Archives d'Octobre 2013

01/10 - Les inégalités sont-elles un frein pour la croissance ?

Il s'agit d'une affirmation souvent avancée par les partis de gauche, comme un dogme. 

Qu'en est-il exactement ?

Que l'on étudie l'histoire ou la géographie de l'économie, on constate que les sociétés ont besoin d'un équilibre. Les périodes de forte croissance, comme on vient d'en observer une en Chine, profite d'abord à une petite élite (entrepreneurs, artistes, politiques, ...). Il arrive un moment où émerge le besoin économique de favoriser la consommation intérieure (cf. Ford veut augmenter ses salariés pour qu'ils achètent les voitures qu'ils construisent) et des mesures correctrices sont adoptées pour réduire les inégalités. Il est clair que, sans ces mesures (notamment les impôts progressifs), l'économie de ces pays stagnerait et l'insatisfaction des salariés exploités descendrait dans la rue.

A suivre ...

 

02/10 - Les inégalités sont-elles un frein pour la croissance ? (2)

Avec la mondialisation cependant, on voit des réussites qui dépassent totalement les frontières d'une seule zone économique.

Des individus ou des entreprises créent des richesses sans vraie limite supérieure, totalement inimaginables il y a encore une génération : les Warren Buffet, Bill Gates et autres fondateurs de sociétés champignons (FaceBook, Google, Twitter, Amazon, ...). Les retombées des richesses générées par ces individus et entreprises là où ils se trouvent sont absolument essentielles à la croissance économique de ces régions.

Par son succès, Steve Jobs a enrichi nombre de salariés et d'actionnaires de son entreprise, mais aussi des sous-traitants en Asie, des distributeurs partout dans le monde, des développeurs d'applications et encore beaucoup d'autres personnes venues se greffer sur son succès. Enfin, même si la firme à la pomme ne paie pas tous les impôts qu'elle devrait dans les pays où elle génère des profits, elle reste quand même l'un des premiers contribuables au monde.

C'est précisément là que se situe la limite aux actions correctrices que je mentionnais hier : la richesse se développe plus vite là où elle n'est pas handicapée par trop de mesures administratives ou fiscales. Et il y aura toujours des pays pour accueillir les riches et ceux qui en ont le potentiel, car c'est leur meilleur intérêt. Ainsi de la Grande Bretagne qui leur déploie son tapis rouge.

   

03/10 - Les inégalités sont-elles un frein pour la croissance ? (3)

Il existe deux sortes de métiers : la première garantit un revenu limité et la seconde n'offre pas de garantie mais n'impose pas non plus de limite du revenu.

La première sorte comprend les salariés et les professions où l'on paie à l'acte (médecins généralistes, notaires, ...) ou à l'article (boulanger, libraire, ...). La plupart des mesures fiscales sont élaborées, dans la plupart des pays, pour réduire les inégalités au sein de cette catégorie de professionnels.

La seconde sorte dépend du succès auprès du grand public ou d'une clientèle ciblée: les sportifs, les artistes, les écrivains, quelques grands talents parmi les professions libérales.

Il s'agit souvent de métiers où celui qui réussit prend tout, comme dans la finance. Plus un écrivain est célèbre et plus il fait d'ombre à celui qui se présente auprès des lecteurs. En même temps, il est une sorte de lumière dans le paysage social, un exemple à suivre pour d'autres, un citoyen et un contribuable à garder au pays. On voit que le dilemme, ici, est d'encourager la réussite de ces quelques uns sans pour autant leur permettre d'étouffer les nouveaux venus, pas forcément moins talentueux, mais moins connus.


04/10 - Amazon

Le gouvernement veut "sauver" les petits libraires et envisage donc d'empêcher Amazon 1) de proposer des prix des livres réduits de 5% comme la loi l'autorise pour les autres distributeurs ou 2) de ne pas facturer les frais d'envoi.

