Archives Juin 2013

03/06 - Madagascar : pleure ô mon pays bien aimé

France 5 présente ce soir un reportage sur Madagascar. Ce pays, tous les visiteurs l'ont admiré, aimé. Et, pourtant, il n'a cessé de s'enfoncer dans une pauvreté de plus en plus accablante. Accablante certes, pour les populations qui sont au seuil de la survie. Mais accablante, surtout, pour ses dirigeants qui n'ont eu, sur les cinquante dernières années que leur dogmatisme ou leur intérêt individuel en vue.

Madagascar devrait être un cas d'école d'économie politique, le cas à étudier pour montrer ce qu'il ne faut surtout pas faire.

J'ai, le temps d'une proposition, été impliqué dans le redressement économique de cette ile. Les industriels du monde développé se seraient investi dans ce pays jeune et affamé. Mais les politiques de l'époque n'ont pas accepté de limite à leur pouvoir ni à leurs bénéficies de corruption. Alors les industriels sont repartis.

Et si, aujourd'hui, vous envoyez de l'argent à une mission ou une oeuvre caritative malgache, il existe une certaine probabilité que le politique local s'en empare...

 

04/06 - Révision du quotient familial

L'exécutif a donc choisi de réviser le quotient familial plutôt que d'abaisser les allocations familiales pour les "plus aisés".

Il y a beaucoup à dire sur cette décision et vos médias spécialisés l'ont déjà fait avec beaucoup de professionnalisme. Ma valeur ajoutée, à vous mon cher lecteur ou ma chère lectrice, va dans un message que nous ferions bien de capter, mémoriser et utiliser.

Dès sa première année, ce gouvernement a prélevé sur tout ce qui réussit en France. Certes, l'économie ne s'en porte pas mieux, mais ce ne semble pas être son souci premier. Il a affirmé vouloir faire des économies, mais les coupes décidées sont une faible fraction des nouvelles dépenses engagées, sans compter les promesses non encore tenues. Ce gouvernement a ses raisons, probablement sociales et politiques, pas toutes avouables. Il a aussi ses faiblesses, parmi lesquelles l'absence de pédagogie et de courage politique.

Je commence à penser, une pensée qui n'engage que moi, que ceci va se poursuivre tant que ce gouvernement aura la main : de nouvelles contributions obligatoires pour les classes "aisées" et une augmentation des dépenses publiques, pas toujours justifiées.

Les conséquences possibles de cette politique sont malheureusement dramatiques : un état de crise profonde, une augmentation significative et durable du chômage, voire une explosion de l'Euro.

Je me dis, et n'engage toujours que moi, que le jour où ceci arriverait, il faudrait mieux ne pas avoir toutes ses billes en France, ni même en Eurozone.

 

05/06 - Endettement compulsif

Dans "Boomerang", Michael Lewis risque une explication scientifique sur l'endettement compulsif des peuples riches.

Leur cerveau reptilien, le plus primitif et le plus rapide, se serait anormalement développé à force de pouvoir obtenir tout ce dont il a besoin, puis tout ce dont il a envie, au point que le cortex n'est plus capable d'en limiter l'avidité.

De ce fait, une partie croissante de la population est maintenant programmée à obtenir ce qu'elle veut, tout de suite et quelles qu'en soient les conséquences à venir.

La théorie explique que deux issues sont probables :

- l'étouffement par excès de consommation (syndrôme de "La grande Bouffe")

- une douleur de rappel lancée par notre environnement (situation de faillitte), suffisamment forte pour nous faire changer de comportement.

Je veux bien admettre que nos problèmes d'endettement sont un problème de société et comprendre la douleur psychologique de ceux qui s'endettent excessivement. Mais alors comment interprêter la bêtise et l'irresponsabilité de ceux qui leurs prêtent ?

 

06/06 - Les experts du FMI

Il y a beaucoup à dire sur "les experts".

