedi dernier au cours de l'émission grand public de Laurent Ruquier "On n'est pas couché" (ONPC). L'invité politique était Benoït Hamon, ministre qui s'affirme à gauche de la gauche. Il s'est fait attaquer par le journaliste Eric Caron qui lui reproche d'avoir trahi ses électeurs en affichant sa solidarité gouvernementale après le "coming-out social-démocrate" de F. Hollande. Pour les animateurs de cette émission, on n'est pas à gauche si on ne casse pas du patron.

 

Je connais des entreprises récentes, c'étaient des start-ups il y a 10 ans. Mais maintenant elles font plus de 10 millions d'euros de chiffres d'affaires. Un patron me décrit la visite du contrôleur des impôts : "Il m'a tout de suite demandé mon dossier Crédit-Impôt-Recherche (CIR) et m'a rapidement recalé toutes les dépenses d'innovation de l'entreprise, soit 150.00 euros. Imaginez que j'ai tous les certificats d'une entreprise innovante et les justificatifs de dépense. Qui peut donc encore prétendre à ce CIR ? Et encore, j'ai de la chance : ces certificats ont dû dissuader le contrôleur de m'affliger les 40% de pénalité pour mauvaise foi !" Ce contrôleur est connu pour vouloir "casser du patron".

Un autre chef d'entreprise témoigne : "En cas d'accident du travail dans un atelier, on appelle le SAMU. Dans les 10 minutes, la gendarmerie arrive, puis l'inspection du travail. Ces derniers ne demandent même plus à voir le "responsable", mais le "coupable". C'est maintenant pareil ! Le chef d'entreprise a une obligation de résultat et est donc coupable d'avance des accidents qui arrivent dans ses ateliers."

 

Je suis également au conseil syndicat de l'ensemble immobilier de la Tour Montparnasse, totalement consacré au secteur tertiaire : bureaux et distribution. Cet ensemble est, depuis quelques années déjà, l'objet de rumeurs rarement fondées sur sa dangerosité, de contrôles beaucoup plus tatillons qu'efficaces, de demandes répétées et inutiles, d'exigences aussi nuisibles qu'impossibles à mettre en oeuvre, d'enquêtes exclusivement à charge et donc d'articles dans les journaux qui ne peuvent que les reprendre. Ainsi, l'opinion publique est déjà préparée à une confiscation en bonne et due forme des 15.000 mètres carrés de foncier et des immeubles qu'il porte. Le Conseil Régional a déjà fait "évacuer" ses 200 salariés et les candidats à la Mairie de Paris ont déjà décidé du sort de cet ensemble. Tout ceci se tient. 

 

Il faudra plus qu'une déclaration présidentielle pour que tous les Français travaillent dans le même sens !

 

12/02 - Risques bancaires

Il y a beaucoup de façons de présenter le risque bancaire. Je vais essayer ici de rester pragmatique.

 

Tout d'abord, les banques françaises n'ont globalement pas démérité. Il existe bien l'exception de Dexia qui n'est ni totalement français ni totalement privé. Elles n'ont donc pas à être "punies" comme certains le suggèrent.

 

Ensuite, je reste persuadé que le risque bancaire ne sera jamais aussi simplement ni aussi bien filtré qu'en liant ce risque au patrimoine des dirigeants. Il n'est pas question ici de limiter les revenus des dirigeants, bien au contraire, mais de leur faire subir directement sur leur richesse totale les pertes de risques mal maitrisés, comme dans une commandite. Des dirigeants plus impliqués dans les accidents possibles liés à l'activité bancaire auront à coeur de mieux indentifier ces risques et de mieux les prévenir.

 

Ma troisième proposition consiste à mieux séparer les financements manifestement positives pour l'économie des activités neutres (jeux à somme nulle) ou néfastes (instruments spéculatifs purs). Pour ces dernières, on pourra toujours légiférer et interdire que soient payés (par exemple) les CDS ne correspondant pas à une couverture réelle du risque sous-jacent.

 

Ma quatrième proposition consiste à réaffecter aux obligations souveraines les risques qu'elles représentent vraiment afin d'en déduire les couvertures nécessaires sous forme de fonds propres. A minima, ce risque devrait être le niveau de spread avec le meilleur de la classe (aujourd'hui, l'Allemagne) sur les 200 derniers jours.

 

Enfin, et seulement après tout ce qui précède, on pourra interdire, limiter ou séparer les activités jugées les plus à risque pour les banques de dépôt.

 

13/02 - Plus honnête que moi ...

De tous temps, les pires escrocs se sont parés des habits de la vertu pour mieux prendre notre argent. Non seulement ces habits ne font pas le moine, mais ils encouragent l'escroquerie.

Aujourd'hui, les habits du moine-escroc sont surtout des mots : justice, égalité, solidarité, ... La manipulation est collective et généralisée.

Curieusement, c'est dans les pays où l'on prononce le moins ces mots qu'on les pratique le plus. Ainsi, le budget de la Chancelerie de l'Allemagne n'est qu'une fraction du budget de l'Elysée. Et les syndicats plutôt coopératifs allemands (financés par leurs adhérents) obtiennent de bien meilleurs résultats que les syndicats révolutionnaires français (financés par le contribuable).

Allez comprendre ...

 

14/01 - Impact de la réduction des dépenses publiques sur l'économie

La réduction des dépenses publiques aura-t-elle un impact négatif sensible sur notre économie ?

La réponse à cette question dépend évidemment de la façon dont les coupes sont réalisées.

Si, comme je l'ai montré dans "Redresse le pays, c'est si con ?", notre société subventionne moins l'oisiveté (définie comme l'état de celui qui pourrait travailler mais qui ne travaille pas), elle fait des économies ET encourage l'économie.