Outre le fait que ces mesures ne me semblent pas constitutionnelles, il se pourrait bien que le gouvernement coule rapidement et définitivement les libraires qu'il entend aider, en favorisant la transition numérique vers les formats PC, tablettes et smartphones dont Amazon est le leader mondial incontesté.

Ce faisant, il renforcerait encore sa domination, voire son monopole.

Pour ceux que cette transition intéresse, le prix des livres en format numérique est environ 1/3 moins cher que le prix des livres papier et on peut stocker plusieurs milliers de livres sur une seule tablette, après les avoir téléchargés en quelques secondes seulement.

   

07/10 - France : plaidoyer pour une transformation positive

Les Français sont de plus en plus nombreux à anticiper la fin de la France telle qu'on la connait aujourd'hui : un pays riche, hyper-administré par un hyper-Etat providence et vivant à crédit.

Ils ont conscience que la réduction du déficit budgétaire se fera à leurs dépends, qu'ils soient contribuables, fonctionnaires ou assistés. Ils savent que la hausse des prélèvements obligatoires depuis 40 ans se traduit par un recul durable de la place de la France dans l'économie mondiale. Ils anticipent des temps plus durs : ceux qui le peuvent partent, travaillent plus ou épargnent au maximum.

Il existe pourtant une façon de sortir de cette pente vers la pauvreté généralisée de la France : c'est de remettre notre population au travail et d'investir dans nos projets, car nous n'en manquons pas. Lisez donc "Redresser le pays, c'est si con ?"

On peut encore le faire, même quand on dirige une majorité de gauche.


08/10 - Vers une fin des billets de banque ?

A l'occasion de la sortie du livre "Cache Cash", BFM Business reçoit l'auteur qui explique que les gros billets ne servent qu'au crime et à la fraude. Stephane Soumier ne trouve rien à lui répondre ! Alors, permettez-moi de le faire !

L'argent sert à stocker du pouvoir d'achat, tout comme l'immobilier, les placements mobiliers (actions, obligations, ...) ou l'or. On laisserait plus facilement notre argent dans les banques si on avait plus complètement confiance dans ces établissements et ceux qui les contrôlent. Il se trouve que je connais des Français moyens, y compris des salariés des banques, qui veulent avoir une partie de leur patrimoine en liquide, ne serait-ce que pour faire face aux nécessités en cas de crise de leur banque ou de tout le système. L'Etat impécunieux ne sera pas toujours là pour protéger toute la population. Il se peut même qu'il doive confisquer les avoirs de cette population. Alors, les billets servent aussi à se protéger de ces aléas là.

 

09/10 - Avenir de l'Euro

Un nombre croissant d'économistes et de responsables politiques expriment, en privé ou en public, leur doute sur l'avenir de l'Euro. Charles Gave résume assez bien les réflexions en cours : "Quand on a fait l'Euro, on a établi les conditions de sa viabilité. Maintenant, on constate que ces conditions ne sont toujours pas réunies et il faut en tirer les conséquences, c'est-à-dire tuer l'Euro pour sauver l'Europe."

"A moins, répondent certains, que se mette en place un gouvernement commun qui impose une convergence des politiques économiques et fiscales."

Il se trouve que la France pourrait bien jouer le blocage dans cette possible évolution vers une EuroZone fédérale. A nouveau, Charles Gave explique pourquoi: "En France, je n'ai jamais eu le choix que de voter pour des fonctionnaires de droite ou des fonctionnaires de gauche. Il est normal qu'ils soient moins concernés par la santé de l'économie de marché. Si on limitait les candidatures aux garçons coiffeurs, les lois seraient forcément favorables aux garçons coiffeurs. Les politiques ne s'intéresseront à l'économie de marché que le jour où ils seront composés de membres de la société civile et d'acteurs de l'économie de marché. Ainsi, au Royaume-Uni, les fonctionnaires qui veulent faire acte de candidature politique doivent préalablement démissionner de leur poste. Ceci rétablit une juste représentativité des élus." C'est donc ce qu'il faudrait à la France pour qu'elle accepte de partager son sort avec l'Allemagne et les autres pays qui ont commencé, parfois depuis longtemps, leurs nécessaires réformes structurelles.

