Archives Juillet 2013

01/07 - Excusez-moi d'insister

Il y a ceux qui savent, dont vous êtes peut-être, et les autres. Si vous êtes déjà familier avec la Taxe sur le Foncier Constructible (TFC), excusez-moi d'insister.

Dans le cas contraire, je voudrais seulement expliquer que chaque fois que le gouvernement, celui-ci comme le précédent, nous annonce un renforcement fiscal, je me révolte de voir que l'augmentation prévue aura des effets profondément négatifs pour l'économie et l'avenir de ce pays.

Excusez-moi de répéter que la très grande majorité de nos impôts touchent l'activité des agents économiques et, à partir d'un certain taux de prélèvement, sont contreproductifs, appauvrissant l'ensemble de la collectivité.

La TFC échappe à cette malédiction fiscale. C'est pourquoi je souhaite la mieux faire connaître et avoir l'opportunité de la défendre dans les débats que l'on me proposera. En attendant, j'ai assuré l'impression de 100 exemplaires de la BD provisoire qui reprend "Le Cours" sous le titre "Terrain constructible à vendre".

N'hésitez pas à me la demander.

 

02/07 - Tous perdants

La politique du logement de ce gouvernement risque de laisser la population dans une situation bien pire qu'il ne l'a trouvée en arrivant.

Non seulement ceux qui auraient pu faire construire des logements neufs risquent de ne plus le pouvoir, faute de munitions, mais ils n'en ont plus envie parce que les nouvelles lois les priveront d'une grande partie de leurs droits de propriété et des bénéfices attendus.

Alors, la prévision du candidat Hollande de "construire" 500.000 logements par an durant son mandat risque de se traduire par une réelle pénurie due à une moyenne de moins de 300.000 logements par an.

A moins, évidemment, que ce gouverment admette les logements locatifs dans l'assurance-vie ...

 

03/07 - Après la chute, quelques scénarios

La France sera-t-elle amenée à se mettre un jour au régime sec, comme l'Irlande, la Grèce, l'Italie, l'Espagne et d'autres pays l'ont fait avant elle ? Par régime sec, j'entends une bonne dose de changement imposé de l'intérieur ou de l'extérieur, bien au-delà de ce que nous avons connu jusqu'à présent.

Dans mon livre "Redresser le pays, c'est si con ?", je mets totalement l'accent sur la création de richesse (plutôt que sa redistribution), sur le travail (plutôt que l'oisiveté qui est le fait de ne pas travailler quand on peut travailler) et sur le capital (investi en priorité dans les fonds propres des entreprises). Malheureusement, une majorité de gauche devra avoir 2 fois plus de courage qu'une majorité de droite pour faire passer un tel programme qui nous éviterait le régime sec.

Il nous reste donc à étudier les divers scénarios suivant une éventuelle crise financière de la France.

Ce que je ferai dans les prochains billets (à suivre ...)

 

04/07 - Première phase : méfiance, défiance, hausse des taux souverains

Tant qu'un pays, aussi endetté et déficitaire soit-il, continue à avoir la confiance des prêteurs, il emprunte à des taux bas, ce qui est une sorte d'encouragement à continuer !

Dès que la méfiance se pointe, les taux remontent, ne serait-ce qu'un peu. Chacun peut anticiper la charge supplémentaire sur le budget, d'abord légère puis, si la situation dure un peu, de plus en plus lourde. La méfiance eut alors faire place à la défiance et les taux d'intérêt s'envolent.

Quand les taux s'envolent, le prix des obligations s'effondre et, pour les propriétaires de ces titres, la situation immédiate est la même que s'il y avait eu restructuration de la dette (annulation partielle) : une perte sèche. Les entreprises victimes de cette situation doivent notamment la refléter dans leurs comptes, ce qui diminue d'autant leurs fonds propres. Les banques et les assurances notamment perdent alors une partie de leur capacité de tenir leurs rôles de prêteurs, d'investisseurs ou d'assureurs dans l'économie réelle. Ces pertes affectent également la valorisation des entreprises du pays (baisse de la Bourse), diminuent "l'effet de richesse" et incitent à l'épargne plutôt qu'à la consommation.

