Archives Novembre 2013

   

01/10 - Assurance chômage (1)

Les Français sont attachés à leur assurance chômage ... comme le chien à sa niche, semble-til. Certes, cette assurance les protège contre les duretés de la vie. Mais on en sous-estime les inconvénients :

1. Sa cotisation renchérit le coût du travail et, de ce fait, elle contribue au chômage

2. De même, elle réduit le pouvoir d'achat des salariés en activité

3. Elle déresponsibilise tant les individus que les groupes souvent manipulés par les syndicats les plus politisés. Ils peuvent ainsi sembler oublier que le travail est une richesse et une bénédiction, pour se laisser aller à la désinvolture ou se lancer dans des revendications exagérées.

4. Elle est une aubaine pour de trop nombreux salariés qui jouent avec les règles pour en tirer un revenu régulier (saisonniers, intermittents, ...)

5. Pôle Emploi n'est pas le meilleur outil pour traiter ce très important problème social. Le système et ses agents transforment trop souvent des chômeurs occasionnels en chômeurs de longue durée.

 

Alors, que conviendrait-il de faire ?

Ma réponse dans les prochains bulletins.


04/11 - Assurance chômage (2)

Sur le plan de son fonctionnement, l'assurance chômage souffre de quelques défauts également :

1. Le fait qu'elle apporte une disparité entre salariés du privés et salariés du public. La disparité va bien au-delà des écarts financiers entre les uns et les autres. Comme son système est gouverné par la loi, il est voté par l'ensemble des Français alors qu'il devrait être décidé par ceux-là mêmes (et seulement) qu'elle concerne.

2. Elle est unique pour tous les salariés du privé : ni choix, ni personnalisation, ni prise en compte de situations particulières, ni régimes incitatifs ou dissuasifs, ni pilotage, etc. C'est, comme autrefois l'aspirine, le même remède pour tous les patients et toutes les maladies.

3. Elle est gérée par les partenaires sociaux, autant dire par les syndicats. Ceux-ci y recrutent leur clientèle privilégiée, qui cumulent les 30 heures payées 35, les congés scolaires et les RTT, l'absentéisme, l'absence d'objectifs, la retraite anticipée, etc. Cadres performants, s'abstenir.

4. Quand l'objectif de l'assurance chômage et de ses outils devrait être de faire reculer le chômage en France, on voit que tout ce qui est fait dans ce sens n'est qu'un habillage, une apparence. Y a-t-il quelqu'un qui soit payé pour effectivement redonner un emploi à ceux qui n'en ont pas ? Ni les agents ni les services de Pôle Emploi n'ont d'obligation de résultats, ni même de moyens.

 

05/11 - Assurance chômage (3)

Ma proposition est de redonner tous son sens à l'appellation "assurance chômage".

Laissons donc les assurances élaborer les bons produits, sur mesure, de prise en compte du chômage considéré comme un accident, c'est-à-dire comme un événement indépendant de la volonté de la victime.

Même si la loi continue à réglementer ce système, laissons une part d'appréciation de sa couverture à l'assuré, et donc une partie variable dans sa cotisation.

Une fois privatisée, l'assurance chômage sera non seulement beaucoup mieux gérée, pertinente c'est-à-dire en adéquation avec ses objectifs, moins coûteuse donc favorisant la compétitivité du travail par les coûts.

Les assureurs auront à coeur de remettre chaque chômeur au travail le plus tôt possible et il est probable que chaque agent oeuvrant dans ce sens sera, aussi, payé aux résultats.

Quant aux chômeurs multi-récidivistes, il verront à la fois leurs primes (cotisations) augmenter et leurs bénéfices (indemnités) diminuer à mesure qu'ils cumulent les "accidents". Alors, peut-être, seulement, cessera-t-on de constater que tant d'offres d'emplois, y compris avec la formation offerte, restent à l'affiche durant des mois.


