Archives Avril 2104

01/04 - Premier Avril !

Hollande démission, poisson d'avril ?

Rien n'est moins sûr. Rendez-vous demain pour une clarification de ces propos.

 

02/04 - Une longue lignée de premiers ministres ...

L'histoire récente des pays développés nous apporte une longue liste de premiers ministres qui ont redressé leur pays, auparavent endetté et enlisé dans la stagnation économique.

Parmi ceux qui ont essayé !

On pense tout de suite à l'Allemand Schröder qui lui-même a répliqué les succès obtenus en Australie, en Nouvelle Zélande et au Canada, en même temps que la Suède et le Danemark.

On pense à Tony Blair qui eut la chance de succéder à une très volontaire Margaret Thatcher.

 

Revenons à la France. Nous ne sommes plus dans un régime parlementaire, mais dans un régime présidentiel. Le premier ministre est d'autant plus exposé que le président est protégé. Au président le mandat de 5 ans, quand le premier ministre est révocable ad nutum, comme on l'a vu lundi dernier.

 

Le couple Hollande-Ayrault était le couple de deux mous, le second étant le fidèle assistant du premier.

Je doute que Valls fasse couple avec son président, tant leurs systèmes de fonctionnement est différent : le premier aime trancher alors que le second se complaît dans la procrastination sous couvert de dialogue.

Vous comprenez tout de suite que notre nouveau premier ministre, aussi efficace soit-il, risque de se faire renvoyer à la première manifestation d'impopularité et même à la première menace d'ombre sur le président de la république.

En France, ce ne sont pas les premiers ministres qui peuvent redresser la situation.

Monsieur Valls, je souhaite ardemment avoir tort et vous adresse tous mes voeux de réussite pour notre pays.

 

03/04 - Nouveaux ministres : faux culs ou vrais cons ?

Le passage de relais entre ministres d'une même majorité peut être l'occasion de faire un bilan de chacun ministres partants ou déménageants. 

Chaque ministre fait part de son émotion de quitter un si beau ministère (comprenez le pouvoir à la Française et tout ce qui va avec en termes d'honneurs, d'avantages matériels et d'impression d'exister), une si merveilleuse équipe (beaucoup d'amis, parfois des amants, mais aussi des relations intéressées) et un si beau parcours.

 

Le parcours, parlons-en :

Ce ministre incontrôlable qui insulte les grandes familles industrielles et s'étonne de les voir partir, obligé ensuite de les remplacer au capital d'entreprises esentielles à notre économie.

Ce ministre supposé inverser la courbe du chomage et qui en a remis une couche significative.

Ce ministre du logement dont l'objectif est de 500.000 par an (+ 30%) et qui réussit en 2 ans à obtenir 250.000 (- 35%) grâce aux lois qui portent son nom.

Ce ministre de l'économie et des finances s'est engagé à réduire le déficit budgétaire selon un rythme déjà renégocié deux fois et que l'on s'apprête à renégocier une troisième fois cette semaine. Quant à l'économie, on assiste à un affaiblissement sans précédent des entreprises, surtout les PME. Celles qui se portent le mieux sont celles qui se sont le plus délocalisées.

Ce ministre de la justice devrait garantir moins une justice indépendante qu'une justice neutre et finit par créer une justice politique.

Etc.

 

Ces ministres qui laissent leur place sont remplacés par des collègues qui leur assurent que le travail effectué va dans la bonne direction et que leur priorité sera de continuer l'oeuvre entamée. Même le nouveau Premier Ministre a promis hier soir sur TF1 de continuer l'oeuvre de son prédécesseur !

Les problèmes semblent posés. On a donc une direction. Mais le gouvernement précédent est parti dans le mauvais sens. Et chacun des nouveaux ministres affirme qu'il va continuer à marcher dans le même sens, de façon plus rapide et plus décidée.

Alors, forcément, on a déjà un doute ...

 

23/04 - Valls : pilote ou arbitre ?

La vraie force du Premier Ministre provient peut-être de sa position d'arbitre.

On peut le trouver coincé entre les forces qui lui demandent de vraies économies des dépenses publiques (Bruxelles, la BCE, les partis du centre et de droite, les exigences de l'économie et de l'emploi, ...) et celles qui lui demandent de surseoir encore sur ces mesures douloureuses.

Je trouve personnellement tactiquement astucieux de laisser ces forces contraires s'exprimer dans les médias jusqu'à ce qu'il se trouve en mesure de n'avoir qu'à trancher. 