Ainsi de ceux qui sont spécialistes d'une niche (ceux qui savent tout sur rien) et à qui l'on demande, régulièrement, de s'exprimer sur l'ensemble des situations économiques et politiques. Ma station de radio préférée le fait tous les jours ... mais c'est également le cas des émissions Radio-TV qui recueillent la plus forte audience dans le genre.

Ainsi de ceux qui sont des lobbyistes de synthèse. Ils travaillent souvent sur instructions, recueillent de préférence les sources qu'on leur a indiquées, fait les enquêtes publiques auprès des personnes filtrées et monté des synthèses qui ne peuvent qu'aller dans le sens de leur commanditaire, public ou privé. Ceux-ci sont de vrais experts professionnels en ce sens qu'ils mettent leur expertise au service de ceux qui les commandent.

Et puis il y a les experts "type FMI", forts compétents chacun dans leur spécialité. Sauf qu'on a souvent oublié de les coiffer d'un autre expert, plus responsable, qui est là pour analyser la situation générale et prendre des décisions sur la stratégie de traitement de l'ensemble des problèmes, existants et à venir.

Mon dernier livre au titre provocateur "Redresser le pays, c'est si con ?" se plaint également que la France n'ait pas eu, depuis 40 ans, un responsable capable de faire part d'une vision claire de la situation et d'une stratégie visible pour l'améliorer.

Alors que nous avons de si bons experts.

 

07/06 - A propos d'égalité

Confronté au déficit des régimes retraites, le gouvernement va avoir l'occasion de nous montrer si son amour de l'égalité s'étend à l'égalité devant le travail.

Comme je l'ai suggéré dans le billet d'hier, il est tentant pour l'exécutif de convoquer un député de la majorité et de lui commander un rapport destiné à déblayer les négotiations entre partenaires sociaux. Si c'est le cas, on le voit, l'implication du président est à la fois discrète et efficace.

Le rapport a identifié les voies classiques du dialogue entre les partenaires sociaux, plus une, celle de la réforme des retraites des fonctionnaires (mais a minima).

J'ai évidemment mon idée sur ce qui sera ultimement entériné par le pouvoir politique, puisqu'il tient à intervenir sur tous les sujets.

Permettez-moi de garder cette idée pour moi et de seulement suggérer que l'on observe l'égalité de traitement qui sera appliqué entre les salariés du privé et ceux du public.

 

10/06 - Bercy menteur ou victime

Bercy nous informe que les recettes de l'Etat sont sur une pente de 30 miliards inférieure à leurs prévisions, notamment à cause de la TVA.

Le montant moyen de la TVA étant de l'ordre de 170 milliards par an, une perte de 30 milliards principalement sur cet impôt signifierait une baisse de l'ordre de 10%.

Soit donc on nous ment, et ce sont les autres impôts qui rentrent moins. Soit de nombreuses transactions se passent maintenant sans déclaration et c'est le travail au noir qui explique une partie de cette baisse de rentrées fiscales. Dans les deux cas, Bercy souffre de la pression qu'il exerce sur les agents économiques.

 

11/06 - Crach obligataire ?

Cela fait des lustres qu'on nous promet un éclatement de la bulle obligataire. Que peut-il donc nous arriver ?

Existe-t-il une bulle obligataire ?

Oui si on considère que les taux d'intérêt des emprunts publics n'ont jamais été aussi bas, poussant ainsi les obligations à la hausse. Dans ce cas, toute remontée des taux fera baisser le cours des obligations et provoquera une destruction de richesse chez tous les détenteurs de ces obligations (en France, les porteurs d'assurances-vie, les assurances et les banques). La déflation et la crise qui suivra pourront être à la hauteur des montants en jeu.

Non tant que les banques centrales semblent déterminées à (et ont les moyens de) continuer à acheter la dette publique. Dans ce cas, le risque serait de créer une inflation incontrôlable, en plus qu'une irresponsabilité budgétaire généralisée. L'inflation et la crise qui suivra pourront être à la hauteur des montants en jeu.