06/11 - La presse étrangère se pose des questions

La France est raremement considérée comme un loser à l'étranger. Pourtant, la cote de notre pays à l'étranger diminue parallèlement à la cote de notre président normal en France.

De plus en plus d'articles et d'éditoriaux, confondant la France avec les élus de l'actuelle majorité, nous méprisent de venir leur expliquer pourquoi c'est nous qui avons raison de piétiner toutes les règles de l'économie moderne et que, après avoir mangé le pain noir de l'hyper-fiscalisation, notre avenir est radieux.

La communication de nos élus à l'étranger leur rappelle ces magnifiques affiches de travailleurs soviétiques, illuminés par un soleil couchant, regardant loin vers le haut, leur avenir radieux. Une communication de l'entre-deux-guerres. 

Vous connaissez la suite !


07/11 - Ce n'est pas parce que les Français sont des cons ...

... que les Allemands sont des salauds.

On voit beaucoup de German bashing dans nombre d'instances nationales et internationales.

Globalement, on leur reproche d'être un pays qui réussit trop bien et qui impose une rigueur monétaire, donc budgétaire, à ses partenaires européens.

Nous aurions été les victimes (consentantes) de leurs bonnes décisions en matière d'économie politique.

C'est bien le propre des irresponsables de toujours se déclarer victimes.

Si on avait un doute sur la zone de responsabilité où nous nous trouvons, le voici levé.

Mais, bien sûr, nous continuerons à vouloir intervenir dans les affaires des autres.

Incorrigibles Français.

 

08/11 - Eloge de l'inflation

Vous vous souvenez peut-être de ma tribune du 10 octobre: apologie de l'inflation.

L'éloge qui est ci-dessous n'est pas le mien, mais celui de Mario Graghi citant les pères fondateurs de l'Euro. Aujourd'hui, la BCE soutient un objectif d'inflation "à 2% mais pas au-dessus".

Et il donne 4 raisons à cet objectif de 2% :

1. Il faut admettre une marge d'erreur dans la mesure de l'inflation. Cette marge d'erreur est de l'ordre de 2%. Si on vise 1%, on peut s'y croire et se trouver, en fait, à -1%, donc en déflation.

2. Il faut avoir un minimum d'inflation pour permettre à des économies différentes partageant une même monnaie de s'adapter. L'adaptation se faisant par les prix, elle est plus facile avec de l'inflation que sans.

3. Un peu d'inflation facilite la politique monétaire de la banque centrale en l'accompagnant dans ses initiatives (autrement dit la politique accomodante et les références déjà mentionnées dans l'article du 10 octobre).

4. Notamment quand la conjoncture est plate, un peu d'inflation, couplée à des taux nominaux bas, permet d'avoir des taux réels négatifs, ce qui est d'autant susceptible d'aider la consommation et l'investissement.

Merci, cher Mario, pour cette leçon d'économie monétaire.

 

18/11 - Les Français de l'étranger

Le seul fait de se rendre souvent à l'étranger, en ces temps difficiles, vous fait approcher par des Français qui y sont déjà ou envisagent de s'y expatrier.

Je perçois une nouvelle raison de s'expatrier, après la fiscalité, la liberté et la facilité d'entreprendre, le coût de la vie, etc.

Cette nouvelle raison, c'est la possible implosion de l'administration française dans son ensemble : à force de dépenser plus qu'elle ne produit (ou qu'elle ne peut prélever), elle se met en danger et nous pourrions assister à une crise financière qui remettrait en cause, dans le désordre, notre système de santé, nos retraites, nos assurances, la protection de nos biens, l'éducation de nos enfants, ... et la paix civile.

Alors, ces Français préfèrent aller dans des pays où ce type de risque est moins marqué qu'en France parce que l'Etat ne se mèle que de ses affaires régaliennes et ne risque pas l'intégrité des systèmes de protection par son incapacité à en laver l'incurie.

 

19/11 - Que fera François Hollande ? (1)

J'écoute Nicolas Doze, ce matin sur BFM.