Bravo à Nicolas Doze d'avoir réuni et animé un aussi intéressant débat avec Christian Saint Etienne sur BFM Business.

 

10/10 - Apologie de l'inflation

L'inflation n'est pas une bonne chose pour l'économie du fait de tous les inconvénients que les experts ont dénoncés depuis qu'elle existe, notamment la perte des repères et l'instabilité qu'elle engendre. Dans les Etats de droit, elle est de plus en plus assimilée à un vol du pouvoir à l'égard de ses citoyens. Et on n'oublie évidemment pas qu'elle a été la cause principale de l'arrivée du 3e Reich en Allemagne.

Je voudrais quand même rappeler ici quelques uns des avantages de l'inflation, qui peuvent être repris en considération selon la situation, notamment la situation actuelle des pays développés. Dans ce qui suit, je ne parle évidemment que d'une inflation modérée, gérée, contrôlée, soit entre 2 et 4%.

 

L'inflation est une dérive contraire à la déflation, laquelle a des inconvénients bien supérieurs à l'inflation.

L'inflation permet de réduire les dettes, notamment les dettes excessives des pays.

L'inflation permet de revenir sur les avantages acquis par le corporatisme, le clientélisme, la rigidité des réglementations, ... De ce fait, elle remet de la souplesse dans les mécanismes sociaux, salariaux ou liés aux retraites, etc.

L'inflation incite les ménages à la consommation, car les prix seront plus élevés demain, ou à l'investissement productif, car l'argent qui dort se dévalorise tous les jours.

L'inflation oblige chacun à revoir l'ensemble de ses choix économiques de façon régulière, parce qu'elle change en permanence les paramètres des revenus et des dépenses. Elle garde donc les populations éveillées sur leurs réalités économiques.

  

11/10 - Nous citoyens

Le nom de ce nouveau parti me semble bien choisi. Les initiateurs sont des entrepreneurs : ça tombe bien, il paraît que les Français sont de plus en plus enclins à leur faire confiance pour améliorer la situation du pays. Son programme est essentiellement économique, mais pas seulement.

Il se pourrait bien que cette approche fasse la différence, tellement elle est éloignée des clivages traditionnels d'une pratique totalement dépassée de la politique.


14/10 - PSA : macchiavelique famille ?

Ce titre n'est qu'une question. Avant de lire plus loin, vous pouvez vous référer à mes précédentes tribunes sur PSA et la FFP.

Si l'on en croit les rumeurs, PSA ferait entrer Dong Feng et l'Etat pour 15% du capital chacun. Le premier oeuvrera pour le développement en Chine et l'acquisition de savoir faire. Le second sera vigilant sur la partie du "made in France" et la sauvegarde de nos technologies. C'est peu dire qu'ils se contrôleront mutuellement. La Famille garde ses 25% du capital qui lui laissent près de 40% de droits de vote. Dans 6 mois, les 7% de GM lui donneront 10% des droits de vote, mais sera-t-il encore intéressé à rester et ne profitera-t-il pas de l'opportunité de se débarrasser de son bloc.

D'ici 2 ans, la FFP aura peut-être fait fructifier son capital investi dans les affaires de familles "amies".  Elle pourra revenir avec un pouvoir d'achat renforcé investir dans sa filiale automobile redressée sur le plan opérationnel mais pas encore sur le plan boursier.

A moins bien sûr que Dong Feng prenne la FFP de vitesse, rachète les parts de GM ou s'entende avec un gouvernement français devenu impécunieux et forcé de revendre cette participation bien vite acquise.

Les affaires aussi contiennent leur part de suspense.

 

15/10 - Formation des adultes : qui doit payer quoi ?

Surprise lors de l'interview du directeur d'un célèbre centre de formation linguistique (enseignement intensif). Il affirme que l'absentéisme des stagiaires dépend de qui paie la formation.