Le pays peut entrer en récesion, avec ses conséquences sur le chômage qui monte et sur les recettes de l'Etat qui diminuent.

Nous observons tous ces effets en Espagne et au portugal aujourd'hui. A suivre ...

 

05/07 - Seconde phase : crise sociale et politique

Il n'est plus possible à la majorité aux commandes de ne pas accepter une large part de responsabilité sur la crise, son ampleur et son évolution. Les principaux moteurs de l'économie se sont déjà protégés par la délocalisation ou par l'absence de prise de risques. Ceux qui restent descendent dans la rue et exprimer leur mécontentement. Les politiques, même dans une même majorité, ne sont pas d'accord sur les remèdes à appliquer. On assiste à des changements ministériels et les positions se durcissent encore, les uns par déception, les autres après avoir récupéré leur "liberté de parole". Les partis extrémistes recrutent.

 

08/07 - Troisième phase : interventions extérieures

Les pays qui contrôlent leur banque centrale et peuvent "dévaluer" (les " sont là pour rappeler que l'on ne dévalue plus aujourd'hui, on se contente de manipuler ou laisser filer sa monnaie) l'ont déjà fait, provoquant une importante inflation importée et une baisse du pouvoir d'achat de tous ceux, à revenus fixes, qui tirent leur richesse du marché national. A l'inverse, ceux qui, comme en Islande, tirent leur richesse de l'exportation vers les marchés à devise forte s'en sortent plutôt bien. On constate donc une migration des prestations "vers l'intérieur" au profit des prestations "vers l'extérieur" et une amélioration rapide de la balance commerciale.

Rien de tel cependant pour les pays de l'Eurozone. Afin de pouvoir continuer à emprunter, ces pyas en crise doivent apporter la preuve qu'ils prennent ou prendront rapidement les mesures impopulaires, supposées favorables au redressement économique et budgétaire, qui ont été trop longtemps repoussées.

Un observateur neutre mais attentif ne pourrait pas s'empêcher de penser qu'il est nécessaire que les mesures soient impopulaires. Comme pour punir ces peuples qui n'ont pas voulu entendre la vérité ni mettre au pouvoir des politiques courageux ; et comme pour laisser une trace dans leur histoire, un rappel que la rigueur économique est une qualité essentielle des gouvernements qui ne doit pas être traitée avec désinvolture, ni par les électeur ni par les élus.

 

09/07 - Troisième phase (2)

Ces pays en crise vont devoir adopter des mesures consistant à réduire la consommation et à augmenter la production. Ce qui semble simple à dire ne l'est pas forcément à faire, ne serait-ce que parce que la réduction de la consommation intérieure n'encourage pas l'augmentation des facteurs de production, travail et capital.

C'est précisément à ce moment, comme on l'a vu dans l'exemple islandais, qu'il est urgent et important que se mobilisent, sur le territoire national, les acteurs offrant des prestations "vers l'extérieur". S'ils sont déjà largement partis, comme ce fut le cas en Irlande, Grèce, Portugal, Espagne, ... il faut les faire revenir et/ou transformer rapidement les fonctionnaires et salariés "tournés vers l'intérieur" en entrepreneurs, commerciaux et agents de production "tournés vers l'extérieur".

D'autres mesures sont plus classiquement conservatoires : hausse de la TVA qui amputera d'autant le pouvoir d'achat, gel des transferts (indemnités de chômage, remboursement des jours de maladie, retraites, allocations diverses), diminution de la masse salariale des agents de la fonction publique, ...

Un troisième train de mesures aura pour objectif de faire en sorte que les mesures conservatoires n'aient pas trop d'impact récessif. Comme ce troisième train est plutôt technique, il est développé dans le prochain billet.

