Archives Mars 2013

26/02 - La vraie stratégie de F. Hollande (1) : incapable ou victime

Les résultats des élections italiennes, que je ne souhaite pas commenter à chaud, m'offrent par contre l'occasion de commencer une réflexion sur la vraie stratégie de notre président, si elle existe. Ce sera donc le sujet de mes prochains billets.

 

Le commentaire le plus souvent entendu au sujet de la politique gouvernementale est qu'elle ne répond à aucune stratégie.

Pour certains, cette majorité serait menée par des incapables qui n'ont d'ailleurs jamais eu l'occasion de faire leurs preuves à des responsabilités comparables. On constate donc des actions brouillonnes et contradictoires : annonces décalées, contredites, divergentes ou décisions confiscatoires suivies de mesures contraires, promesses stupides d'un avenir meilleur, forcément retoquées par d'autres instances avant de l'être par la réalité, etc. Nous avons tous des exemples quasi-quotidiens de ces éléments à charge.

Pour d'autres, nos gouvernants seraient les victimes d'une situation intenable, pris qu'ils sont entre une ancienne équipe supposée détestée par l'opinion (en fait, de moins en moins avec les mois qui passent) et une gauche radicale qui ne fait aucun cadeau. L'Exécutif doit donc donner des gages à ses radicaux avant de revenir à des décisions moins nuisibles. D'où les contradictions déjà mentionnées ci-dessus.

 

Peut-être ... ou peut-être pas ! Réflexion à suivre ...

 

27/02 - La vraie stratégie de F. Hollande (2) : piégé ou piégeur

Depuis VGE, la droite est moins à droite. Les 30 glorieuses étaient plutôt pro-business. Peu à peu, sous les coups de boutoirs de la mondialisation (concurrence des pays neufs, rappelez-vous l'invasion japonaise, l'augmentation des prix de l'énergie, le big bang financier, etc.), notre réponse a constamment été d'aider "les plus démunis".

Chirac a ainsi dénoncé la "fracture sociale" et Sarkozy lui a emboîté le pas jusqu'à la fin de sa dernière campagne en promettant d'aligner la fiscalité des revenus du capital sur celle des revenus du travail. Certes, Sarkozy a pu faire le pari que son adversaire s'approprierait cette promesse, en oubliant même d'exonérer de ces revenus à la fois l'inflation et la prime de risque (comme d'imposer une entreprise non pas sur son bénéfice, mais sur son chiffre d'affaires).

Cette promesse est devenue la mesure phare de la nouvelle majorité, avec toutes les conséquences économiques que l'on commence à observer et qui n'iront qu'en s'aggravant. Avec sa promesse, Sarkozy pensait piéger son adversaire en cas de victoire de ce dernier. Le piège se refermerait grâce aux marchés financiers qui comprendraient la direction de l'économie française et la sanctionneraient en conséquence.

Hollande ne manque pas de conseillers sur les effets de sa fiscalité sur le capital. Mais il les accepte. Il sait que la France est riche, l'épargne abondante. Surtout, il a compris qu'une majorité de Français vivent maintenant de l'argent de l'Etat (56% du PIB) et que cette majorité est la sienne. Sa réforme ne diminuera pas les inégalités sociales : les riches seront moins riches mais les pauvres seront plus pauvres et plus nombreux. Une politique de "plus d'Etat" ne peut qu'ancrer la France dans plus de socialisme.

D'autant que ...

 

28/02 - La vraie stratégie de F. Hollande (3) : visionnaire ou démagogue

... d'autant que Hollande a pris la mesure de la situation européenne.

Comme c'est décrit dans "Le Cours", la France est la charnière entre ces pays pauvres (du Sud) du fait de leur mauvaise politique économique passée et ces pays riches (du Nord)du fait de la qualité de leurs choix et de leur discipline.

 

Hollande aurait pu décider d'aligner la politique de la France sur celle des pays du Nord de l'Europe, jouant l'exemplarité et donnant la priorité à ces mesures pro-business susceptibles de créer plus d'emploi, de richesses, de revenus pour l'Etat, de compétitivité internationale, et moins de déficits budgétaire et commercial. Mais il aurait été le dernier de cette alliance là.

 

Il a préféré se placer en porte-parole des pays qui souffrent  la fois de leurs erreurs passées et de la nécessaire potion de redressement : Grèce, Espagne, Italie, Portugal. Il sait aussi que la coalition allemande n'est pas aussi solide qu'elle le parait et il aimerait rendre à Madame Merkel la monnaie de sa pièce (elle avait refusé de recevoir le candidat Hollande) en la mettant dans une position impossible.

Il va utiliser des arguments pour mettre l'Europe, toute l'Europe dans sa poche :

  • Trop d'austérité va à l'encontre de l'objectif économique de réduction des déficits publics et des dettes souveraines
  • Trop d'austérité met les peuples dans la rue et crée un autre aléa, celui des populismes, voire des nationalismes, en tout cas un rejet de l'Europe
  • La politique de la BCE, d'un euro fort, est un frein à la compétitivité malgré les efforts engagés par les pays les plus déterminés (Espagne, Portugal, Grèce, Italie)
  • La conditionnalité mise par Mario Draghi au rachat de dette souveraine par les pays qui le demandent n'est pas en ligne avec les pratiques des autres grandes régions économiques du monde (Etats-Unis, Japon, Royaume-Uni), lesquels exigent plus de souplesse de leur banque centrale.

Bref, en mettant son poids avec les demandes des populations des pays du Sud, F. Hollande légitime ces demandes et range ces populations derrière lui. Ceci lui permet de parler plus haut et plus fort aux fonctionnaires (forcément non-élus) de Bruxelles et de Francfort. Il leur tient à peu près ce langage :

"Vos exigences et vos maladresses sont mal comprises des peuples, sont contre-productives et font prendre un risque aux institutions que vous représentez. Laissez-moi vous expliquer ce que nous voulons..."

