Archives Mai 2013

10/05/2013 - Y a-t-il un pilote ... ?

Si vous êtes salarié, j'ai envie de vous poser la question suivante.

Vous savez que, quand vous recevez un salaire brut de 1.000 euros (ou n'importe quel multiple), votre employeur a déjà subi des prélèvements obligatoires vous concernant de 800 euros et vous-mêmes allez cotiser au niveau de 200 euros. Votre salaire total est de 1.800 euros et c'est ce niveau de coût pour l'employeur que vous devez rentabiliser. Votre salaire brut est de 1.000 euros et votre salaire net de 800 euros. Oublions les autres prélèvements obligatoires auquel vous êtes soumis.

Alors voici ma question : A votre avis, qui s'occupe de gérer les 1.000 euros qui séparent votre salaire total de votre salaire net ?

Une fois avoir été obligé de cotiser "pour vous", votre employeur n'est plus concerné puisque ces sommes ne lui sont pas destinées.

Vous-même, vous mobilisez-vous pour seulement savoir ce qui est fait de cet argent supposé être "votre complément de revenu" ou "votre revenu différé" ou "votre assurance chômage", etc ?

Comment se fait-il que tous les salariés du pays soient prêts à se mobiliser pour obtenir plus de leur employeur alors que c'est le système qui prélève une plus grande part de leur salaire total qu'on ne leur en laisse ?

Certes, il y a des élections syndicales. Mais pouvez-vous honnêtement faire confiance aux syndicats "autorisés" pour seulement gérer cet argent qui vous manque certainement d'une façon à une autre ?

Pourquoi cette gigantesque absence de gouvernance de la part des salariés passe-t-elle autant inaperçue ?

Cette question ne vaut-elle pas qu'on y réfléchisse et qu'on y apporte une réponse satisfaisante ?

Si vous vous sentez concerné, montrez-le !

 

13/05 - "Mon premier adversaire, invisible, ... c'est la finance !"

Il a commencé son premier discours de candidat investi par ces mots.

D'accord avec vous, c'est bien la plus mauvaise raison pour engendrer une action bénéfique pour nos économies et pour nous mêmes. Cependant, il est des anomalies financières qu'un pouvoir de gauche pourrait vouloir corriger.

Pourquoi empêcher les épargnants de mettre des titres en direct dans leur portefeuille d'assurance vie (actions, obligations, ...) ? La visibilité en sortirait renforcée, les prélèvements de divers intermédiaires ne seraient plus contraints, la moralisation du secteur en serait améliorée, l'estime des épargnants pour les entreprises serait mieux nourrie, ... Bref, on amorcerait un cercle vertueux.

Maintenant, pourquoi a-t-on voulu réduire la liberté des épargnants, qu'ils ne puissent pas investir directement dans les entreprises ? La réponse est malheureusement évidente : le lobby des intermédiaires financiers est lourdement intervenu auprès des élus.

Vous voyez l'anomalie, vous constatez les aspects malsains d'une mesure qui semble insignifiante, sauf pour ceux qui aiment l'économie et les entreprises, et qui serait si facile à corriger avec une majorité socialiste.

Alors, pourquoi ne pas le faire ?

 

14/05 - Quand les niches fiscales deviennent des nasses

C'est une mécanique maintenant bien huilée. Le gouvernement augmente tellement les prélèvements qu'il désespère l'investissement et étouffe l'économie. Alors, il fait des niches pour épargner, consommer certains services, transmettre, ... ou simplement favoriser une clientèle dont il a besoin (ex. les déductions offertes aux journalistes).

Mais cet Etat est régulièrement impécunieux et il se trouve forcé de rogner les "avantages" qu'il a accordés. C'est ainsi que RDS & CSG se sont imposés (sans jeu de mots) dans toutes les nicles qui étaient supposées être défiscalisées. On a retiré l'avoir fiscal qui était supposé éviter le doublon avec l'impôt sur les sociétés. Les autres niches sont rabotées de multiples façons : plafonnement, diminution, conditions supplémentaires, ...

Tout ceci n'est pas forcément si grave : il y a longtemps que les principaux bénéficiaires de ces niches sont les professionnels qui vous proposent les produits qui y rentrent. Quand donc vous serez à nouveau imposé sur vos produits abrités dans les niches, consolez-vous en pensant que votre intermédiaire financier porte une part de votre malheur.

 

15/05 - La France entre en récession

Quelle nouvelle ! Nous sommes bien surpris ! Il conviendra maintenant de répartir les responsabilités et d'identifier ce qui pourrait nous en faire sortir.