 

10/07 - Troisième phase (3)

Il existe un indicateur, appelé "coefficient multiplicateur", qui est censé mesurer la corrélation entre le déficit budgétaire et la relance économique ou, au contraire, entre la rigueur budgétaire et la stagnation ou la récession économique. Cet indicateur est censé refléter une certaine interprétation faite des thèses de Keynes. On constate cependant que les pays dits développés ont une longue expérience du déficit budgétaire non accompagné des taux de croissance correspondants. D'un autre côté, il est vrai que la rigueur budgétaire "classique" est susceptible d'avoir des effets récessifs (provoquant une récession économique) et des effets régressifs (provoquant une baisse des recettes de l'Etat). C'est cet écueil que les techniciens du redressement économique et budgétaire vont devoir surmonter.

 

Comme je l'ai déjà écrit et répété dans ces billets, il existe toujours un niveau de taux de prélèvement qui génère des effets récessifs et régressifs. Quand, par exemple, l'Etat confisque une trop grande part des revenus du travail ou des revenus du capital, on ne peut pas s'étonner de voir des agents économiques, par ailleurs efficaces, démotivés de travailler ou d'investir.

Il s'agit d'une constatation qui a été faite depuis longtemps dans les pays développés mais que les occupants de Bercy semble découvrir maintenant, par la coûteuse expérimentation fiscale générée depuis mai 2012.

 

11/07 - Troisième phase (4)

Ceux qui ont lu mon récent ouvrage "Redresser le pays, c'est si con ?" savent déjà que l'on peut améliorer la fiscalité par des arbitrages clairs, consensuels et qui deviennent évidents dès lors qu'ils sont annoncés.

Enoncé simplement, il convient de revenir aux fondamentaux : la création de richesses est la première priorité, l'arbitrage en faveur du travail et par conséquent en défaveur de l'oisiveté (définie comme l'état de quelqu'un qui ne travaille par alors qu'il le pourrait) ; l'arbitrage en faveur du capital productif, notamment dans les fonds propres des entreprises et donc en défaveur du capital improductif comme les terrains constructibles mais laissés à l'abandon en attendant de meilleurs valorisations, etc.

C'est le rôle des intervenants extérieurs que sont le FMI, la BCE, la Commission Européenne de faire des recommandations qui permettront d'amortir la rigueur budgétaire par une relance de l'offre.

 

12/07 - Troisième phase (5)

Ce qui caractérise l'arrivée en phase d'intervention extérieure, c'est la double notion de perte de souveraineté et d'urgence des mesures imposées par nos nouveaux prêteurs (ceux qui se substituent maintenant aux anciens prêteurs).

Ces intervenant ont, depuis longtemps, une certaine idée des problèmes qui affectent les économies des pays en crise et des solutions à apporter tout de suite.

Il est fréquent que les remèdes soient apportés dans le mois suivant l'appel du pays vulnérable et que l'amélioration devienne visible dans les 3 mois suivant cet appel. 

Ceci constitue probablement une autre raison pour laquelle nos prêteurs ne sont pas immédiatement inquiets de la capacité de la France à leur rendre leur argent.

 

15/07 - Un autre grand mensonge ?

Deux gouvernements successifs ont annoncé leur refus de ne pas même explorer les capacités de la France en matière de gaz de schistes. Ceci fait beaucoup de peur à l'égard d'un simple inventaire ! Nous connaissons la frilosité de la France et des Français à l'égard d'un certain nombre de risques réels ou supposés. Mais ce "devoir d'ignorance" semble dépasser toutes les caricatures !

A moins ...

A moins qu'il n'existe pas autant de réserves que la rumeur ne le prétend. Le refus de savoir serait donc considéré comme un bluff à l'égard des marchés financiers qui continuent de nous prêter. Ceux-ci peuvent continuer à croire qu'en cas de faillitte du pays, ils pourront mettre la main sur nos énormes réserves supposées.

Si elles existent, bien sûr !

 

16/07 - Faut-il pleurer sur la Chine ?