Je l'entends expliquer pourquoi le premier ministre ne pourra pas faire la remise à plat de la fiscalité, comme il l'a promis. Et je retiens les 3 propositions qu'il presse l'exécutif de mettre en oeuvre MAINTENANT :

1) Remplacer le CICE par une baisse importante et durable de l'IS

2) S'attaquer aux régimes spéciaux de retraite

3) Relever la TVA normale de 19,6 à 21% et la TVA réduite de 7 à 7,5%, avec des compensations sur la réduction des charges salariales.


Vos propositions, Cher Nicolas, sont économiquement fort bien fondées. Mais ne remarquez-vous pas qu'elles vont finir de couper cette majorité de sa base ?

1) Son aile gauche

2) Les fonctionnaires et les salariés des divers services publics

3) Ceux qui sont prêts à se battre pour conserver leur pouvoir d'achat.

Jusqu'où tomberait la popularité du président avant une bien improbable remontée?

 

Par ailleurs, vous proposez à l'actuel président de manger son chapeau, en oubliant à quel point il a mis du coeur à défaire ce qu'avait fait son prédécesseur.

 

20/11 - Que fera François Hollande ? (2)

Ce qu'il fait en ce moment : il met son premier ministre à l'épreuve du défi, le défi de refondre la fiscalité française ! Notre président est sans illusion, les Français non plus. Mais le projet pourrait occuper le gouvernement jusqu'aux prochaines élections municipales, sur lesquelles embrayeront les européennes.

Le projet permettra-t-il au gouvernement d'améliorer son score de popularité ? C'est peu probable. D'une part, le déficit budgétaire sera nettement supérieur aux anticipations du fait de la moindre rentrée des recettes. D'autre part, personne ne croira que l'intention du gouvernement ne  consiste pas à utiliser la remise à plat de la fiscalité pour augmenter encore ses prélèvements sur la richesse des français.

Donc, l'actuelle majorité perd deux élections, l'une locale et l'autre européenne. Les remaniements n'y changeraient rien. D'ailleurs la grande refonte confiée au gouvernement interdit un remaniement en cours de projet.


Mon scénario préféré est donc une dissolution du parlement qui donne trois avantages à l'actuel président :

1) les partis alternatifs ne sont pas prêts et auront du mal à gouverner

2) Hollande pourra faire valoir qu'il ne s'accroche pas au pouvoir et, ensuite, qu'il essaie de protéger les Français de la politique de rigueur de la nouvelle majorité

3) En 2017, les électeurs auront oublié la totale incurie de cette majorité et pourra la remettre aux manettes, pour 5 ans cette fois.

 

Mieux vaut s'y préparer tout de suite !

 

26/11 - Parallèle

Je rencontrai mon médecin hier, pour une visite préventive. Je me disais que le système de santé français ne marche pas si mal, qui m'a toujours soulagé de ce que j'avais. Maintenant, il fait mieux en m'évitant d'avoir ce dont il devrait ensuite me soulager. La médecine préventive est un gros progrès sur la médecine curative.


Ce matin, je me dis que l'administration fiscale française fait de même. Elle me soulage de ce que j'ai : si je parviens à gagner quelqu'argent, elle m'en soulage de plus en plus efficacement. Et je comprends que le grand projet de refonte total du système fiscal est aux impôts ce que la médecine préventive est à la santé. Grâce à cette refonte, je me sentirai totalement protégé du risque de devenir riche un jour puisque même la CSG sera progressive.

Après ça, la richesse sera probablement totalement éradiquée de ce pays, comme la rage ou la polio au cours du siècle dernier.

 

27/11 - Philippe Varin

Chacun peut tirer sa conclusion personnelle de l'affaire de la retraite chapeau de Monsieur Varin. Ma conclusion s'accorde au pluriel :

1. Compte tenu du profil choisi par la famille, Philippe Varin n'a absolument pas démérité. Mon livre sort cette semaine, "La revanche des Peugeot", qui montre que, depuis l'arrivée en fonctions des cousins Thierry et Robert Peugeot à la tête du Conseil de Surveillance de PSA pour le premier et de la direction générale de la FFP pour le second, les objectifs fixés aux dirigeants successifs de PSA étaient inatteignables.