Vous avez la réponse complète dans mon livre encore à l'état de manuscrit, et que vous pouvez toujours obtenir en version pdf par simple demande par mail.

A défaut d'en appliquer les solutions (de mon livre) attendez-vous à de la vraie récession, celle qu'on ne compte plus en points de base !

 

16/05 - Quand le président parle à son miroir

Comme ceux qui s'intéressent à la France et à l'économie, j'étais devant mon écran pour la Conférence de presse présidentielle. Quelle déception ! Pendant une grande partie de son allocution introductive, j'ai eu l'impression que F. Hollande s'adressait à son miroir, comme lorsqu'il a probablement répété ce discours.

Face à de vraies personnes, il aurait parlé à ses interlocuteurs, il aurait parlé d'eux ou de ce qu'ils représentent. 

Ce que j'attendais de ce président, comme de tout bon patron, c'est peut-être un bilan de la période écoulée. C'est, plus certainement, une orientation claire, une stratégie visible pour l'avenir.

Ce que j'ai entendu, c'est une part d'auto-satisfaction, des mesures partielles, illisibles et probablement néfastes, des incantations et de l'irresponsabilité. Celle-ci se reconnait quand l'auteur des mots utilise le passif, attend des autres ou de la providence une amélioration du sort de ceux qui lui ont, un jour, fait confiance.

La seule bonne nouvelle pourrait être une inflexion libérale, malheureusement pas assez pour faire repartir le pays.

Allez, Monsieur le Président, le changement, c'est maintenant !

 

 

17/05 - Evasion fiscale : rien que le droit commun
Notre nouveau ministre du budget (et de la lutte contre la fraude fiscale) vient de déclarer qu'il ne souhaitait plus appliquer que le droit commun. Comme tous ceux qui sont trop sûrs d'eux, il affirme qu'il n'y aura plus jamais de procédure dérogatoire, d'amnistie, d'arrangement, ni même de cellule de dégrisement.

Je veux bien, mais alors :

Pourquoi les évadés reviendraient-ils en France s'ils n'y ont aucun intérêt ?

Quel gouvernement peut affirmer pouvoir se passer des riches et de leur argent, des talentueux et de leur capacité à créer des richesses et des emplois, des entrepreneurs et de leurs entreprises, etc ?

C'est souvent ainsi qu'un politique qui prend ses fonctions décide lui-même du jour où il devra les abandonner : le jour où le rapport de force jouera visiblement contre lui. C'est au moins une leçon que l'ancien ministre du budget aurait pu donner à son successeur.

 

20/05 -Lundi de Pentecôte

Dans mon plus récent livre, encore sous forme de manuscrit, je préconise de donner la priorité à la création de richesse et donc de faire les arbitrages en faveur du travail contre toutes les formes d'oisiveté, ainsi que d'encourager l'investissement là où il est le plus utile pour notre économie, le capital des entreprises (les actions).

Déclarer jour férié un jour que 90% des Français sont probablement incapables de célébrer, ni même de reconnaitre, c'est plutôt encourager l'oisiveté. Il serait pédagogue de montrer à ceux qui se plaignent le plus de leur faible pouvoir d'achat l'intérêt de reprendre le travail en ce jour déjà désacralisé.

Gain de pouvoir d'achat espéré par cette reprise : 0,5% par an, soit plus de 60 euros pour un smicard.


21/05 - Les enfoirés de la cotisation patronale

Ce sont des centaines de milliards, des sommes supérieures aux salaires effectivement perçus par les salariés du privé. On les appelle les cotisations patronales. Sauf que, si à court terme, chaque augmentation de charge pèse bien sur la marge de l'entreprise, à long terme le marché reprend ses droits. Le salarié reçoit un revenu net alors que son patron attend de lui qu'il rentabilise un coût salarial intégral, toutes charges comprises.

Il existe bien une justification de ces montants astronomiques : couverture sociale, couverture santé, couverture vieillesse, politique de la famille, ...

Quand il s'agit de regarder quelles économies sont possibles, immanquablement les gens qui profitent du système demandent : "Que voulez-vous supprimer ?", comme si le budget était bien géré, la dépense parfaitement efficace, le système juste.

Les mêmes qui s'attaquent au fonctionnement de l'entreprise entretiennent l'opacité, la complaisance, la non-gouvernance, l'inertie et, plus généralement, ces manques et ces excès qui tuent les entreprises de droit commun. Et leur prochaine proposition est toujours la même : augmentation des cotisations patronales !