Dans la mise en oeuvre de cette stratégie, F. Hollande a, jusqu'à présent, assez bien réussi. Il marque des points contre les Allemands et les fonctionnaires européens rigoristes, contre la finance et les rentiers, donc aussi contre les vieux (n'a-t-il pas dit dans son discours d'élection qu'il mobiliserait tous les pouvoirs à sa disposition en faveur des jeunes ?)

Oui ! Sauf que ...

 

01/03 - La vraie stratégie de F. Hollande (4 et fin) : merci Tonton !

... sauf qu'en flattant les faiblesses des peuples du Sud (plus cool que travailleurs, fraudeurs, assistés, trop peu fiables, ...), F. Hollande sait qu'il établit son influence sur le sable économique, celui dans lequel on s'enfonce, et sur le volcan social, celui qui mène à la guerre civile, à laquelle succèdent souvent un régime autoritaire puis, parfois, la guerre tout court.

Il sait que les prêteurs ne le suivront pas beaucoup plus loin sur cette voie.

 

Mais il peut espérer la conjonction de deux événements :

  • une crise de la dette souveraine française, enfin, qui l'obligerait à prendre des mesures plus favorables à l'économie à moyen et long terme qu'aux populations à court terme, et
  • un assouplissement général des disciplines communautaires par rapport à leur plus récent pic de rigueur, afin de prendre un virage plus lent et plus facile vers le redressement budgétaire et la réduction du poids de la dette.

 

Il pense évidemment pouvoir obtenir de la BCE une politique plus inflationniste que ce que souhaiteraient les seuls Allemands. Les bénéfices seraient :

  • la diminution du poids de la dette de l'ampleur de l'inflation
  • un affaiblissement de la valeur de la monnaie
  • une amélioration de la compétitivité du travail européen.

Ce serait alors au tour de la France de tirer les autres pays de l'Eurozone vers le bas, les pays du Nord étant naturellement disciplinés et les autres pays du Sud plus récemment disciplinés et nettement plus libéraux que la France.

 

F. Hollande aurait donc le loisir de laisser partir sa gauche radicale, comme Tonton l'avait fait de ses alliés communistes.

Ce n'est pas grave : les alliés écolos n'ont obtenu leurs sièges au Parlement que grâce à un accord électoral que F. Hollande n'aurait jamais négocié s'il avait été à la tête de son parti. Leur poids politique sera d'autant moins important que d'autres priorités (que l'écologie radicale) viendront s'imposer aux Français.

 

Ceci clot les billets traitant de la possible stratégie de F. Hollande.

 

04/03 - Manque à gagner de la TIPP

Mes lecteurs savent que je ne suis pas un écolo radical. Mes proches savent mon attachement au Diesel, moteur économe, coupleux et confortable. Je n'approuve pas les "sorties" de la Cour des Comptes hors de son domaine de compétences, ni même l'appellation de "manque à gagner" tant qu'on n'a pas imposé une assiette au taux de rejet : rejet par les contribuables ou par l'assiette qui disparaît.

 

Ayant écrit ceci, je ne suis pas défavorable à un meilleur équilibre entre la fiscalité sur l'essence et celle sur le Diesel, essentiellement pour des raisons de pollution et ses effets sur la santé. Et également afin d'obtenir un meilleur équilibre entre la production et la consommation de ces deux carburants en France et en Europe.

 

Plus généralement, une hausse de la fiscalité sur les carburants contribuera un peu à améliorer toute l'équation de la recherche et du développement de solutions moins gourmandes, voire alternatives. Les consommations de nos voitures ont déjà beaucoup baissé en 10 ans. Avec l'hybride et l'électrique, les marges de progrès sont encore importantes. Ainsi, une hausse des taxes sur les carburants, partiellement compensée par des aides à la recherche et à l'adoption de mesures économes n'est pas stupide.

 

Surtout, au niveau d'un continent comme l'Europe, j'avais démontré qu'une hausse de la fiscalité sur les carburants pouvait en diminuer la consommation, donc la demande et donc les prix auxquels les pays exportateurs nous le vendent. Cette démonstration se renforce encore si l'ensemble des pays consommateurs rehaussent leur fiscalité sur les produits pétroliers. Dans ce contexte, on pourrait donc assister à un transfert de recettes pétrolières des pays exportateurs vers les pays importateurs.

Ce dont les pays importateurs ont généralement besoin.

 

05/03 - Accords sur le travail

Ce n'est pas un hasard : le rapport des Français au travail ressemble au rapport qu'ils ont avec l'argent. "Je t'aime, moi non plus !"

J'ai souvent constaté que le vie se comporte comme un miroir : ce que vous aimez vous aimera en retour ... et inversement !

Il est écrit dans "Le Cours" que si les Français n'aiment pas l'argent, il pourrait bien le leur rendre. On constate maintenant la même chose concernant le travail.

Nous connaissons autour de nous des pays où l'on travaille beaucoup plus qu'en France et leur taux de chômage est généralement faible.

Je suggère une grande réflexion qui porterait sur l'importance du travail dans notre société, dans notre économie, dans notre vie. En voici quelques axes :

  • Un dicton dit "Si tu n'as pas ce que tu aimes, aime ce que tu as." Comment peut-on réconcilier les travailleurs avec leur travail ? Qu'ils soient contents d'y aller, qu'ils y soient heureux, qu'ils aient envie de se battre pour lui, qu'ils acceptent d'en faire plus et qu'ils aient envie de faire mieux, de prendre des responsabilités et, pourquoi pas, de s'enrichir ?
  • Chacun sait que, pour rembourser une dette (celle de la France devient abyssale, ce n'est pas ici que vous l'avez appris), il faut gagner plus d'argent que l'on en consomme. Quelle meilleure solution pour gagner plus que de travailler plus ? Certes, vous avez entendu une promesse qui ressemblait à cette question en d'autres temps, mais disons seulement qu'elle a été mal servie, surtout à cause de la crise de 2007.
  • Le gouvernement va devoir prendre des décisions, certes de justice sociale mais aussi d'efficacité économique. La justice sociale occulterait-elle les régimes spéciaux de retraite ? L'efficacité économique ne passerait-elle pas par encourager le travail et décourager l'inactivité sous toutes ses formes (absentéisme, pré-retraites, chômage de confort, ...) ?