Les Allemands qui sont généralement des gens sérieux et raisonnables ont donc bien raison de s'inquiéter de notre refus de réduire notre déficit budgétaire et, à terme, retrouver notre solvabilité. Vont-ils siffler la fin de la récré en empêchant la BundesBank de financer la dangereuse stratégie de la BCE ?

 

12/06 - Bercy, menteur ou victime (commentaire)

J'ai reçu un étrange appel téléphonique ce matin d'un lecteur, comptable de son métier, qui me faisait part de ce qu'il vit auprès de certaines PME clientes.

Il constate qu'elle sous-déclarent leurs ventes soumises à TVA, trimestre après trimestre, et que, au moment de régulariser en fin d'année, elles n'auront probablement pas les moyens de payer le solde de leur dette fiscale. Elles attendront donc que le fisc vienne les chercher et les mette en faillitte ... ou négocie le montant à régler.

Il constate également un allongement des délais des cotisations patronales aux caisses sociales et que, là encore, il est fort probable que ces caisses devront patienter, puis choisir entre faire liquider ou négocier les paiements.

Je n'irai pas me risquer à établir des statistiques sur ces comportements. Mais c'est juste un signe que notre économie est aux abois, bien au-delà de ce qu'indiquent les publications INSEE.

 

13/06 - Génération Entreprises

Formidable colloque ce matin dans les locaux de l'Assemblée Nationale sur ce qu'il conviendrait de faire pour redresser la France : 300 personnes rassemblées pour écouter des intervenants de grands talents, comme Xavier Fontanet, le dirigeant qui a propulsé Essilor en première place des principaux marchés de la planète.

On y ressentait une atmosphère de fin de règne :

Les nouvelles buzzaient sur les mobiles de la probable mise en examen de politiques dans le dossier Tapie, de la possession de comptes en Suisse par des ministres et anciens ministres, de la formation d'une équipe de direction par les candidats du Medef, ...

On y ressentait l'urgence devant les aggravations économique, fiscale, budgétaire, financière, européenne.

On y ressentait, derrière des propos fort policés, l'amertume d'un pouvoir économique meurtri par le mépris du pouvoir politique à son égard. En mettant la réduction des dépenses publiques en première de ses priorités, le pouvoir économique ne peut que s'aliéner l'ensemble des populations qui vivent de l'argent public, parmi les quelles les fonctionnaires et les bénéficiaires des transferts sociaux.

On y ressentait, chez ces personnes qui comptent par leur richesse, leur talent, leur influence ou leur contrôle d'une facette de notre économie, une profonde schizophrénie : une partie d'eux-même était bien là, sur l'estrade ou dans la salle, à s'exprimer ou à écouter sur les traitement à appliquer à la France pour la redresser ; mais une autre partie d'eux-mêmes était déjà à l'étranger, quelques-uns fort célèbres étant déjà "résident étrangers" et parlant haut et fort de diagnostic et de solutions.

Pour ma part, j'ai pu entendre à chaque intervention l'appel à une ligne d'action claire, lisible, franche, dotée de pédagogie, facile à transmettre et à partager, bref, tout le contenu de mon dernier ouvrage au titre provocateur :"Redresser le pays, c'est si con ?"

Je vous l'adresse en version pdf, partageable, sur simple demande.

 

14/06 - Raisons d'un départ, raisons d'un retour

C'est le sujet "chaud" entre les gros contribuables et les contribuables potentiels (talents, diplômés, sportifs, artistes) : pourquoi je pars ... ou pourquoi je pense à rentrer.

Paradoxalement, la fiscalité n'entre pas dans les premières motivations !

Quand ils sont jeunes, les candidats à l'expatriation cherchent une expérience de mondialisation, des marchés porteurs, une reconnaissance plus forte qu'en France (nul n'est prophète ...), des facilités de création et de développement de leur projet, une souplesse de fonctionnement, une simplicité de rapport avec leur environnement, dont l'administration, ...

Quand ils sont âgés, les expatriés parlent de facilité de vie, de respect mutuel, de coût de la vie, de climat météo agréable, de disponibilité des services à la personne, d'équilibre entre leurs relations sociales en France et dans leur pays d'adoption.