Ainsi, le stagiaire qui paie lui-même sa formation n'est pratiquement jamais absent.

Le stagiaire dont la formation est payée par son entreprise n'a plus qu'un taux d'assuidité de 50%.

Curieusement, le stagiaire chômeur dont la formation est payée par Pôle Emploi n'a plus qu'un taux d'assiduité de 25%. J'ai écrit curieusement car ce stagiaire devrait non seulement se trouver motivé à ajouter cette compétence à son CV, mais aussi avoir du temps pour la faire sérieusement.

Que chacun en tire ses conclusions personnelles.

 

16/10 - Funestes dépenses

Pour l'Etat, la chose est claire : l'argent public est sacré et l'argent privé peut donc être mis à sa disposition sans véritable limite de montant ou de moyens employés pour se le procurer (flicage, répression, lois rétroactives,sequestration, réquisition, confiscation, ...). Autrement dit, l'argent public a plus de valeur que l'argent privé.

Mais, dans ce cas, que ne gère-t-on mieux l'argent public que l'argent privé ?

La Cour des Compte nous révèle que c'est loin d'être le cas, au plan national comme au plan local : investissements redondants, recrutements clientélistes avec des obligations allégées (moins d'heures de travail, plus de RTT, plus d'absentéisme sans sanction, irresponsabilité généralisée, ...), train de vie supérieur à celui de tous nos voisins européens (de l'Elysée au moindre Conseil Général, en passant par les mairies de grandes villes, des voitures aux cuisines en passant par les voyages, les caves et le mobilier national).

Personne ne se révolte de ce que cet argent si facilement dépensé a été pris à des contribuables dont l'immense majorité vit beaucoup moins bien que les bénéficiaires de ces dépenses.

 

17/10 - Analyses fines

J'observe que beaucoup de décideurs, autrement rationels, ont du mal à passer à l'observation fine des situations et ne décident qu'en fonction de généralités.

Voici un exemple concret : on parle beaucoup chauffage en ce moment, dans les bâtiments résidentiels. J'observe des syndics qui décident de notre température de confort, souvent élevée l'hiver et basse l'été. Ils décident aussi d'assumer la totalité de la charge de chauffage ou de climatisation. Ils ne laissent pas de place à la moindre variation de comportement (ouverture des fenêtres) ou à un complément d'action (usage des cheminées, des radiateurs électriques d'appoint, des lampes infra-rouge ou des couvertures chauffantes).

Sous le prétexte que leur décision est satisfaisante "pour la moyenne", ils briment inutilement et coûteusement une majorité de résidents. Il en découle une insatisfaction puis une exaspération de ces résidents qui commencent à adopter des comportements jugés incivils, notamment cette ouverture répétée des fenêtres qui finit par refroidir tout l'immeuble et pousse à plus de dépenses d'énergie pour obtenir cette température unique de confort.

Il en est de même dans la vie publique. Pour ne prendre ici aussi qu'un exemple, il apparaît que le même assurance chômage pour tous n'est simplement pas adaptée au cas de chacun. Je suggère donc dans mon livre "Redresser le pays, c'est si con?" que l'on adopte des régimes privés d'assurance chômage, différenciés.

 

18/10 - Kafkaien

Comment peut-on continuer à donner la parole à des "experts" supposés évolués et dont tout le raisonnement est pollué par des erreurs et des omissions aussi flagrantes ?

Sans citer le nom de celui qui justifie cette tribune, analysons le vice fondamental dans le débat d'idées que l'on mène en France sur la politique économique : l'hyper-simplification du discours.


"Les cotisations sociales servent à payer des dépenses devenues indispensables. Qui se plaint de recevoir trop de retraite ou trop d'indemnités chômage ?"

Réponse : Ceux qui cotisent trop alors que l'on note des pré-retraites, des périodes de chômage pour raisons de confort, des arrêts maladie pas ou peu justifiés, des abus et des gâchis jamais corrigés, etc.