J'y reviendrai certainement dans les prochaines semaines.

 

06/03 - Merveilleux débat sur les dépenses publiques

J'ai bien souvent ressenti ce que je viens d'entendre sur BFM Business. Jean-Marc Daniel (Ricardo est de retour ; 8 leçons d'économie) et Agnès Verdier-Molinié (60 milliards d'économies ! Oui ... mais tous les ans) nous rappellent que, derrière chaque euro dépensé, il y a un bénéficiaire prêt à se battre pour que ça continue !

Il n'empêche, l'excellent ouvrage d'Agnès nous enseigne que la collectivité peut dépenser nettement moins, jusqu'à nous mettre à l'équilibre budgétaire, si on se contente de sevrer progressivement les "aides à l'oisiveté", surtout quand elles ne sont pas justifiées !

Les esprits s'ouvrent, les langues se délient.
Bientôt, Nicolas Doze découvrira les bienfaits d'une taxe sur le terrain constructible, une sorte de TFC. Je prends date.

 

07/03 - Gaël Sliman aux Experts

"Le projet du grouvernement de financer le Grand Paris par un doublement du prix des contraventions pour stationnement limité va remuer une classe significative de la population ! Ce sont ces Français de la classe moyenne, bi-actifs cumulant de 2 à 4 SMICs, rejetés en lointaine banlieue mal desservie, exclus de la plupart des avantages sociaux, payant des charges et des impôts et obligés de prendre leur voiture pour aller travailler, le plus souvent à Paris intra-muros. Ces Français là sont systématiquement ignorés malgré leur mérite et leur apport." Citation approximative mais conforme à ce que j'ai compris et qui traduit parfaitement de longs échanges dans "Le Cours".

 

07/03 - Lettre ouverte à un ami

Nous avons discuté de ta situation professionnelle. Comme beaucoup, tu travailles énormément, tu obtiens des résultats et pourtant ton niveau de vie te déçoit car, sans jamais faire d'excès, tu as du mal à joindre les deux bouts. Tu te sens prêt à entamer un bras-de-fer avec ton employeur.

Mon premier conseil est que, préalablement à ce bras-de-fer, tu dois prendre en compte ce qui suit.

Quand ton employeur te verse 1.000 euros, il a, par ailleurs, cotisé 700 euros pour toi, au titre des droits dont tu pourras peut-être profiter (santé, retraite, famille, chômage, ...).

Toi-même donnes 200 euros à ces mêmes organismes, défalqués sur ta feuille de paie.

Puis tu t'acquittes de la RDS et de la CSG, environ 100 euros.

Et tu paies l'impôt sur le revenu. Compte tenu des revenu du ménage, une moyenne de 10%, soit à nouveau 100 euros.

Puis tu t'acquittes des impôts locaux (taxe foncière et taxe d'habitation), 100 euros par mois pour ta part.

A ce point de ce calcul, ton employeur a dépensé 1.700 euros pour ta rémunération directe et indirecte et, après les prélèvements obligatoires, il ne t'en reste plus que:

1.000-200-100-100-100 = 500 euros, soit 29,41% de ce qu'a versé ton employeur.

J'ajoute que ton pouvoir d'achat est également impacté par les impôts indirects, notamment la TVA et la TIPP, d'une moyenne de 15% sur le brut (17,6% sur le net), soit encore 75 euros.

Au total, sur 1.700 euros de rémunération totale, l'Etat en aura prélevé 1.275 et toi tu en auras dépensé 425 qui vont aller dans le secteur marchand (nourriture, transports, chauffage, habillement, loisirs, ...), soit 25%. Etonne-toi donc de ne pas avoir les moyens de vivre confortablement malgré ton travail et tes talents.

 

Comme je ne suis pas sûr que ton employeur soit le vrai responsable de cette situation, il me reste à te donner un second conseil.

L'objectif d'exiger une augmentation de ta rémunération pourra de donner l'illusion que ton niveau de vie en sera amélioré. Mais tu peux intuitivement comprendre que c'est plus de 75% de sa dépense supplémentaire qui iront à l'Etat et seulement moins de 25% à toi. Par contre, il sera en position d'exiger plus puisqu'il aura payé plus. Ta vie de famille en sera forcément affectée et ton niveau de stress aura augmenté d'autant.

Par contre, ton objectif de partir travailler, pour lui ou pour un autre, dans l'un de ces pays où le poids de l'Etat permet à la fois de réussir et de profiter de sa rémunération, cet objectif me semble tout à fait sain et adapté à la nature des problèmes que tu m'as décrits.

 

En même temps, ne faudrait-il pas en tirer quelques révisions sur les avantages du "plus d'Etat" et du "plus de transferts sociaux" ?

 

08/03 - Retraites

Il se dit que le gouvernement veut "remettre à plat" l'ensemble des retraites. Chacun peut avoir son opinion sur la meilleure façon de procéder. Il n'empêche que, dans un pays qui veut réduire son déficit budgétaire, il faudra bien imposer une solution qui favorise le travail par rapport à toute autre. Puis, on pourra se soucier de justice.

Pour favoriser le travail, on évitera de le ponctionner encore plus. Les futurs retraités pourront choisir entre partir plus tard et diminuer leur pension.

Pour la justice, on corrigera les transferts abusifs des caisses des salariés du privé vers d'autres bénéficiaires, on s'attaquera aux régimes spéciaux, on alignera les retraites des fonctionnaires sur celles du privé.

Pour favoriser la compréhension, on pourra s'appuyer sur un slogan simple mais pour une fois réaliste : "Retraites égales à cotisations égales".