Nos experts se désolent de ce que le rythme de croissance de l'économie chinoise ralentisse d'une moyenne de 10% ces 5 dernières années à une moyenne de 7% les 5 prochaines années. Ils y voient de funestes conséquences pour la croissance de l'économie mondiale et le prix des matières premières.

Ma première remarque sur leurs propos est que le prix élevé des matières premières agit comme une taxe sur nos économies. Si donc leur prix venait à diminuer, on devrait plutôt s'en réjouir que s'en désoler.

Ma seconde remarque est que l'économie chinoise était deux fois moindre il y a seulement 7 ans qu'aujourd'hui. Son taux de croissance s'appliquait donc à une petite économie nécessitant encore peu de matières premières. Avec sa nouvelle taille et un taux de croissance toujours significatif, la Chine pourrait bien contribuer à une nouvelle hausse massive du prix des matières premières, actuellement en répit.

Ma troisième remarque est que la Chine tirait peu l'économie mondiale quand on appliquait son taux de croissance de 10% à une économie représentant 5% du total. Maintenant qu'elle représente plus de 10%, son taux de croissance de 7% sera beaucoup plus efficace et nous devons donc nous mettre en position pour en profiter.

 

17/07 - La France, terre d'expérimentation fiscale

De plus en plus d'observateurs étrangers viennent constater en France les dégâts d'une politique économique entièrement tournée contre les facteurs de production (capital, revenus du travail et du capital, mobilité, ...) en préservant l'importance de l'administration et des transferts sociaux, notamment vers les inactifs.

Ils repartiront dans leur pays avec une masse d'informations extrêmement utiles sur ce qu'il convient de ne pas faire pour redresser l'économie d'un pays. Parmi ces informations, la baisse des prestations à domicile, la baisse des transactions financières, la baisse des investissements, la baisse des transactions immobilières et des lancements de chantiers, la progression des délocalisations, la hausse des prestations dissimulées sont des indicateurs qui sont les plus suivis après avoir été corrélés de l'augmentation de leur fiscalité.

Comme les premières années Mitterand, les premières années Hollande rentreront donc dans l'Histoire économique du monde. Quand on répète que les peuples heureux n'ont pas d'histoire.

 

18/07 - Les entreprises nous dévoilent leur objectif n°1

Le temps des Assemblées Générales (AG) a battu son plein au printemps. Les actionnaires et les observateurs qui y ont participé peuvent tous témoigner que l'objectif n°1 des entreprises est : l'international.

Pour celles des entreprises qui font encore une majorité de leur chiffre d'affaires en France, l'international commence à la Belgique, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie ou l'Espagne. Pour les autres, l'international se trouve en dehors de l'Union Européenne.

Ainsi a-t-on pu entendre ce type de message en introduction des AG :

"En 2012, votre groupe a réalisé 60% de ses ventes à l'extérieur de France (ou d'Europe) contre 44% en 2011, soit une progression de 36% sur l'année. Le début de 2013 confirme largement cette tendance."

Le mouvement est fort et généralisé : les entreprises saines sont celles qui sont implantées "ailleurs".

 

19/07 - Quand vous entendez ... comprenez ... !

Les AG ont leur vocabulaire. Déjà quand j'ai acheté mes premières actions d'entreprises, j'avais été étonné d'entendre les mots "consolidation" et "prise de bénéfices" pour signifier que le cours des actions baissait.

Les directeurs généraux et les directeurs financiers ont, eux-aussi, un vocabulaire qu'il vaut mieux déchiffrer. Voici donc un petit lexique spécialisé :

"Je vais chercher la croissance là où elle se trouve" = "Je délocalise"

"Nous soumettons à votre vote la candidature de Madame truc pour ses immenses qualités" = "Nous appliquons enfin la loi sur la parité hommes-femmes"



"Nous avons poursuivi nos efforts pour améliorer nos performances environnementales et sociétales" = "Nous vous présentons notre vitrine environnementale et sociétale"

"Nous contribuons au développement durable énergétique et industriel" = "Nous surveillons ce qui pourrait être rentable en matière d'environnement"

"Résultats conformes à nos prévisions" = "En déclin, en perte" 

 

22/07 - Fonctionnaire à vie

Madame Malylise Lebranchu, Ministre de la Fonction Publique, a plaidé pour qu'on entérine sans discussion le statut "à vie" des fonctionnaires. Comme il s'agit d'un sujet qui fâche, on ne s'étonnera pas du silence des médias sur cette position.