"Vous proposez un tas de solutions pour travailler plus, mais à quoi servent vos yaka et vos faucon si les entreprises n'embauchent pas ?"

Réponse : Ce sont effectivement les entreprises qui embauchent, à condition toutefois de le pouvoir et de le vouloir. La France ne manque pas de candidats entrepreneurs. Encore faudrait-il qu'on ne les empêche pas d'entreprendre ni d'exercer leur métier principal qui est de produire de la richesse, pas de traiter les tracasseries administratives ou de faire de l'optimisation fiscale.

Les entreprises ne demandent qu'à grandir. Encore faudrait-il qu'on leur laisse les marges nettes pour continuer à investir, et que le capital ne soit plus systématiquement confisqué. A quand une politique de l'offre, comme dans les pays qui marchent ?

 

"L"allemagne ne s'en sort que par une politique de prédation à l'égard de ses partenaires de l'Eurozone. Leur politique peut peut pas être généralisée en Europe."

Réponse : L'Allemagne fait la politique qui est bonne pour elle. Ses partenaires ont voulu faire croire qu'ils faisaient également une politique bonne pour leurs peuples. Mais on voit bien qu'ils ont entretenu le mensonge, à l'égard des autres, ce qui est déjà grave pour la cohésion de la monnaie unique, mais surtout à leur propre égard. Ils se sont mentis sciemment !

Tous les pays se sont confrontés à la réaction des marchés financiers et ont pris les mesures correctives adéquates, les réformes structurelles qui donnent des résultats dans la durée. Sauf la France qui peut se permettre, quelque temps encore, d'ignorer ce qui est déjà arrivé aux autres.

Bravo à sa Majesté le Roi des Pays-Bas pour avoir eu le courage de dire à son peuple que l'on sonnait la fin de l'Etat Providence. Et les Pays-Bas ne sont pas un pays périphérique.

 

21/10 - Retournements

Une étudiante se fait expulser dans des conditions reconnues comme limites !

Le Ministre de l'Intérieur sur la sellette ! Les étudiants dans la rue, a gauche de la majorité se mobilise ! Les explications embarrassées et la décision douteuse du Président !

L'enquête des journalistes de France 2, pourtant pas portés sur la complaisance à l'égard des lois sur l'immigration, montre que le père de l'étudiante refusait de travailler dans son pays et avait décidé de se rendre en France afin d'y vivre sans travailler ... comme chacun sait que c'est parfaitement possible.

Elle, victime symbolique d'une république qui fait de temps en temps respecter ses lois. Lui, victime de sa paresse, de ses refus, de son rêve, de ses abus.

Nous, victimes de nos émotions, des présentations contrastées offertes par les médias, de notre empathie avec ceux qui nous font croire qu'ils ne peuvent rien faire pour s'en sortir par eux-mêmes.

 

22/10 - Yes we could

Il est un vieux démon français qui a disparu du privé, mais qui persévère dans le public. Ce vieux démon peut être dénommé comme le syndrome du "Yes we could".

Il est une époque où les industriels français partaient au Japon observer les causes de leur formidable productivité. Ils y constataient nombre de moyens (outils, méthodes, prodédures, technologies, ...) qui augmentent la productivité et qui n'existaient pas en France, dans leurs usines. Et, trop souvent, ils avaient l'air déçus et disaient : "Ca, on connait. On sait faire." Ma réplique était invariablement : "Et vous le faites ?" Et la réponse était soit un silence, soit :"Non. On ne le fait pas."

Depuis cette époque, l'industrie française a fait bien plus de progrès que l'industrie japonaise. C'est d'ailleurs un peu pour cela que Renault a pu devenir le premier actionnaire de Nissan.

 

Les temps n'ont pas vraiment changé. Régulièrement, nos médias montrent nos ministres en voyage partis observer comment le Canada ou tel autre pays s'est relevé de ses importants déficits budgétaires. Bien. Il ne reste plus qu'à le faire.