 

11/03 - A  Emmanuel Lechypre

"Je ne fais pas un mystère d'être un auditeur régulier de BFM Business. Et, lorsque j'ai un choix de sujet quotidien, je préfère m'appuyer sur les exposés qui me semblent aller dans le bon sens que le contraire.

Monsieur Lechypre, j'avais beaucoup d'estime pour vous, votre travail et la justesse de vos interventions... jusqu'à ce matin. Que vous a-t-il pris, entre 8h30 et 9h, de nous expliquer que vous trouviez beaucoup plus de raisons de déplafonner les revenus des traders que ceux des patrons ?

Vous faites valoir que des études démontrent que les traders ont un rôle direct beaucoup plus important que les patrons dans la constitution du bénéfice de leurs entreprises.

C'est oublier que les traders exercent dans un jeu à somme nulle, alors que les patrons oeuvrent pour la création de richesses.

C'est oublier que les traders sont largement irresponsables des risques qu'ils prennent, alors que les patrons sont les vrais responsables de tout ce qui se fait dans les entreprises.

Enfin, je conteste formellement les conclusions des études auxquelles vous vous référez. De Warren Buffet au plus petit des actionnaires qui fait fructifier son patrimoine en actions d'entreprises, chacun pourra témoigner de l'importance des patrons dans la croissance et la profitabilité des entreprises. Nier ou minimiser leur rôle est à la fois insultant pour eux et contreproductif pour tous. Imaginez seulement une grande entreprise qui serait menée par les mêmes dirigeants, choisis par voie démocratique, que la France : sa stratégie, sa communication, ses produits, ses résultats, ...

Et il se trouve que Warren Buffet a également démontré l'intérêt d'une rémunération pertinente des patrons. Je préfère penser que de bons actionnaires choisissent de bons patrons et savent les rémunérer à leur juste valeur, sans indécence ni restriction.

Laissons les meilleurs traders aller dans les fonds spéculatifs ou monter leurs propres fonds. L'histoire des fonds spéculatifs ("More money than God", "Too big to fail") montre que ce sont rarement des longs fleuves tranquilles, une image que les grandes banques souhaiteraient nous donner d'elles-mêmes."

 

12/03 - Traders contre fonds spéculatifs (hedge funds)

Pourquoi le revenu des traders semble-t-il indécent à une majorité des populations dans le monde ?

J'en ai touché un mot hier, qui suscite des remarques et des questions, et donc appelle plus de développement ici.

La plupart des traders travaillent aujourd'hui dans des banques généralistes. L'argent qu'ils gèrent n'est pas le leur. Les aspects réglementaires et sécuritaires ajoutent à la complexité de leurs contraintes et de leurs stratégies. A ces titres, ils s'opposent aux partenaires des fonds spéculatifs (FS) dont il deviennent facilement les victimes.

Comment ? A quelles occasions ?

Les FS ont d'abord une sensibilité aux risques, leur objectif d'enrichissement n'arrivant qu'en seconde position. Leur slogan : "Le retour de notre argent avant le retour sur notre argent." De ce fait, il sont extrêmement prompts à déboucler leurs positions quand celles-ci ne leur semblent plus favorables. Les traders, salariés de grandes banques, ont généralement plus d'inertie, justement parce qu'ils ont souvent des comptes à rendre à une hiérarchie plus lourde.

A l'inverse, les FS ne sont pas encadrés comme les banques. Après avoir débouclé leurs positions baissières, elles ont tout loisir d'attendre que les traders des banques ou des assurances, ayant touché leur limite de ratios de solvabilité, n'aient d'autres choix que de vendre ces portefeuilles à risque, forcément tous ensemble et au plus bas.

Ainsi a-t-on vu, pendant la crise des subprimes, les banques s'enfoncer et les FS s'enrichir. On ne dira jamais assez combien les gestionnaires doivent d'abord être associés aux résultats de leur gestion, aux bons résultats certes, mais aussi et surtout aux mauvais. Ce qui est le cas quand ils y ont mis leur propre argent.

 

12/03 - Dette italienne

Depuis les récentes élections italiennes, on entend beaucoup de commentaires d'experts français qui semblent oublier que :

  • la dette italienne est détenue à 56% par des Italiens ... ils ne voudront probablement pas se tirer dans le pied (seulement 30% de la dette française est détenue par des Français) ;
  • les Français détiennent 30% de la dette italienne ; c'est 20% du PIB de la France ; c'est beaucoup plus que ce que possèdent les Allemands et les Britanniques.

On peut en déduire que les Italiens feront attention avant de restructurer leur dette (comprenez éviter de la rembourser). Ce qui devrait nous rassurer quant à notre propre implication dans leur économie. Ainsi, le pire n'est jamais sûr !

 

13/03 - Décence

Il existe certes des niveaux dans la décence et donc dans l'indécence. Il est pourtant pénible pour un nombre de plus en plus grand de Français qui ne se considèrent pas riches, et qui font donc attention à leurs dépenses, d'entendre leurs élus leur donner des leçons de décence sur les rémunérations des agents économiques performants, talentueux, travailleurs et/ou responsables.

Nombre de ces Français là me disent quotidiennement combien il leur serait plus facile d'accepter leur part de sacrifice si ceux qui les décidaient, les sacrifices, en acceptaient aussi quelques uns (des sacrifices, toujours) au lieu de leur donner des leçons de décence.

Le train de vie des élus devient indécent dès que l'on met en lumière certains de leurs avantages et de leurs dépenses, souvent difficiles à justifier. Le candidat Hollande avait critiqué le budget de l'Elysée. Qu'y a-t-il changé ?

Il est plus que temps de remédier à cette autre exception française qui compte le plus grand nombre d'élus par habitant au monde et le plus gros budget pour ces élus. Une fois cette exception réparée, il sera tellement plus facile aux élus de demander des sacrifices à ceux qui s'enrichissent en travaillant et en prenant des risques.