Par rapport au patriotisme, deux arguments sont présentés par diverses classes d'âge : on sera plus en mesure d'aider les Français de l'intérieur en prospérant à l'extérieur le jour où le besoin sera devenu criant ; on ne veut pas s'associer à des décisions de politique économique qui nous semblent néfastes pour le pays.

Et ceux qui rentrent ? Ils avouent avoir beaucoup travaillé pour se constituer un patrimoine. Revenir en France, se rapprocher de leur famille, travailler moins en profitant un peu du système, éviter le "syndrome colonial" (ne vivre qu'entre expats aux rémunérations élevées), éviter le "syndrome du mouchard" (l'employé de la banque qui envoie des listes de clients aux administrations fiscales des pays de résidence), profiter de la France "terre de vacances" et de tout ce qui va avec en termes de culture, de loisirs, de gastronomie.

Si je voulais caricaturer, j'écrirais que ceux qui partent sont les retraités ou les ambitieux ; ceux qui rentrent sont les fatigués et les vacanciers.

 

17/06 - François Hollande sur M6

Le virage effectué dans la communication du Président vers une vision économique plus efficace (enfin s'attaquer à la taille du gâteau plutôt de ne se préoccuper que de sa répartition) est impressionnant chaque fois qu'il traite des priorités "en général".

Pourtant, dès qu'on aborde des solutions "en particulier" (jours de carence des fonctionnaires, âge minimum de départ à la retraite, correction des inégalités provoquées par les régimes spéciaux, ...), il s'appuie sur d'excellents arguments économiques ou managériaux pour les relativiser, voire même les disqualifier.

Comme tout bon politique, il explique ainsi pourquoi ce sont les intentions qui sont louables et les actes qui rendent impopulaires ; il nous démontre que courage et politique ne font pas bon ménage.

Et moi, stupidement, qui ai toujours cru le contraire !

 

18/06 - Fraude fiscale

Pendant que les célébrités du G8 en discutent en Irlande du Nord, la fraude fiscale s'amplifie dans de nombreux pays. Non pas celle qui ressemble à de l'évasion massive, mais celle qui se joue au quotidien et à petite échelle unitaire, de façon généralisée (notes de frais, sans facture, ...).

Le leitmotiv de ceux qui sont tentés ou passent à l'acte est souvent : "Quand je vois ce qu'ils font de nos impôts !"

Je suggère donc que le G8 consacre quelques minutes de ses échanges pour traiter de ce sujet : mieux utiliser l'argent public peut-il devenir un moyen efficace de lutter contre la fraude fiscale ?

Et puisque les médias ont décidé de traiter le thème de la fraude, ils peuvent également aborder le thème de l'utilité et de l'efficacité de la dépense publique.

 

 

19/06 - Histoire annale

C'est l'histoire des parties du corps qui discutent de leur place respective dans leur société. Celui qui sera sur le podium aura la considération de tous, pourra imposer sa volonté et bénéficier de nombreux avantages.

Chacun plaide son cas :

Les yeux : "Je vois ce qui se passe autour de nous et je relaie cette information. Je dois être sur le podium."

Les mains : "Je suis l'outil principal pour réaliser ce que tout le corps décide. La majorité des actions passe par moi. Je dois être sur le podium."

La bouche : "J'exprime aux autres corps ce que notre corps veut et j'absorbe les aliments qui nous sont essentiels. Je dois être sur le podium."

Le cerveau : "Toutes les informations m'arrivent et j'adresse toutes les décisions d'action ou de communication aux autres parties. Je dois être sur le podium."

Je vous la fais courte !

Le trou du cul parle en dernier : "Je veux être sur le podium !"

Toutes les autres parties éclatèrent de rire.

Alors, vêxé, le trou du cul se mit en grève et se boucha complètement.

Les autres parties du corps ressentirent progressivement les conséquences de cette grève, commencèrent à s'asphyxier puis à dépérir rapidement. Un jour, elle s'adressèrent au trou du cul et lui proposèrent le podium.