 

23/10 - Rotation des passifs

Les investisseurs connaissent bien ce que les gestionnaires appellent la "rotation des actifs". En fonction des étapes du cycle économique, des modes ou des excès qu'il convient de corriger, les investisseurs passent massivent d'une classe d'actifs à une autre. Depuis quelques mois, par exemple, ils ont délaissé les grandes valeurs de croissance (ex. Air Liquide, Essilor, LVMH) pour se porter sur des valeurs cycliques (Arcelor Mital, GDF Suez, Orange).

On me demande souvent quand les taux sur la dette française pourraient monter, voire exploser, comme ça s'est passé dans nombre d'autres pays de l'Eurozone. Je crois maintenant que la bonne réponse tient dans la rotation des passifs.

Les crises affectent d'abord les pays qui font la première page des journaux, comme les USA pendant le Shut Down, ou, ce matin, la Chine avec l'alerte sur la solvabilité de ses banques. Elles affectent ensuite les pays jugés les plus faibles à court terme. Les pays de l'Eurozone étant protégés par les déclarations du patron d'une banque respectée par sa puissance et sa politique financière, ils ne sont pas jugés immédiatement vulnérables. Alors que les pays émergents ont été directement frappés par les déclarations préalables de Bernanke sur une fin programmée des politiques accomodantes. Parce qu'ils ne sont pas protégés.

Concrètement donc, la réponse sur la rotation des passifs pousse à attendre que la France arrive sur le devant de la scène ou soit jugée immédiatement vulnérable.

 

24/10 - Fiscalité rétroactive

Au risque de m'attirer quelques marques d'incompréhension, je ne partage pas la violence des critiques contre le relèvement à 15,5% des prélèvements sociaux sur les revenus du PEA depuis son origine. Et ceci, bien que j'en sois une des principales victimes.


Explication :

Je partage les critiques, notamment celle qui tient à la méfiance généralisée que l'Etat entretient ainsi par ses lois rétroactives. Mais, depuis que le monde est monde, le pouvoir du Prince s'applique. La méfiance à l'égard de l'Etat ne date pas d'hier et n'est jamais injustifiée dans ce pays. Autant dire que la nouvelle fiscalité de l'épargne nichée dans un PEA ne doit pas nous étonner. D'ailleurs, n'avait-on pas déjà supprimé l'avoir fiscal ? N'avait-on pas instauré les premiers prélèvements obligatoires sur ces placements qui devaient n'en comporter aucun ?

Pour continuer à donner de la voix avec les critiques, je dois simplement m'interroger sur la poursuite de cet alourdissement fiscal, sur la stratégie systématique de confiscation de l'argent, où il se trouve, afin d'alimenter des dépenses de moins en moins excusables, pour une part significative.

 

Inversement, je considère aussi qu'un prélèvement de 15,5%, tout compris, reste acceptable et n'est pas encore dissuasif. J'en tire donc la conséquence qu'il aurait été souhaitable que le législateur augmente également le plafond du PEA, ainsi que la flexibilité de ses règles de fonctionnement (ex. un détenteur qui a prélevé une fois de l'argent à partir de son PEA ne peut plus y remettre un euro).

Une augmentation significative du plafond du PEA aurait pour intérêt d'inciter plus de Français moyens à investir dans les fonds propres des entreprises et, pour une part de ces Français aisés, de les dissuader de partir à l'étranger pour de futiles raisons de confiscation fiscale. Car, face à notre enfer, les paradis tendent les bras à ceux qui font la preuve de leur capacité d'investissement.

 

25/10 - Cadeau

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25/10 - Merci Madame Lagarde

A quoi joue le FMI en proposant de réduire les dettes souveraines en ponctionnant, en une fois, 10% des patrimoines financiers des ménages ? Selon lui, les Etats reviendraient ainsi à leur niveau d'endettement de 2007, soit avant la crise des subprimes.