Il en est de même du rôle de certains fonctionnaires "contrôleurs" qui ont une conception particulièrement anti-entreprises de leur fonction sociale, ou du financement public des syndicats. Ici, on doit pouvoir couper.

Il en est de même des pratiques de bonne gestion, celles qui allègent la lourdeur administrative des décisions. Allèger le dispositif en allègeant les contrôleurs.

On pensera également à toutes ces dépenses dont personne n'est responsable : la santé est importante, mais il est inconcevable que ses dépenses soient 100% mutualisées. Nos cotisations "aveugles" pourraient être de beaucoup abaissées si chacun d'entre nous payait une partie des actes qu'il demande au système de santé. Incidemment, ce système serait désengorgé, travaillerait mieux et en tirerait plus de bénéfices pour son personnel le plus dévoué aux patients.

Voici l'ordre dans lequel j'estime qu'on peut prendre la question de la réduction de la dépense publique.

 

17/02 - Peugeot, c'est fini ?

La place de la Famille Peugeot dans le groupe éponyme semble arriver à un tournant après lequel rien ne sera plus pareil. On se pose tant de questions !

- Pourquoi la Famille a-t-elle donné son aval à un étranglement financier de PSA ?

- Pourquoi la Famille ne veut-elle plus du contrôle de PSA ?

- Pourquoi la Famille tient-elle tant à garder Faurecia dans le groupe ?

- Pourquoi la Famille se laisse-t-elle diluer autant par Dongfeng et l'Etat ?

- Pourquoi la Famille abandonne-t-elle les droits de vote doubles ?

- Pourquoi la Famille accepte une telle décote pour ces nouveaux propriétaires ?

- Pourquoi la Famille s'interdit-elle de monter plus tard dans le capital de PSA ?

- Comment la Famille empêchera-t-elle un dépouillement de PSA ?

 

19/02 - Quand un problème est bien posé ...

... la solution s'impose d'elle-même.

Prenons une situation qui est exposée dans nos journaux et magazines cette semaine : 1% de l'humanité possède 50% des richesses mondiales.

Solution de gauche : en faisant partir nos riches, on redressera nettement le ratio de l'inégalité dans notre beau pays.

Observation complémentaire : en France, 1% de la population contribue à 80% des budgets publics. Forcément, ceux qui restent vont devoir travailler plus dur pour subvenir aux besoins collectifs.

 

20/02 - PSA : traitement équitable ?

Le communiqué daté du 19/02 donne le détail des opérations prévues portant sur le capital de PSA :

- une première augmentation "réservée" à Dongfeng et à l'Etat français au prix de 7,5 euros par action

- une seconde augmentation avec droit préférentiel de souscription ouverte à tous les actionnaires, y compris l'Etat et Dongfeng, garantie par un pool bancaire, également à 7,5 euros

- l'attribution aux actuels actionnaires d'une option par action détenue, 10 de ces options donnant droit d'ici 3 ans à acheter 3 actions au prix de 7,5 euros.

 

J'essaie de rester simple pour être mieux compris dans mon analyse :

- je constate d'abord que, à la suite de la première augmentation de capital, tous les actionnaires sont à égalité de traitement pour la seconde augmentation de capital ;

- simplement, l'Etat et Dongfeng auront acheté leurs actions à 7,5 euros quand les anciens actionnaires constatent un cours de 12 euros ;

- certes, ces anciens actionnaires peuvent déduire de ces 12 euros la valeur des bons de souscription reçus, dont la valeur aujourd'hui est de 3/10e de (12-7,5) euros, soit 0,3 x 4,5 = 1,35 euros par action détenue, plus la valeur temps de ces options à 3 ans ;

- de combien l'action PSA devrait-elle monter sur ces prochaines années pour que les actionnaires actuels puissent se considérer à égalité de traitement avec l'Etat et Dongfeng ?

Aucune valorisation du cours de l'action PSA n'offre d'équité puisque, le prix de revient de l'Etat et de Dongfeng étant inférieur au prix de marché actuel (même diminué de la valeur des cons), quelle que soit l'évolution du cours, l'Etat et Dong feng feront une meilleure affaire (ou une moins mauvaise si le cours chute) que les actionnaires qui acquièrent leurs titres aujourd'hui (ou qui ne les vendent pas).

 

Va-t-on en rester là ?

 

21/02 - La confiscation légitimée par NKM (UMP)

Ainsi, c'est la candidate UMP, NKM, qui propose de détruire la Tour Montparnasse et c'est la candidate socialiste, Anne Hidalgo, qui doit lui rappeler que cette tour est une propriété privée et que l'on est encore dans un Etat de droit.

On croit rêver ! On se souvient que Nicolas Sarkozy avait légitimé la très exagérée fiscalité sur le capital, alignée sur la fiscalité du travail. 

Notre pays ne se relèvera pas avec plus de promesses démagogiques, aussi improvisées que désastreuses dans leurs conséquences, avant même d'avoir été appliquées.

 

28/02 - Dialogue social au niveau national

La France connaît une importante crise économique, quand on prend en compte le nombre de chômeurs, de pauvres, d'assistés, de fermetures de sites, d'entreprises en faillittes, etc.

Au plus haut niveau de l'Etat, on comprend l'urgente nécessité de donner un bol d'air aux entreprises afin qu'elles reconstituent leurs marges, retrouvent une certaine santé, se remettent à investir et à se développer.

La décision est prise de confier le pacte de responsabilité au dialogue social. On sait que celui-ci se déroule (presque) normalement dans les entreprises. Mais quand il s'agit de mettre autour d'une même table le MEDEF et les secrétaires nationaux es grands syndicats, on ne récolte que du déni.

Il est vrai que les enveloppes bien garnies de l'UIMM n'existent plus, qui permettaient de mettre de l'huile dans les rouages du dialogue social.