 

Il y a deux leçons à tirer de cette histoire :

Peu de parties d'un corps sain sont inutiles et il faut se méfier de toute pensée qui insinueraient que certaines sont moins utiles que d'autres.

Notre société se comporte souvent comme dans cette histoire et ce sont souvent les trous du cul décidés qui obtiennent ce que chacun veut. L'analogie a déjà commencé avec les prises de positions sur les retraites.

 

20/06 - Cadeau fiscal

J'ai un ami qui s'est fait attaquer dans la rue en rentrant tard chez lui. Ses agresseurs lui ont pris son portefeuille, ont gardé l'argent et lui ont lancé son portefeuille en lui criant : "Cadeau !"

Ce même ami a une entreprise. Le gouverment lui a augmenté ses prélèvements de 120.000 euros et lui a lancé le Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi, d'environ 4.000 euros. Des parlementaires de la bande ont crié : "Cadeau !"

Vous voyez une différence ?

 

21/06 - La méthode française

En France, on dit vouloir quelque chose, par exemple le plein-emploi ; et, par conséquent vouloir s'attaquer à son contraire, dans notre cas le chomage.

L'association des volontés des politiques et des fonctionnaires va provoquer les deux phénomènes suivants :

  1. On va SURTOUT EVITER de s'attaquer aux causes premières du problème que l'on veut résoudre (arbitrer systématiquement pour le travail au détriment de l'oisiveté et taxer les revenus du capital de façon économiquement efficace)
  2. On s'attaque aux causes secondaires par des mesurettes ultra-compliquées et d'effet limité (CICE, emplois aidés, contrats de génération, recrutement de fonctionnaires, ...).

C'était le discours de notre président hier, pour l'ouverture des rencontres sur le financement des retraites.

 

22/06 - Alerte financière

Beaucoup d'experts prévoyaient que les taux sur la dette financière française s'envoleraient en cas de victoire électorale de la gauche à partir du 6 Mai 2012.

 

Les raisons pour lesquelles ce ne fut pas le cas sont probablement nombreuses et complexes : les taux étant bas partout dans le monde, le taux appliqué à la France est resté un taux favorisant le retour à l'équilibre budgétaire et donc ne suppose pas de forte surprime par rapport à l'Allemagne ; les autres raisons invoquent dans le désordre la capacité de l'administration française à "lever" l'impôt (prendre l'argent là où il se trouve), les achats de dette française par des pays voulant affaiblir leur monnaie par rapport à l'Euro (ex. la Suisse, le Japon, la Chine), et par des pays "amis" (ex. le Qatar), etc.

 

Durant cette première année du quinquénat, le coût de sa dette est donc resté raisonnable, ce qui a permis au président d'affirmer qu'il avait stabilisé les dépenses publiques. Peu d'autres efforts ont été faits sur la dépense. Quant aux recettes, malgré l'augmentation de la ponction fiscale, il se pourrait bien qu'elles stagnent parce que les taux sont dissuasifs et présentent une somme d'effets pervers que chacun connait ou peut imaginer facilement.

 

Pourquoi déclencher une alerte aujourd'hui ?

Le discours de Ben Bernanke cette semaine sonne la fin, certes conditionnelle et progressive, de l'argent facile. Les Etats-Unis, renouant avec la croissance, vont connaître des taux légèrement supérieurs dans l'avenir. Plusieurs conséquences pour les acteurs économiques :