 

14/03 - Pourquoi les peuples riches le sont-ils ? (1) Droit et contrats
Vous pensez probablement que la présence de matières premières (ex. Moyen-Orient), d'une longue tradition industrielle (Royaume-Uni, Allemagne) ou d'un marché continental (USA, Europe, Chine) sont les principaux facteurs de richesse des peuples.
Mais ces facteurs ne dépendent pas de nous, aujourd'hui. De plus, ils ne sont pas les facteurs les plus décisifs.

Les pays riches sont des pays de droit, où les contrats sont respectés, dont les citoyens, les entreprises et l'Etat tiennent leurs promesses et leurs engagements. C'est l'une des raisons pour lesquelles beaucoup de personnes enrichies dans les pays pauvres se hâtent de mettre une partie de leur fortune "à l'abri" dans des pays de droit, même si les rendements sont très inférieurs à ce qu'ils connaissent dans leur pays d'origine.

Ceux qui nous encouragent, en France, à ne pas payer notre trop lourde dette d'Etat devraient méditer cette observation des historiens et des économistes. Au-delà de la terrible destruction de richesse, à caractère systémique, d'une telle décision d'un pays de la taille du nôtre, nous nous couperions de partenariats pendant de longues années, nous connaîtrions une grande instabilité économique et sociale, nous verrions les étrangers en ennemis et pourrions bien devenir belliqueux malgré nous.

 

15/03 - Pourquoi les peuples riches le sont-ils ? (2) Division du travail

Pour un certains nombre de facteurs, certains sous-estimés par nos économistes.

Parmi ceux-ci, la division du travail.

Au niveau mondial, des pays excellent dans certaines industries. Ces "filières d'excellence" réunissent tout un éco-système : capital, talents, spécialités, fournisseurs, distributeurs, clients ... En France, les filières aéronautique, nucléaire, ferroviaire, ... bénéficient de tous les avantages de ces filières d'excellence.

Au niveau plus local, de nombreux professionnels comptent sur leur compétence et leur outillage pour effectuer des travaux (cuisine, bâtiments, jardins), notamment chez les particuliers.

Le problème que nous affrontons est celui de l'hyper-fiscalité.

Au niveau des filières compétitives au niveau mondial, il ne manque pas de concurrents qui, même moins bien armés que nous le sommes, comptent sur des structures de coûts bien inférieures aux nôtres pour gagner des marchés, puis prendre notre place : les USA, l'Allemagne, le Brésil et le Canada pour l'aéronautique, la Chine et le Canada pour le ferroviaire, la Corée pour le nucléaire.

Au niveau local, de plus en plus de particulier ne se trouvent tout simplement pas assez riches pour faire appel à un professionnel. Un particulier dispose d'environ un tiers de son côut du travail. Il peut donc exiger d'un professionnel une productivité triple de la sienne pour lui faire confiance, sans compter les facteurs qui ne sont pas si accessoires (disponibilité, aléa sur la compétence, l'honnêteté, finitions, ...).

Si vous doutez toujours qu'un niveau élevé de fiscalité de détruit pas de travail, regardez bine autour de vous et recevez les confidences de vos relations.

 

16/03 - Ineptocratie

"Un système de gouvernement où les moins capables de gouverner sont élus par les moins capables de produire et où les autres membres de la société les moins aptes à subvenir à eux-mêmes ou à réussir, sont récompensés par des biens et des services qui ont été payés par la confiscation de la richesse et du travail d'un nombre de producteurs en diminution continuelle."

Vous aurez sans doute lu ou entendu cette définition attribuée à Jean d'Ormesson. Mais j'ai estimé qu'elle mérite d'être mieux diffusée et, surtout, prise en compte.

 

18/03 - Pourquoi les peuples riches le sont-ils ? (3) Prise de risques

Parmi les facteurs de richesse, un des plus importants est l'acceptation du risque inhérent à l'initiative économique. Toute entreprise est une prise de risque. Et même quand elle est créée, continuer à embaucher est risqué, s'exporter est risqué, innover est risqué.

Je me souviens d'une réflexion du patron (d'alors) d'Etam : "Dans la mode, nous serions tentés de reproduire ce qui a déjà marché et qui marche encore. Mais la logique de la mode est de se remettre en question chaque saison, d'innover et d'accepter ce risque inhérent à ce secteur que l'on puisse rater une collection, voire plusieurs."

Encore faut-il que le risque soit géré, donc pris de façon explicite, après étude des aléas et de leurs conséquences avec, et surtout, une bonne appréhension de la prime correspondante au risque accepté. Je le répète ici, quand c'est l'Etat qui confisque cette prime par l'impôt sur les revenus du capital, il empêche la prise de risque. Car le risque est un coût absolument lié au revenu éventuellement promis à l'investisseur. Il est destructeur et stupide d'imposer un coût comme un revenu !

Un pays qui n'a pas ce goût minimum pour la prise de risque devra se contenter de miettes de richesses.

 

19/03 - Pourquoi les peuples riches le sont-ils ? (4) Regarder ailleurs

Les peuples riches sont souvent ceux qui ont su regarder ailleurs : ils y sont allés ; ils ont observé, ramené des idées et des produits ; ils ont échangé, acheté, vendu ; ils ont appris, se sont adaptés, se sont enrichis de ces échanges, de ces progressions, bien au-delà de ce qu'aurait pu leur apporter une économie d'autosuffisance, fut-elle éclairée.

Les Phéniciens, Carthage, Rome, Venise, Amsterdam, Londres, et même la France, sont autant d'exemples historiques.

Plus récemment, les Suisses, les Allemands nous donnent des leçons dans l'art de jouer avec les règles de la mondialisation.

Encore plus près de nous, nos grandes entreprises sont souvent des leaders mondiaux, implantées dans les pays dynamiques et y réalisant beaucoup plus de profit qu'en France. Les quelques-unes qui sont encore en retard, comme Peugeot, le paient cruellement.