OK. Projetons-nous en France, quelque part au second trimestre de 2014. Bercy travaille sur une telle suggestion, en regarde les aspects techniques et la discussion s'installe entre l'administration, représentée par Monsieur Martin, sous-directeur à la Direction de la Créativité Fiscale, et son ministre de tutelle, le Ministre du Budget.

Martin : Monsieur le Ministre, voici le dossier sur la taxe exceptionnelle de 10% du patrimoine financier des Français. Elle nous rapportera 400 milliards d'euros.

Ministre : Merci. Je suis content de voir, une fois de plus, la France prendre l'initiative en matière fiscale. Avec son histoire, sa situation économique et sa majorité aux affaires, la France ne pouvait pas manquer ce rendez-vous. Résumez-moi votre dossier sur les aspects techniques de ce prélèvement. Quels sont ses inconvénients ? 

Martin : Assez peu. Les marchés baisseront à cause des ventes d'une partie des portefeuilles mobiliers et immobiliers nécessaires au paiement de l'impôt, comme ça se passe d'ailleurs pour ceux qui assument aujourd'hui les plus hautes contributions à l'ISF. Mais comme chacun est soumis au même impôt, la notion de justice sera reconnue.

Ministre : Combien d'épargnants seront touchés ?

Martin : Comme vous le savez, Monsieur le Ministre, la France est un des pays qui épargne le plus. C'est d'ailleurs également une raison pour laquelle cet impôt rapportera autant. Nous aurons environ 40 millions de contribuables concernés par un prélèvement qui représentera au moins un mois de leurs revenus.

Ministre : Mais c'est impossible. Cette mesure est une condamnation politique quasi-définitive. Les bobos et les petits épargnants ne nous ont pas élus pour que nous les mettions sur la paille. Pensez à une taxe progressive.

Martin : Nous avons anticipé votre réaction, Monsieur le Ministre. Vous verrez dans les dernières pages notre suggestion d'un impôt progressif, basé sur une fonction logarythmique du patrimoine. Pour les tranches inférieures à un million d'euros, on paiera 9% entre 500.000 et un million, 8% entre 250.000 et 500.000, 7% entre 125.000 et 250.000 et ainsi de suite. Pour les tranches supérieures à un million, on paiera 10% entre un et 2 millions, 11% entre 2 et 4 millions, 12% entre 4 et 8 millions et ainsi de suite.

Ministre : Et il rapporte combien ?

Martin : A peine moins, Monsieur le Ministre. Mais vous pouvez être certain du départ d'un certain nombre de grands riches. Ce sera leur dernière contribution au budget de l'Etat.

Ministre : Tant qu'à les voir partir, Martin, faites-moi donc une proposition qui renforce encore la progressivité de ce prélèvement exceptionnel. Merci Martin.

 

28/10 - Lee Kuan Yew sur "Law & Order"

Je ne recommanderai jamais assez le livre "The Grand Master's Insights on China, the Unites States and the World".

LKY fut le président quelque peu autocratique de Singapour qu'il a transformé, en une génération, d'une cité-état pauvre en pays parmi les plus avancés, les plus riches, les plus ouverts au monde. Sa vision est difficilement attaquable car il ne parle que de ce qu'il connait.


Ce matin, je vous transmets simplement sa pensée sur Law & Order.

Pour être respectée, la loi doit être respectable. Mais la société doit aussi se trouver dans un état d'ordre, faute de quoi des territoires deviennent "de non-droit", qui se multipient rapidement.

On voit comment les Français refusent trop souvent et l'Ordre et la Loi, comment le risque devient bien réel d'un désordre de moins en moins bien assumé par les élus. Les récentes affaires sur l'immigration, les expulsions et les nouveaux impôts illustrent la confusion et le désarroi des uns et des autres.

Et la situation pourrait bien empirer si on laisse, par exemple, la seule intolérance du FN s'opposer à l'intolérance d'un certain islamisme.