Il m'arrive d'être mélanchoniste quand il s'agit de rendre le contrôle de ces montants à ceux qui les génèrent et à ceux à qui ils sont destinés : il est plus que temps de rétablir une stricte gouvernance de ces budgets ou de laisser à chacun une part de liberté de choix d'organisme ou de délégation de responsatilité.

  

22/05 - Quelles mesures pour quelle stratégie pour quels objectifs ?

On entend souvent les politiques nous faire part de leur programme en terme de "propositions" avant les élections ou de "mesures" quand ils arrivent (enfin) au pouvoir.

Je vois là un problème : des mesures indépendantes les unes des autres, non inscrites dans une vision, des objectifs prioritaires, une stratégie lisible et des arbitrages forts ne permettent pas aux citoyens de se faire une idée précise de la direction du programme ou de la politique suivie, ni de sa cohérence, ni de sa pertinence, ni de sa persistence.

Alors, je propose simplement ici qu'on renverse l'ordre des annonces : la vision, les objectifs, la stratégie, les mesures ou propositions.

Incidemment, on augmentera la probabilité des citoyens d'adhérer et même de s'approprier le programme présenté.

 

23/05 - Christine Lagarde

Chaque jour apporte son lot d'étonnement. Aujourd'hui, la présidente du FMI est entendue par la Haute Cour de Justice. Après tout, pourquoi pas ? Une enquête de justice sur telle ou telle décision antérieure est chose presque normale à la suite d'un changement de majorité.

Non, ce qui m'a étonné aujourd'hui, c'est la condamnation médiatique de l'ancienne ministre de l'économie et des finances. Tout le monde, à commencer par Le Monde daté d'hier, semble connaitre à l'avance les décisions des juges sur un dossier des plus complexes, incertain et éventuellement susceptible de rebondir de façon inattendue.

Je me pose la question du fondement de cette certitude qui habite les journalistes sur la culpabilité bientôt jugée de Madame Lagarde : l'image restée sulphureuse de Bernard Tapie ? des confidences venues des enquêteurs ou des juges ? un volontarisme jugé crédible des actuels décideurs de Bercy ?

Ne pouvant faire sur ce dossier que des paris, je formule celui-ci : si le dossier n'est pas classé sans suite assez rapidement, nous sommes partis pour un long feuilleton dont les accusateurs ne sortiront pas indemmes.

Qui vivra verra.

 

24/05 - Christine Lagarde (suite)

Où on apprend que Christine Lagarde sait ce qu'elle fait, que les journalistes retournent leur veste (n'est-ce pas, Nicolas Doze ?), que la Cour ne continue à l'entendre que pour apprendre un peu plus de cette ancienne directrice d'un grand cabinet international d'avocats, que CL n'est pas DSK, etc.

Même si le dossier est classé sans suite, tout le monde aura progressé dans cette affaire.

Moi, par exemple, j'aurai appris qu'en France il existe une justice à deux vitesses : celle qui concerne les détournements aux dépends du citoyen moyen et celle qui concerne les détournements de fonds publics. Selon de nombreux "experts", l'Etat dispose de moyens qui nous échappent pour récupérer les sommes qu'il ne souhaite pas voir partir. Ceci est ce que nous savions tous. Ce que j'ai appris, c'est que la justice disposerait également de moyens largement discriminatoires au profit "du bien public".

Ainsi, je suis fier d'avoir mis dans la bouche de l'ex-ministre des Finances la phrase: "Ce pays, pour lequel j'ai oeuvré pendant 4 ans, ne se réformera que dans la crise. Si vous avez une bonne solution à proposer, attendez la débâcle !" ("Le Cours", page 311). Il s'agit de mots que je ne l'ai évidemment jamais entendue prononcer ... mais qui lui ressemblent bien.

 

27/05 - Injustice sociale

Les Français n'en peuvent plus de constater, jour après jour, l'accumulation des injustices sociales.

Les premières viennent du "comportement" des "bénéficiaires" : tout est bon pour faire cracher le système ! Arrêts pour fausses maladies, remboursements de santé pour compte de tiers, retraites versées à des décédés (souvent à l'étranger), attestations de complaisance, etc. Aujourd'hui, c'est Le Monde qui décrit les faux étudiants mais vrais boursiers. 