Il existe une France qui gagne, composée de deux populations : la population qui gagne à partir de notre territoire et avec nos ressources nationales (fournisseurs, salariés, distributeurs, infrastructures, ...) ; et celle qui gagne à partir de l'étranger. Une comparaison avec l'Allemagne montre qu'il peut y avoir une grande osmose entre ces deux populations. Quelques encouragements pourraient faire revenir beaucoup de "gagnants de l'étranger", tout comme les quelques nouveaux boulets font s'exiler beaucoup de "gagnants du territoire".

 

20/3 - Pourquoi les peuples riches le sont-ils ? (5) Le respect

Parmi les secrets les moins partagés sur la richesse des peuples, il y a la profonde culture du respect.

Le respect des autres, d'abord. Respect de leur personne, de leurs opinions, de leurs intérêts. Il nous vient tout à coup à l'esprit que, pour être respecté, il faut être respectable. La première personne à qui l'on devrait le respect devrait précisément être ... la première personne, soi-même !

Le respect des valeurs, ensuite. Toutes les valeurs méritent d'être étudiées, sinon partagées. Il en est probablement que l'on devra combattre, mais c'est tellement plus facile dans un esprit de respect que dans un esprit de dénigrement.

Le respect de l'argent et des biens matériels. Peu importe que l'on en ait ou pas besoin ou envie à titre personnel. Le fait que l'argent et les biens matériels puissent manquer à ceux qui en ont vraiment besoin suffit à justifier le respect pour ces biens qu'il ne faudrait donc pas dilapider ni utiliser à des fins contre-sociales (écraser l'autre, polluer abusivement, ...).

Le respect de la réussite, laquelle mérite d'être encouragée en permanence pour se développer et servir d'exemple.

 

Alors, quels exemples a-t-on de ce qui précède ?

Les pays du Nord de l'Europe, le Japon, le Nord-Est des Etats-Unis, l'Italie du Nord sont autant de pays ou de régions où le respect est généralisé et sont généralement prospères dans la durée.

Les pays qui sont en constante révolution, qui sont ouvert à des types de dictature (colonels, généraux, partis uniques à l'exception peut-être de la Chine récente en plein changement), qui pratiquent la corruption généralisée, dont l'exemplarité des dirigeants est douteuse, qui changent les règles du jeu sans vergogne, qui dénoncent des minorités (immigrés ou riches) plutôt que des comportements (tricheurs), etc. vont souvent de crise en crise et accentuent leur retard économique.

Et la France ? Comme il est écrit dans "Le Cours", la France serait un pays "persillé". Nos industries les plus florissantes, notamment le luxe, les infrastructures et les hautes technologies professionnelles (aéronautique, nucléaire, électricité) montrent une grande culture du respect. Mais certains comportements politiciens sont là pour nous rappeler la montée du mensonge électoral, des engagements qui ne seront jamais respectés, le mépris de l'intérêt général au profit de l'intérêt particulier, la préférence du court terme sur le long terme, la démagogie, le clientélisme, la manipulation à grande échelle s'appuyant sur nos peurs. On pourrait bien assister à la contagion d'une partie vers l'autre. Ce qui me rassure ici : les comportements sains peuvent, eux aussi, être contagieux. 

 

21/03 - Pourquoi les peuples riches le sont -ils ? (6) Ils se parlent

Il s'agit d'un sujet récurrent de la dramaturgie française : la création de richesse suppose une association harmonieuse entre le capital et le travail. Dans un monde parfait, le partage des fruits de la richesse est indiqué par le marché : le capital s'investit dans les entreprises qui savent le faire fructifier, tout comme les salariés cherchent les entreprises qui leur garantissent de bonnes conditions de travail.

Cet équilibre suppose soit un management éclairé et fort, soit une concertation permanente entre le management, représentant des actionnaires, et les salariés qui font tourner la boutique.

A mesure que la connaissance est mieux partagée dans la population, les entreprises à management éclairé et fort tendent à laisser place aux entreprises pratiquant la concertation, sous plusieurs formes.

Traditionnellement, ce sont les syndicats qui représentent les salariés. Trop souvent cependant, ces syndicats ont une attitude plutôt revendicatrice en termes de rémunération, de sécurité de l'emploi, d'avantages sociaux, d'horaires et de conditions de travail. Bref, ils ne s'investissent surtout pas dans les problèmes et le management des entreprises.

Dans beaucoup de pays en pointe (Europe du Nord, Japon, USA), les représentants des salariés partagent avec le management leur diagnostic des situations et les possibles remèdes. La revendication salariale porte sur un équilibre entre les sacrifices et rémunérations du capital et du travail, selon que l'entreprise est fragile ou en bonne santé.

Enfin, dans d'autres pays, l'initiative revient à la grande majorité des salariés parce que leur entreprise est organisée en autant de micro-centres de profits. Les salariés sont formés à la gestion de leur domaine de responsabilité et leurs supérieurs hiérarchiques se comportent comme autant d'actionnaires avisés en leur allouant des ressources en fonction de leur capacité à les faire fructifier. Cela fait maintenant une bonne génération que ces entreprises se mettent totalement au service des salariés au contact des clients. Même des entreprises industrielles adoptent maintenant cette forme d'organisation en distribuant plus de responsabilité et de possibilité d'initiative aux salariés "du terrain", notamment dans l'industrie automobile. Dans ces entreprises, le dialogue est quasi-permanent.

 

Il est clair qu'il existe une gradation entre le niveau des échanges et l'intérêt des salariés pour leur travail. Et quand le travail cesse d'être une punition, il peut devenir une source de satisfaction et la création de richesse s'en trouve optimisée.

 

La méfiance entre certains patrons et certains syndicats est décidément une bien mauvaise chose pour leurs entreprises et pour notre économie. 