Faute d'avoir un pilote qui la conduise, la France aura au moins un arbitre pour faire ses choix.

 

24/04 - Taxis contre VTC

Il existerait un conflit entre taxis et VTC que l'on nous demanderait de trancher : à propos, qui avez-vous envie de défendre ? ou qui avez-vous envie de voir s'amender ? Taxis ou VRC ?

A risque de vous décevoir, c'est l'Etat que je souhaite voir s'amender ! Depuis plus d'une génération, ce problème est mal posé et mal géré. L'Etat, ayant vendu un monopole au prix fort, n'ose pas s'en sortir avec le courage qu'on lui demande d'avoir : définir un statut clair et si possible complémentaire pour chaque catégorie et laisser s'épanouir l'offre des taxis parisiens.

Financièrement, la méthode la moins coûteuse et la plus juste d'avoir de nouveaux taxis sans exaspérer ceux qui sont en place consiste à donner des "droits" aux actuels propriétaires de plaques : un demi-droit par plaque possédée permettrait d'augmenter le nombre des taxis de 50% en quelques années. Les propriétaires de plaques n'y perdraient pas d'argent immédiatement, mais ils craignent 1) de devoir partager le marché existant avec les nouveaux entrants et 2) qu'une moindre activité et de moindres prix de la course ne dévalue la plaque qui leur reste.

La pédagogie consistant à expliquer que le marché se développera avec une offre plus abondante ne passera pas si facilement.

 

28/04 - Alstom, l'heure des comptes

La rapide évolution d'Alstom au cours des dernières semaines est l'occasion de se poser des questions sur le rôle, parfois positif parfois négatif, de certains acteurs :

- l'Etat qui a sauvé Alstom une fois, puis l'a revendu à un groupe familial pensant consolider son ancrage français

- l'Europe qui a limité le périmètre de la société après l'intervention de l'Etat

- Siemens qui avait déjà empêché le rachat de Legrand par Schneider, puis imposé les cessions d'actifs d'Alstom et qui se présente maintenant en chevalier blanc pour faire un "Airbus de l'énergie"

- l'Allemagne qui, en se décidant rapidement et massivement pour une nouvelle politique énergétique non concertée, a mis à mal toute l'industrie européenne de l'énergie, au risque de faire connaître à toute l'Europe continentale des accidents (blackouts ou brownouts) en période de pointe

- Bouygues qui a sollicité le mandat d'actionnaire de référence d'Alstom, en reprenant les parts de l'Etat, et s'en débarrasse maintenant pour des raisons de changement stratégique

- General Electric qui propose de racheter Alstom avec l'argent économisé sur ses impôts américains et pourra continuer à grandir avec l'argent économisé sur ses impôts français ...

 

En fait, rien de tout cela n'a beaucoup d'importance. Alstom n'était déjà plus une entreprise aussi française qu'on l'affirme aujourd'hui : ses actionnaires, ses salariés, ses clients, ses usines et son management sont déjà très répartis géographiquement.

 

 

29/04 - Evasion fiscale des entreprises mondiales

Au moment où l'Etat français veut faire croire qu'il "rend" des ressources aux entreprises, les plus grands groupes mondiaux se gavent de bénéfices hors taxes. Les chiffres les plus fous circulent sur cet argent apatride que ces groupes n'osent rappatrier de peur d'avoir à régler un impôt national : 2.000 milliards de dollars semble être le chiffre le plus communément admis ... pour les seuls majors.

 

Il est bien question de fiscaliser les opérations territoriales de ces groupes et de s'attaquer aux prix de transferts, comme le Japon le fait déjà depuis près de 20 ans. Mais la passoire est décidément à trop larges mailles, à commencer par les produits et services que l'on peut acheter sur Internet : nos fournisseurs les mieux disant n'ont même par de présence en France ! Pensez à Ali Baba !

 

Alors, la solution ne viendrait-elle pas d'un réalisme qui exonérerait partiellement les entreprises, par définition créatrices de richesses, de ce qu'elles gagnent (mais pas de ce qu'elles consomment) pour imposer ce qui reflète le mieux l'apport de la collectivité : le foncier constructible ?

 

Nos entreprises seraient enfin à égalité de traitement avec leurs concurrentes du reste du monde, les activités et les revenus seraient normalement taxés de façon à ne pas décourager la création de richesse et chacun serait amené à regarder son "empreinte" sur le territoire pour en optimiser l'usage, notamment une saine rénovation de l'urbanisme.