Les secondes viennent du clientélisme et touchent à la provocation. Quand la Mairie de Parie exige de mettre des logements sociaux en mixité avec des appartements qui se vendent 20.000 euros le m2, elle joue avec le feu. Une première fois parce qu'elle apporte un logement à un coût exorbitant pour la collectivité, alors que dans des quartiers moins chers, elle pourrait apporter 4 à 7 logements pour le même coût. Une seconde fois parce que les locataires ont du mal à vivre dans ces quartiers dont les magasins s'adressent plutôt aux ménages aisés qu'aux démunis. Une troisième fois parce que la colère gronde chez ceux, à peine plus riches mais beaucoup moins favorisés par la collectivité, qui doivent parcourir chaque jour de longs trajets en transports en publics et se loger moins bien pour plus cher et, en plus, payer des impôts.

Encore une fois, je ne condamne nullement ceux qui profitent du système : ceux qui le peuvent le font ! Mais je propose qu'on amende fortement un système qui crée tant d'inégalité, pousse à l'oisiveté, à l'irresponsabilité et parfois ... au crime.


28/05 - Protection des salariés

Du beau linge ce mardi au colloque sur le travail et l'emploi à la Maison de la Chimie, mais qui a fait état de trop de mesures, trop d'interventions, trop d'ignorance des causes les plus énormes du chomage dans ce pays. Les solutions sont trop générales, ou trop limitées, ou impossibles à réaliser, ou simplement abstraites.

La parole à la salle était réduite à sa plus simple expression : le droit de poser une question à des intervenants dépassés.

Dans cette auberge espagnole, chacun repart avec les idées qu'il a amenées.

En dernière minute, j'ai tout de même pu risquer une constatation : ayant géré des entreprises sur trois continents, j'ai remarqué que les salariés les plus protégés sont aussi les plus craintifs d'une éventuelle perte d'emploi.

Je n'ai pas osé ajouter "comme un chien qui ne sait plus se procurer sa nourriture."

 

29/05 - Protection des salariés (suite)

J'ai reçu un commentaire me demandant de préciser ce qui était si important et omis dans ce colloque sur le travail. Alors voici :

Tout d'abord, il faut rappeler la définition du travail en droit français. Il s'agit de la période de temps que le salarié met à la disposition de son employeur. Comme le salarié n'est responsable de rien, l'employeur est responsable de tout et cette définition est donc cause de nombreux maux à propos de l'emploi. De la nécessaire obéissance du salarié, de la difficulté de s'approprier la tâche sans la responsabilité, de la nécessité de rémunérer l'agent qui a la responsabilité de celui qui fait le travail, etc.

Ensuite, il faut répéter que les prélèvements dits "sociaux" servent pour une large part à ponctionner le travail des uns pour encourager l'oisiveté des autres, sous toutes ses formes : chomage, absentéisme, retraite, congés, ... Comme en toutes choses, l'usage normal de ces droits est une bonne chose, mais il est évident que l'indécence n'est pas le monopole des patrons trop bien payés.

Enfin, pour faire court dans ce billet, je veux encourager tous ceux qui parlent du travail à en parler comme d'une bénédiction et non comme d'une malédiction. Je vous rappelle ici ma définition du travail : une activité utile, efficace et agréable. Essayez la et vous verrez qu'elle change la vie, ne serait-ce que par les choix qu'elle facilite !

 

30/05 - Feuilleton de l'été (quand il daignera se montrer)

Dans "La Chute", Albert Camus nous avait prévenus : même le juge peut être amené, bien que rarement, à rendre des comptes. Nos juges (affiliés au SM), ayant déjà marqué leur sensibilité de gauche sur un fameux "mur des cons", se vengent d'un régime de droite en faisant feu de tout bois.

De ma part, point de reproche : "Nobody is perfect" (My name is Nobody).

Mais si on veut casser un jugement pour collusion (Bernard), il sera difficile d'en préserver un autre encore plus entaché de collusion (Liliane).

Il me semble avoir déjà évoqué, à propos des pourfendeurs et moralisateurs, qu'il peut exister une justice imminente. Voici qui est confirmé.

 

31/05 - Courage politique

Chaque pays frisant le défaut de paiement se voit perdre sa souveraineté au profit des institutions qui viennent l'aider : FMI, BCE, Commission Européenne.

La France vient de demander un délai pour atteindre des objectifs européens de déficit budgétaire et Bruxelles lui a répondu.

Notre président peut réagir comme il l'entend à cette réponse de Bruxelles. Et nous percevons tous que la réaction de François Hollande n'a d'intérêt que s'il est effectivement en mesure de nous éviter toute perte de souveraineté.

Ce qui, admettons le, est bien improbable.