 

22/03 - Pourquoi les peuples riches le sont-ils ? (7) La concurrence

Déréglementer ! Le mot d'ordre des années 90 a rapidement traversé les océans et a montré sa pertinence. Pourrions-nous encore nous payer des voyages en avion en absence de concurrence entre les compagnies aériennes ? Et comment l'offre télécom aurait-elle pu se développer aussi vite et avec une réduction régulière des prix à prestation égale sans l'émergence de nouveaux opérateurs comme, en France, Free ?

Pourtant, certains pays sont allés loin et ont largement profité de ce mouvement quand d'autres ont cru pouvoir s'arrêter en chemin.

Il nous reste tant à déréglementer, dans les taxis, les prestations aux personnes dépendantes, les pharmacies, les notaires, ...

 

Vous avez encore un doute ? Alors voici l'analogie avec le vol en parapente. Un parapentiste prend les ascendances. C'est ainsi qu'il peut prendre ou regagner de l'altitude. Mais les ascendances sont discrètes. C'est à peine si on les devine. Les meilleurs se fient à leur sens de l'observation et à leur instinct. Mais même les meilleurs préfèrent voler en groupe. Pourquoi ?

Un goupe de parapentes dans le ciel montre clairement lesquels sont hauts, lesquels ont trouvé les bonnes ascendances. Les autres sont invités à les imiter pour progresser. Il existe certes une prime à celui qui prend l'initiative, mais seulement s'il réussit et c'est son résultat par rapport au groupe qui relativise sa réussite.

Ainsi, la concurrence a le même effet sur un secteur économique que le vol en goupe de parapentes. Chacun peut comparer le score des initiatives individuelles et décider de rallier les meilleures.

Ce qui est encore plus intéressant, c'est qu'il existe aussi une concurrence entre les politiques économiques et fiscales des différents pays du monde : les agents économiques ont le choix de s'implanter et de pratiquer (presque) là où ça leur semble favorable. La réussite des bonnes politiques économiques nous montre le chemin à suivre. A moins, bien sûr, que nous en ayons une meilleure !

 

25/03 - La spirale des engagements de la France

A l'occasion de la crise chypriote, on constate que l'Europe a voulu confirmer la garantie sur les dépôts inférieurs à 100.000 euros. Très bien. Mais qui donc a les moyens d'apporter une telle garantie, en Europe ?

En France, le Fonds de Garantie des Dépôts est capitalisé au niveau d'environ 3 milliards d'euros à partir de cotisations obligatoires des banques. Juste quelques ppm (parties par millions) comme on dit en chimie. L'Etat pourrait-il intervenir ? Il devrait augmenter sa dette d'un montant inacceptable par les prêteurs. Il ne resterait donc que la BCE pour accorder une garantie quelque peu solvable.

Mais, avant, la France aura quand même été mise à contribution en plus des manques à gagner du fait des pertes reportables sur les déclarations fiscales des particuliers et des entreprises.

La France de F. Hollande propose aussi une solidarité avec les pays d'Europe du Sud, sans qu'on sache comment ils pourront, un jour, rembourser leur dette, déjà colossale et qui n'évolue qu'à la hausse. Le seul abandon de 350 milliards d'euros de la dette grecque a coûté en moyenne 1.000 euros à chaque européen de la zone euro. Imaginez le Portugal, l'Espagne, voire l'Irlande et l'Italie !

A l'intérieur, elle promet la santé pour tous, y compris ceux entrés et restés illégalement sur notre territoire, des revenus minimum, un hébergement, une éducation. Notre humanisme doit-il être à ce point aveugle qu'on attire délibérément une immigration indésirée que l'on cherche à combattre ensuite avec d'énormes efforts budgétaires pour encourager ou imposer le retour de ces mêmes immigrés ?

La cohérence voudrait que nous fassions le bilan de nos ressources et de nos obligations et que nous évitions de nous lancer dans des programmes qui finiront par détruire toute la richesse et toute la cohérence de notre peuple.

 

26/03 - La thèse satanique

Le hasard nous délivre quelquefois des élements d'un puzzle qui permet soudain la construction d'une hypothèse osée.

Ainsi, ce 25 mars, je demandais à Alain Madelin pourquoi l'opinion publique ne peut pas comprendre que les actuelles options politiques relentissent l'économie, créent plus de chômage et appauvrissent le pays. Sa réponse fut que l'enseignement de l'économie en France est plutôt biaisé (sujet au coeur de mon livre "Le Cours") et que des pays différents se traduisent par des identités différentes : aux Etats-Unis, la liberté ; à l'Angleterre, la Démocratie ; à l'Allemagne, un peuple ; à la France, l'Etat. Ce qui caractérise la France, c'est la force et la centralisation de son Etat, omni-présent.

Pourtant, au même moment, je lis l'excellent livre d'Agnès Verdier-Molinié "60 milliards d'économie" et elle montre comment l'Etat maltraite ses usagers avec une constance séculaire. Comment être attaché à un tel Etat qui nous jette son mépris à la figure à chaque occasion (un peu plus selon que l'on vous traite de citoyen pour mieux vous tondre, de contribuable, d'usager ou d'assujetti pour vous imposer l'inacceptable) ?

Mais, le même jour, je reçois une lettre qui circule sur Internet sous le titre "Courrier d'un jeune parlementaire à un jeune député". L'auteur y dénonce les projets sociétaux de l'actuelle majorité comme destructeurs des cellules familiales et donc renforçant le besoin d'aide publique.

La thèse est satanique. Mais combien de fois avez-vous entendu, dans les médias, des élus déclarer que "il faut tout faire pour aider les plus démunis, notamment les familles mono-parentales dans la difficulté."

Ainsi, si on les entend bien, les élus organisent la pauvreté, la précarité, l'isolement familial et social afin de mieux voler au secours de ceux qu'ils ont contribué à fragiliser et ainsi imposer un régime durable de pauvreté et d'assistance étatique aux pauvres.