L'argument principal de la ministre est que ce régime convient parfaitement aux missions d'intérêt public confiées aux fonctionnaires. Si ces missions évoluent, ce doit être la responsabilité de l'Etat de permettre l'adaptation de ses personnels à ces évolutions. Il n'y a par ailleurs aucun avantage à se trouver fonctionnaire aidant des personnes dépendantes toute la nuit pour 1.100 euros par mois (sic).

   

Il existe certes quelques avantages à l'emploi à vie, mais sont-ils déterminants ?

   

Il existe quelques inconvénients à l'emploi à vie :

  • Le vivier des fonctionnaires est forcément limité. Il est relativement fermé aux personnes les plus performantes, soit les grands talents qui trouvent des avantages supérieurs ailleurs (responsabilités internationales, rapidité des promotions, potentiel d'initiatives, responsabilité tout court, rémunérations, ...). Il est également relativement fermé aux travailleurs les plus motivés, notamment ceux qui ont faim.
  • Tout Directeur des Relations Humaines vous dira qu'il est difficile de bien motiver des équipes sans carotte et sans bâton. La plupart affirment même que le turn-over d'une partie de leur personnel est le gage d'une optimisation des équipes.
  • Le risque est grand, pour ne pas dire avéré, que toute décision touchant l'Etat est d'abord traité à l'aune des avantages personnels que les fonctionnaires pourront y gagner ou y perdre. Dans un monde ou l'emploi est garanti, il est tentant pour les syndicats d'entamer des bras de fer à chaque remise en cause d'un "avantage acquis", aussi peu justifié soit-il. Les Etats du monde qui ont gardé un statut de "fonctionnaire protégé" ont généralement admis que ce statut est incompatible avec le droit de grève.
  • Il va devenir de plus en plus évident que l'écart "public-privé" divise les Français. Ceux-ci commencent à exprimer leur exaspération à propos des régimes spéciaux pour les retraites de "certaines catégories de personnel". Une majorité qui n'a que les mots de justice et d'égalité à la bouche, dirigée par un président qui se veut le grand rassembleur de la nation, ne pourra pas éternellement esquiver ces inégalités là.
  • La plupart de nos voisins européens et autres pays performants ont mis fin à cette particularité de l'emploi à vie. La France doit-elle tant se démarquer de ses voisins européens et des autres pays performants ?

 Ces inconvénients, rassemblés, me semblent déterminants.

 

23/07 - Que veut l'actuelle majorité ?

Le président a donc dû rompre une promesse de campagne pour recevoir les élus de sa majorité. Sur ce point, je suis de ceux qui pensent que c'est la promesse qui était absurde, pas le fait de vouloir se concerter avec ceux supposés vous soutenir.

Il n'empêche : la pratique du pouvoir donne une louchinette de réalisme économique, tandis que les parlementaires sont toujours sollicités par toute la misère du monde, en tout cas la misère de leur mairie ou de leur fief politique. Sans vouloir être méchant, j'affirmerais ici que ceux qui travaillent n'ont pas le temps de solliciter les politiques.

Ces rencontres entre l'exécutif et les élus de la majorité se traduiront-elles par un équilibre stable, susceptible de donner à la France les moyens de son redressement? L'été nous ledira peut-être.

 

24/07 - Désinvolte

Notre époque serait, entend-on souvent répéter, à la désinvolture. Ainsi se plaint-on de nos partenaires qui ne tiennent pas toujours, ni complètement, leurs promesses.