  1. Quand les acteurs économiques s'attendent à des hausses de taux d'intérêt, il patientent, avant d'acheter de nouvelles obligations, jusqu'à ce qu'ils estiment que les taux atteints soient stabilisés après la hausse. Cette patience est susceptible de créer un vide envers les souscriptions d'obligations et donc une hausse rapide des taux. Cette anticipation peut se trouver freinée par des interventions pertinentes de la Fed.
  2. Quand les taux d'intérêts augmentent sur des obligations longues, le cours de ces obligations diminue avec le multiple des années avant maturation. Une obligation à 10 ans, quand les taux augmentent de 1%, perdra 10%. Ceci peut fragiliser des banques, des compagnies d'assurances, des comptes assurances-vie, des ménages, ...
  3. Une augmentation des taux sur les obligations américaines sera contagieuse vers les obligations d'autres pays, notamment en Europe. Une part de cette augmentation sera collective, c'est à dire qu'elle s'appliquera mécaniquement à tous les pays. 
  4. Une augmentation des taux ayant une influence sur le budget des Etats, les prêteurs devront ré-étudier les primes de risques qu'ils appliquent à chacun des pays. Et c'est ici que le cas de la France peut faire l'objet d'une étude particulière. Jusqu'à présent, la France était "pénalisée" par une prime de risque de l'ordre de 50 points de base par rapport à l'Allemagne. Mais si les taux augmentent, la France verra son déficit budgétaire augmenter dans des proportions qui seront de plus en plus difficiles à compenser par de nouvelles recettes ou une diminution des dépenses. La question de la solvabilité risque d'être posée dans des termes qui incitent à la prudence, puis à la méfiance, voire à la défiance. La prime de risque augmentant, la France entrerait dans un cercle vicieux difficile à arrêter. Elle se retrouverait un peu comme l'Italie dans la crise qui s'est dénouée avec l'arrivée de Mario Monti à la tête de son gouvernement en 2011.

Il existe de nombreux facteurs qui peuvent infléchir ce cours des choses, parmi lesquels une possible baisse de l'Euro/Dollar, rendant nos exportations plus faciles et boostant notre économie à partir de nos exportations. Le rôle de la BCE est encore incertain dans un tel scénario, de même que la fragilisation relative des pays emprunteurs européens (lourde dette de l'Italie, économie fragile de l'Espagne et du Portugal, harmonisation fiscale à l'égard de l'Irlande, le Luxembourg et l'Autriche, refus d'efforts supplémentaires par la Belgique et les Pays-Bas, abandon d'une politique monétaire conservatrice par l'Allemagne, ...). 

Cette inflexion de la politique monétaire américaine dans un climat social et économique mondial difficile pourrait bien être l'étincelle qui provoque ce "Temps des Turbulences" annoncé par Alan Greenspan dans son livre.

 

24/06 - Mais où donc ...

Peut-on mettre son argent ?

Encore faut-il en avoir ! Même les riches ont des problèmes ! Ce sont des problèmes de riches ... Ce sont des problèmes quand même ! (publicité de la Barclays dans les années 90).

L'immobilier est l'otage des mesures fiscales qui pourraient bien nous matraquer quand l'Etat en sentira la nécessité et la possibilité.

Les obligations et les actions n'ont qu'une direction où aller, vers le bas, au moins jusqu'à ce que les taux soient stabilisés à leur nouveau niveau (supérieur à l'actuel, évidemment).

Les liquidités confiées aux banques ne rapportent rien et, de plus, sont soumises aux risques bancaires que nous avons évoqués dans l'alerte financière du 22/06.

L'or est en chute libre. Les devises que l'on croyait fortes (Franc Suisse, Yen) sont manipulées à la baisse par leur banque centrale.

Faites nous part de vos choix et bon courage pour la suite !

 

25/06 - F. Hollande accélère la maturité économique des Français

Ce matin, Guillaume Peltier (la Lettre de l'opinion) livrait à un aréopage de parlementaires et de chefs d'entreprises les plus récents sondages couvrant l'opinion des Français sur nos dirigeants et leurs décisions.

Surprise : alors que les Français étaient les plus anticapitalistes du monde libre, notre président les a convaincus que la libre entreprise est l'atout le plus efficace de notre économie.

Nous devon sdonc souhaiter que F. Hollande reste aux commandes, au moins jusqu'à ce que les Français soient durablement vaccinés contre les effets de l'hyper-administration.

 

26/06 - Pas pris une ride !