 

27/03 - RSI

Je révise les taux de prélèvements du RSI (nouveaux taux 2013) sur les revenus des commerçants et professions libérales, dans la limite de 37.032 euros (3.000 euros par mois), soit :

6,50 + 0,70 + 16,85 + 7,00 + 1,60 + 1,10 + 5,40 + 8,00 + 0,25 = 47,40% des revenus ! Rien que ça ! Vous rajoutez la TVA  et l'impôt sur le revenu et il est impossible d'avoir un revenu décent en se levant tôt le matin !

Les clients de plaignent du racket des prestataires et des commerçants, alors que ceux-ci n'en vivent pas si bien.

Comment s'étonner, ensuite, du travail au noir et de la fraude fiscale ?

 

28/3 - Hollande face aux Français, ce soir : clés de lecture

Je ne cherche pas à prédire ce que dira notre président aux Français ce soir sur France2, mais seulement à m'appuyer sur des clés de lecture.

Si, après 10 mois de pouvoir, il fait encore allusion au bilan de son prédécesseur, c'est qu'il est durablement un président faible et à peine responsable. Dans l'hypothèse contraire, ce n'est peut-être pas gagné, mais il y a un espoir.

Par ailleurs, il a été élu sur une double promesse dont personne ne conteste la valeur : rassembler les Français et redresser le pays. Soyons donc attentifs à ce qui va dans le sens de cette promesse ... et à ce qui la contrarie manifestement.

 

28/03 - Les peuples qui n'ont plus faim ...

On célèbre beaucoup la Corée ces derniers temps. D'aucuns vont à la comparer à la France des années 60 et 70 qui innovait à tout va.

Nous voyons pourtant ce qu'est devenue la France dès le moment où elle a perdu l'appétit. Sans la faim, pas de motivation à gagner, ni même à se lever tôt le matin (voyez le billet daté d'hier).

J'ai aussi vu le Japon des années 90. Quand les cadres issus de l'immédiat après-guerre ont placé le pays au sommet des champions économiques, leurs enfants ne voulaient plus travailler autant, souhaitaient au contraire une vraie vie familiale et de loisirs, exigeaient de venir travailler en voiture et non plus en transports en commun. Ils se sont crus riches et le Japon n'a, ensuite, cessé de stagner sur le plan économique et c'est, aujourd'hui l'un des plus endettés de la planète.

A nous de prévoir quand les Coréens seront rassasiés de croissance à rythme forcé et décideront de passer au rythme de confort.

 

29/03 - Trompeuses apparences

Il semblerait bien que F. Hollande ait déçu tout le monde hier soir sur France2. Ce président-ci est loin du capitaine courageux, du skipper charismatique, du leader éclairé, du chef respecté dont la France a besoin dans un monde en si profonde et si rapide évolution.

En même temps, je vous surprendrai peut-être en décryptant dans ses propos un changement, celui du responsable politique.

Certes, ce qu'il nous dit peut sembler attérant sur son état de connaissance de la situation économique française et sur sa capacité à diriger, à commencer par hommes et les femmes de son gouvernement et de sa majorité.

Pourtant, j'ai cru déceler des décisions qui en anticipent d'autres. J'ai cru entendre que le président avait réuni une boîte à outil, non pas pour faire face aux problèmes du pays à venir, mais pour imposer de nouvelles décisions dont les élus en général et sa majorité en particulier ne veulent pas.

Ainsi, l'incompatibilité des fonctions de parlementaire et de maire est-elle le début d'une profonde révolution des pratiques malsaines auxquelles les élus de tous bords se sont livrés : empilement des responsabilités, mais aussi des niveaux administratifs, des rémunérations, des clientélismes, des dépenses sompturaires, des népotismes, des aveuglements et surdités de tous ordres. Le paradoxe était que, avec de plus en plus de sièges à pourvoir, le nombre de personnes au pouvoir était mathématiquement restreint par ce cumul des mandats également facteur de blocage.

Il en sera peut-être de même pour l'entreprise. Le président annonce une réformette fiscale sur la transmission des entreprises. Le jour où l'opinion publique se mettra à comprendre que ce sont les entreprises qui crèent l'emploi et la richesse, ils seront moins mobilisés pour les critiquer et accepteront plus facilement d'autres mesures pour leur création, leur développement et l'enrichissement personnel et collectif qu'elles permettent.

Si j'ai réussi à vous convaincre, vous passerez peut-être une meilleure journée. Si ma vision vous a fait sourire, tant mieux, c'est un début. Si vous n'y croyez absolument pas, pleurez ou partez.

 

30/03 - Celui qui paie la contribution exceptionnelle...

Il se pourrait bien que F. Hollande ait fait coup double en annonçant que ce sont les entreprises qui paieront l'impôt exceptionnel sur les revenus supérieurs à 1 million d'euros par an.

D'une part, il allège considérablement cet impôt en le faisant payer par celui qui verse le revenu. En effet, si on estime qu'il existe un marché international des emplois très bien rémunérés, le chiffre qui intéresse le bénéficiaire est le revenu net.

S'il est en situation d'exiger un revenu marginal net de 1 million d'euros, destiné à être taxé à 75%, il faut lui verser 4 millions s'il acquitte lui-même l'impôt marginal, mais "seulement" 1.750.000 euros si c'est son employeur qui acquitte l'impôt, soit une économie de 2.250.000 euros ! Les clubs de football qui se plaignent du risque de départ de leurs joueurs devraient donc mieux réfléchir à ce "détail".

Néanmoins, cette nouvelle taxe va obliger nombre d'employeurs à se poser la question de leur capacité à payer cette taxe supplémentaire et à aussi bien rémunérer leurs employés. Ici encore, les clubs de foot sont en première place parmi ceux concernés.

S'il est un mot dont il faut restaurer l'importance dans ce monde fou, c'est bien celui de "DECENCE", et il ne concerne pas que les hauts salaires. Nous y reviendrons forcément.