Pour le moment, contentons-nous d'avoir un ministre de l'intérieur fort et populaire, donc fort populaire et qui devrait être un exemple pour d'autres élus si faibles et impopulaires, donc fortement impopulaires. Allez comprendre !

 

29/10 - Lee Kuan Yew sur la démocratie

Pour LKY, la démocratie n'est pas le meilleur moyen de gouvernance pour tous les peuples du monde.

Les pays les moins développés doivent se doter d'un pouvoir éclairé, mais fort. Il constate que la Chine gouvernée par un parti unique se développe beaucoup plus vite que l'Inde avec sa multitude de partis.

Les pays développés, gérés dans le cadre d'une démocratie "une personne = une voix", ont tendance à mettre au pouvoir des dirigeants qui leur font des promesses exagérées, comme celle consistant à ce que l'Etat subvienne à tous les besoins des populations. La dérive évidente de ces régimes, pour LKY, est ce que les Américains nomment la "démocratie assistée", quand le nombre des électeurs qui vivent de l'argent de l'Etat est supérieur au nombre de ceux vivant de leur travail et de leur investissement dans l'économie de marché.

LKY suggère que les parents d'enfants mineurs puissent bénéficier d'une voix supplémentaire, du fait de leurs responsabilités et de leur nécessaire vision à moyen et long terme.

Pour ma part, j'aurais bien suggéré que les électeurs payant l'impôt sur le revenu bénéficient d'une seconde voix parce que ce sont eux qui financent en priorité les dépenses d'Etat quand les autres tendraient plutôt à la creuser.

Encore une fois, tout est dans la mesure ...

 

30/10 - Génération Entreprises

Il s'agit d'une initiative parlementaire (O. Dassault & JM Fourgous) qui réléchissent à l'avenir économique de ce pays en y associant des entrepreneurs.

Hier, on y présentait l'état de l'opinion publique en octobre : désastreux !


Mais mon propos du jour concerne deux autres sujets :


1. 83% des Français pensent que l'ISF est un bon impôt. Réaction d'Olivier Dassault: l'opinion est généralement favorable à un impôt qu'elle ne paie pas.

C'est exact. Cela nous interpelle sur la pédagogie à mettre en oeuvre pour retirer cette taxe si néfaste à notre économie.


2. Constatant que les Français gagnent en maturité économique, je demande s'ils gagnent également en maturité politique. Refuseront-ils désormais de voter pour celui qui fait des promesses auxquelles ils auraient envie de croire et choisiront-ils un candidat qui leur promet du sang et des larmes pour redresser le pays ?

Je reçois comme réponse que les temps ont changé et que la démocratie, telle qu'elle est organisée en France, a peu de chances de laisser la place à un homme providentiel.

"Si aujourd'hui de Gaulle revenait, il serait lynché par les médias bien avant d'acquérir un réel pouvoir électoral."

Ce qui nous ramène au bulletin d'hier sur la démocratie.

 

31/10 - L'économie est de droite, la politique de gauche

Plus je lis et plus j'entends les "experts", plus je constate que ceux de droite ne peuvent pas rencontrer ceux de gauche ... et vice-versa.

Dans 90% des cas, l'expert de droite vous présentera des propositions en décalage avec les connaissances, l'expérience et/ou les desiderata de l'opinion et de l'électorat. Ces propositions n'ont donc que peu de chances de voir le jour.

Dans 90% des cas, l'expert de gauche présentera des propositions qui, afin de rétablir une improbable égalité, seront économiquement et fiscalement contre-productives. Ces propositions, malheureusement plus en phase avec l'opinion publique, verront parfois le jour, avec les désastreux résultats que l'on constate sur le chômage, l'exil des élites, le taux de pauvreté, ...

Vous me direz que, dans 10% des cas, chacune des classes d'experts parvient à proposer des mesures qui obéissent aux lois de l'économie politique. C'est vrai. Je connais aussi des horloges qui ne sont pas remontées depuis des lustres et qui indiquent encore l'heure exacte deux fois par jour.