"Le Cours" a été écrit au premier trimestre 2012, durant la campagne présidentielle française. Il n'a pas pris une ride. L'exposé des situations à l'époque et des solutions possibles est toujours d'actualité. "Le Cours" pourrait avoir été écrit au second trimestre 2013, sauf les allusions à une campagne qui ne préjuge donc pas de son résultat électoral. A lire et à relire pour mieux comprendre les choix, les enjeux, les possibles solutions. Un livre qui ne vieillit pas doit avoir quelques qualités, non ?

Fin Février et début Mars, je faisais quatre billets sur les stratégies de F. Hollande. Trois mois plus tard et après beaucoup d'annonces présidentielles et ministérielles, ces billets n'ont, eux non plus, pas pris une ride. Ils décrivent clairement les éléments d'appréciation du point de vue de son poste présidentiel. On y déchiffre les raisons pour lesquelles l'homme ne peut pas être aussi incompétent et stupide que ses annonces, même les plus récentes, nous poussent à le penser.

 

27/06 - La famille Peugeot se désengagerait de PSA ?

Ce sont en tout cas les rumeurs qui circulent et que ni la famille ni PSA ne veulent commenter. Voyez à ce sujet mes billets du 24 Avril et ensuite.

 

27/06 - Quel avenir pour l'Euro ?

Il y a ceux qui défendent l'Euro, becs et ongles. Face à leurs interlocuteurs, ils finissent par demander "plus d'intégration" et citent l'exemple américain. Gentils mais irréalistes parce que l'Europe n'est pas une fédération dans laquelle la notion de nationalité d'origine disparaîtrait dans une sorte de nationalité européenne, avec une langue unique, un gouvernement unique, au moins pour les affaires économiques et fiscales et, pourquoi pas, une même mobilité géographique qu'aux States.

Il y a ceux qui vous démontrent que continuer l'aventure de l'Euro est impossible, qu'elle affronte une trop grande disparité de politiques économiques, elles-mêmes le reflet des diverses sensibilités des peuples, qu'elle impose un trop fort recul de la souveraineté des peuples (surtout de la nôtre). Face à leurs interlocuteurs, ils finissent par admettre que la sortie de l'Euro constituerait un exercice à haut risque entre les fuites de capitaux, le freinage rapide des flux intra-européens, les destructions d'emplois, les hausses quasi-générales du coût de la vie, etc.

 

Alors, si on ne peut ni garder l'Euro, ni s'en passer, quel avenir entrevoir ?

 

Plusieurs institutions privées (banques, think tanks) et probablement publiques (BCE, banques nationales, cabinets ministériels) planchent sur l'évolution jugée la plus crédible : garder l'Euro tout en réintroduisant les monnaies nationales qu'un comité des sages pourrait faire évoluer par rapport à l'Euro (système de changes administrés).

Cette évolution ne présente pas tous les inconvénients des deux positions présentées en introduction, ni tous les avantages non plus. Surtout, le diable étant dans les détails, les mécanismes d'amortissement des fluctuations entre monnaies nationales devront être soigneusement étudiés, avec une anticipation de moyens à la mesure des pressions financières possibles.

La démarche est intéressante et mérite d'être suivie. Je le ferai donc !

 

28/06 - No one would listen

Didier Migaud a fait un fort bel exercice de conseil et de pédagogie à l'égard du gouvernement et des parlementaires. J'ai malheureusement peur que son message soit dilué les lointaines préoccupations de ceux qui auraient dû l'écouter en priorité.

Je compare ce type de discours à la parabole du semeur : tout cette semence jetée sur une terre aride ne donnera que quelques pousses, alors que si le semeur attend la saison des pluies, sa récolte sera optimale.

Pour la France, la saison des pluies se confondra hélas avec la débâcle, inévitable compte tenu du chemin qui y mène et que nous prenons avec consistance depuis plus d'une génération.

Incidemment, "No one would listen" est le titre de celui qui a dénoncé Madoff, en vain, pendant 10 ans avant que celui-ci ne tombe faute de munitions. Les dégâts furent multipliés par plus de 10 par manque de diligence de la SEC.