2. On compare aujourd'hui les mérites respectifs d'un patron "généraliste" comme M. Varin et d'un patron "du sérail" automobile comme M. Tavares. Partout ailleurs dans le monde, un groupe de construction automobile aura raison de choisir un vrai spécialiste de l'automobile. En France, je ne suis pas certain de ne pas lui préférer un homme de réseau, de caractère, à la limite de la diplomatie et de la politique, tellement sont excessifs les pouvoirs (de nuire) de l'Etat et des syndicats.

3. Le message adressé aux grands dirigeants est clair : il ne s'agit pas seulement de l'actuelle majorité, c'est toute la presse et l'opinion publique qui s'émeut des diverses formes de réussite et de ses retombées financières. Peu importe comment vous l'avez gagnée (avec quand même de l'indulgence pour le Loto, un peu moins pour les footballers et les artistes, aucune pour les dirigeants d'entreprises), votre fortune énerve, chagrine, met en colère, suscite les convoitises ... et justifie tout ce qui sera mis en oeuvre pour vous la reprendre.

 

28/11 - Brique après brique ...

... nos gouvernements successifs partiquent un socialisme qui isole la France du reste du monde. La politique des petits pas, chaque fois justifiés par des raisons différentes.


Lundi, on se plaint des travailleurs venus du reste de l'Europe. Il y aurait des abus à les rémunérer au niveau français mais en leur appliquant les prélèvements sociaux de leurs pays d'origine. Moi qui, stupidement je l'admets, pensais que l'abus était du côté de nos prélèvements et de leur complexité.


Mardi, on menace de fermer l'agence qui regroupe les achats publics sous le motif qu'elle n'achète pas assez français. Il ne nous suffit donc pas de promouvoir le "made in France", nous allons aussi l'imposer. L'Etat a une réflexion intéressante, qui croit dur comme fer à la procédure des appels d'offres et à la mise en concurrence et qui s'oppose tellement à ce que ses contribuables, entreprises ou particuliers, le mette en concurrence quand il s'agit de fiscalité. La preuve :


Mercredi, le parlement vote une mesure destinée à baisser le niveau à partir duquel s'appliquera l'"exit tax". Autrefois réservée aux vrais riches, la procédure de paiement d'avance des plus-values potentielles aux candidats à l'expatriation s'appliquera désormais à partir de 800.000 euros. Pour se faire une idée, un artisan qui prend sa retraite à 62 ans et a encore une espérance de vie de 30 ans ne recevra que 2.000 euros par mois (revalorisé de l'inflation) en confiant 800.000 euros à une assurance spécialisée dans la rente viagère. Imaginez qu'il doive se faire reconstruire une maison ... La richesse commence désormais à bien moins que 2.000 euros par mois et je dois m'attendre à ce que ce chiffre baisse encore avec les trimestres qui passent. C'est donc aussi brique après brique que l'argent quitte la France, chacun espérant que la fenêtre ne se referme pas trop vite.

 

29/11 - Banques européennes

Une étude, sérieuse semble-t-il, révèle que les banques "du sud" de l'Europe ont un besoin de recapitalisation de 288 milliards d'euros d'ici la fin 2014.

Pas de quoi affoler le grand public qui n'a pas à se soucier de la façon dont une telle somme peut être investie dans les fonds propres d'une finance mal aimée.

Et, pourtant, ceux qui connaissent les conséquences d'un échec dans ce domaine ne peuvent qu'avoir le frisson pour toutes les économies européennes, l'épargne des ménages, la trésorerie des entreprises, le maintien de l'euro, etc.

Cet article est court ... et pourtant je vous incite à le méditer et à faire votre propre homework pour protéger votre patrimoine.

 

 

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