En fait, notre époque pourrait bien être au court terme. Les Etats donnent l'exemple, qui évitent toute réforme un peu difficile tant que les marchés financiers supportent leur endettement croissant. Les banques centrales y contribuent également, qui donnent des clés de lecture rigoureuses à des pratiques qui ne le sont pas : elles prêtent vraiment à n'importe qui et sans contrepartie significative.

De même que la mauvaise monnaie chasse la bonne, les mauvais comportements pourraient bien supplanter rapidement les comportements vertueux et les stratégies à long terme disparaître sous les exigences du court terme.

 

25/07 - Tous corporatistes ?

La notion de société est-elle une pure vision intellectuelle sans intérêt pratique ?

Le communisme avait fondé sa légitimité sur cette notion, mais son échec a été flagrant : la nomenklatura était la démonstration que toute société n'est qu'un affrontement des égoïsmes personnels ou corporatistes.

Face à ce constat, s'il est confirmé, que peut-on faire ?

D'abord, éviter le déni de cette réalité sociale.

Puis accepter qu'un pouvoir fort (je veux dire ici MORALEMENT fort) puisse conduire les réformes.

Enfin, considérer que les meilleures réformes sont probablement celles qui réconcilient le foisonnement des intérêts particuliers avec l'intérêt général.

Sur ce programme, on doit pouvoir créer un consensus. C'est, entre autres, ce qui est proposé dans "Redresser le pays ..."



26/07 - Avantages acquis

Le terme "avantages acquis" a un relent de lutte des classes qui fait plaisir aux syndicats et à ceux qu'ils soutiennent. Il se mélange aux termes de "acquis sociaux", "avancées sociales", "victoires syndicales".

En même temps, on constate que, s'il est un terme qui divise la population, c'est bien celui d'avantages acquis.

Où se fait la division ? Elle devient évidente entre ceux qui en profitent et ceux qui la paient, comme contribuables ou comme usagers.

Pourquoi les positions des uns et des autres se durcissent-elles ? Pour ceux qui en profitent, il s'agit d'un bastion aussi destiné à défendre l'ensemble de leurs autres intérêts statutaires. Laisser le bastion tomber, c'est ouvrir une brêche dans l'ensemble de leur dispositif de défense de leurs intérêts. Pour ceux qui les paient, la vie devient de plus en plus difficile et il leur devient évident que ces avantages acquis ont perdu beaucoup de leur légitimité (pensez à la prime de charbon pour les conducteurs de TGV ou au budget du Comité d'Entreprise d'EdF). Si le gouvernement entend faire partage un effort, ces payeurs seront de plus en plus attentifs à la remise en cause de ces "avantages acquis".

Il se peut même que le terme prenne une connotation franchement négative, un peu comme "corporatisme", "clientélisme", "injustice sociale", "extorsion", etc.

 

29/09 - L'oeuf et la balle

Le 11 Mars 1996, La Tribune me laissait publier une petite thèse qui n'a pas pris une ride, sous le titre "L'oeuf et la balle". La problématique est toujours là. Si vous en doutez, regardez les motivations des fusions acquisitions de ce jour : mettre le siège dans un Etat protecteur des richesses générées (Pays-Bas, Irlande ; ailleurs on les appelle aussi "paradis fiscaux").

 

30/07 - Budget 2014 optimiste

Le gouvernement, avec l'aide des administrations, concocte le budget 2014 qui sera présenté aux parlementaires à la rentrée. Je gage qu'il sera optimiste, notamment sur les points suivants :

  • Le gouvernement prévoit toujours plus de croissance que les autres organismes (INSEE, Banque de France, OCDE, FMI, ...), pourtant peu enclin à se montrer pessimistes car le pessimisme tue la confiance et, donc, la croissance. Nous pourrons donc observer un certain écart entre les hypothèses économiques sur lesquelles seront construites les prévisions de recettes et la réalité, en cours d'année.
  • Les impôts dont les taux sont jugés significatifs par les agents économiques deviennent dissuasifs de travailler plus, d'investir, de prendre des risques, d'entreprendre, ... et ne rapportent donc pas ce que l'Etat en attend. Les hausses "mécaniques" de recettes lors des augmentations de taux ne valent que pour des taux qui n'apparaissent pas significatifs aux agents économiques.
  • Les dépenses connaissent souvent des dérapages bien supérieurs aux "cagnottes" que Bercy a pu prévoir dans son budget. Cette tendance est surtout sensible quand le pouvoir est aux abois et la situation sociale difficile, ce qui pourrait être le cas en 2014.
  • Les taux d'intérêts sur les dettes souveraines devraient être orientées à la hausse sur les prochains 18 mois. Bercy n'a aucune raison de prévoir une envolée de ces taux et donc de ses coûts de financements de la dette et se montrera probablement optimiste sur ce point également.

Il se pourrait donc que 2014 soit une autre année où le dérapage budgétaire sera un facteur de croissance ... de notre dette nationale.

 

31/07 - PSA dans l'impasse ?

PSA vient de publier ses comptes ce matin et le cours s'envole de près de 8%, après une progression de 40% sur le dernier mois !

 

PSA aurait certes les moyens de s'en sortir tout seul. Voici quelques éléments dans ce sens :

  • La direction actuelle a fait la preuve de sa capacité à gérer et redresser la situation, avec fort peu de moyens financiers
  • Le groupe est en état de marche ; l'outil industriel est généralement performant quoique surdimensionné en Europe pour les commandes observées
  • Les marchés émergents sont prometteurs, même si certains ont réservé de mauvaises surprises (Russie notamment)
  • Le groupe garde encore de nombreux actifs qui pourraient être vendus, dont l'équipementier Faurecia très apprécié des constructeurs allemands et la banque de crédit, rentable
  • Enfin, la Famille Peugeot aurait largement les moyens de lancer et suivre une importante augmentation de capital puisque, rappelons-le, la FFP (sa holding) ne détient que 22% de ses actifs dans PSA (au 31/12/2012).

Pour continuer sur de bonnes et solides bases, PSA devrait quand même se restructurer et disposer de moyens de production ajustés à sa demande à court, moyen et long terme, avec une certaine dose de flexibilité donc. La plus grande part de cette restructuration concerne la France et on a déjà vu les conséquences pour le groupe de la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois.

Qui peut faire ce travail ?

La famille Peugeot serait l'otage du gouvernement et se trouve donc coincée. L'Etat serait l'otage des syndicats et de sa clientèle électorale et serait donc coincé, en plus de l'autorisation à demander à Bruxelles en cas d'entrée au capital. GM possède déjà Opel en Europe et continuer d'y perdre beaucoup d'argent, tout comme Ford, d'ailleurs. Les autres constructeurs "riches" n'ont aucun intérêt à se doter d'un doublon dont les coûts prévisibles de restructuration sont du même ordre que la capitalisation de PSA.

Les constructeurs émergents seraient intéressés par l'ensemble du groupe, notamment ses technologies, savoir-faire, parts de marché en Europe, Chine et Amérique du Sud, ses gammes, son image, ... Mais le risque devient grand alors que ce ne soit qu'un dépeçage avec une absence totale d'investissement en France et une délocalisation accélérée. Ayant ainsi bradé ce fleuron du patrimoine national qui porte son nom, la famille Peugeot n'aurait nulle part où aller, où elle puisse être fréquentée et respectée par ses pairs.

A mon sens, il n'existe pas d'impasse : la FFP doit restructurer son portefeuille d'actifs pour refaire une large place à PSA et donner les moyens à son directoire d'améliorer la situation des usines françaises tout en continuant les évolutions stratégiques prévues de montée en gamme et d'implantation sur les marchés les plus prometteurs. A trop attendre, la FFP risque de laisser les bonnes affaires aux autres : depuis mon conseil à Mr T. Peugeot, le titre a déjà pris 50% !