Archives Janvier 2013

01/01/2013 -Raisons d'être optimiste pour 2013

Il paraît que c'est écrit dans notre histoire, presque dans nos gênes : notre pays ne se réforme que dans la douleur, parfois la violence, souvent la crise, celle vers laquelle nous nous sommes dirigés, trop longtemps, et que nous ne pouvons plus éviter.

 

Alors, soyons optimistes ! Ce premier trimestre 2013 devrait nous rendre très palpable la crise économique dans laquelle la France s'est lancée à partir du premier choc pétrolier, car tous les freins sont appliqués aujourd'hui : les ventes de produits durables sont en chute libre (- 10 à -25% selon qu'il s'agisse des voitures ou des bateaux), les ventes immobilières et les mises en chantier (-25% en moyenne sur le dernier trimestre par rapport à l'année précédente), l'investissement (pas chiffré, mais gros attentisme) et les recrutements (également pas encore officiellement chiffrés, mais certainement de l'ordre de -15 à -20%), sans compter la fermeture d'usines, la disparition d'entreprises.

 

Soyons quand même optimiste ! La majorité actuelle est peut-être plus proche du peuple que la majorité précédente. Elle va devoir constater que l'avenir d'un pays dépend d'abord, aujourd'hui, de la bonne santé de ses entreprises locales. Avec un peu de chance, cette majorité devra mettre en oeuvre les moyens que beaucoup d'autres pays ont déjà adoptés avant nous. Au début, c'est difficile pour le peuple mais, peu à peu, c'est tout le pays qui redresse la tête, se remet à entreprendre et à travailler, avec les succès que l'on voit dans les pays qui l'ont fait les premiers : Canada, Australie, Autriche, Allemagne, ...

 

La France est résiliente. Elle a toujours rebondi. Soyons optimiste : elle rebondira encore cette fois !



14/01 - Asie du Sud-Est

De passage en Asie du Sud-Est (Singapour, Malaisie, Vietnam, Hong-Kong), on réalise la vitalité économique rendue possible par 1) une énorme volonté d'entreprendre 2) une démographie dynamique et 3) une atmosphère décomplexée par rapport aux affaires (le business) et à l'enrichissement permis.

En 5 ans, je ne reconnais plus Singapour, un pays qui aura rapidement plus de riches que de pauvres. Quelles leçons à prendre de ces pays jeunes !



15/01 - Les Experts de BFM et la retraite des Français

Quelques bonnes explications sur la situation et de possibles solutions pour améliorer la solvabilité des régimes de retraite en France, de la part des experts de BFM business ce matin. Pourtant, une fois de plus, le courage politique manque de parler de l'une des injustices les plus criantes : l'existence de régimes spéciaux totalement déconnectés du régime général. Une majorité qui n'a à la bouche que les mots "justice" et "égalité" pourra peut-être mettre ce sujet dans sa liste de choses à faire, rapidement !



16/01 - Deux sujets de débat pour la France

Ce matin encore, les Experts de BFM Business se posent des questions de fond. Parmi elles, je retiens celle-ci :

Les Français pensent majoritairement que le rôle de l'entreprise est de créer de l'emploi. Les experts pensent, eux, que le rôle de l'entreprise est de créer de la richesse et que, c'est en créant de la richesse, qu'elles excelleront à créer de l'emploi. Le message est donc : viser la richesse pour obtenir le plein emploi. Etes-vous d'accord ? Pourquoi ?

Par ailleurs, parmi les fiches de lectures reçues des étudiants HEC, l'une d'elle affirme que la solidarité se différencie de la charité en ce qu'elle n'exige aucune compensation. La solidarité "à la française" consisterait donc à répartir les richesses vers ceux qui en ont besoin, sans imposer aucune obligation en contrepartie. Etes-vous d'accord ? Pourquoi ?



17/01 - "Le Cours" a fêté ses 9 mois ...

... et il n'a pas pris une ride !

Certes, il prévoyait une hausse des taux sur la dette française qui n'a pas (encore) eu lieu. J'en fais ici amende honorable. Pour ceux qui ont lu "Le Cours", la famille Donati aura peut-être fait preuve de patience.

Certes, chaque semaine je lis ou j'entends experts et politiques se rapprocher un peu de certaines des nombreuses thèses du livre: enseignement de l'économie, dissociation du foncier et de la construction, thèses souverainistes ou fédéralistes, représentation des salariés dans les conseils, ...

Parfois, ce sont les faits qui ont raison des idées. Au cours de ces 9 derniers mois, les énergies alternatives auront beaucoup déçu leurs supporters, notamment ceux qu s'y sont financièrement engagés (les autres n'ont pas à remettre en cause leurs convictions). Les fabricants européens de capteurs solaires ont pratiquement disparu et Siemens a annoncé une perte sur l'éolien pratiquement à la hauteur de ses investissements. Et je ne vous parle pas des producteurs allemands d'électricité.

Bref, "Le Cours" semble tenir ses promesses d'une présentation, d'une pédagogie, d'une explication, d'une illustration de ce qu'est et ce que pourrait être l'économie politique. Le relire aujourd'hui, c'est comme développer une image 3D de ce qui se passe aujourd'hui en France et en Europe.



18/01 - Les retraites ... encore !

"Vais-je survivre à mon patrimoine ?" Voici une angoisse partagée par les seniors du monde entier, du moins dans les pays développés.

Une étude américaine répond grossièrement à cette question : "Quelque soit votre âge et votre niveau de fortune, si vos dépenses nettes moyennes annuelles sont de moins de 4% de votre patrimoine, il vous restera quelque chose à transmettre ; si vous dépensez plus de 7% de votre patrimoine, vous survivrez probablement à votre patrimoine ; entre ces deux chiffres, le doute est permis à cause des aléas."

 

Marc Fiorentino sort un livre conseil sur la façon de préparer sa retraite. Gageons qu'il appuiera sa démonstration sur quelques principes exposés dans "Le Cours".

Malgré cette confiance, je conseille la prudence sur des propos tendant à vanter les avantages de la capitalisation.

Avec les perspectives d'inflation et de prélèvements fiscaux sur le patrimoine et ses revenus, il y a fort à parier que les sommes si durement gagnées puis épargnées ne seront disponibles qu'avec une forte réduction en termes de pouvoir d'achat.

(Re)lisez à ce sujet la question sur le patrimoine permettant de générer 3000 euros par mois de revenus nets d'inflation et de prélèvements.



21/01 - Thèses fédéralistes

A écouter les partisans, il n'y aurait rien de plus légitime ni de plus simple que de faire l'Europe Fédérale, avec un exécutif fort incarné par un président fort à la tête. Devrait-il être élu au suffrage universel ? Ou être un Premier Ministre comme au Royaume-Uni, chef du parti majoritaire ou d'une coalition ?

Peut-on imaginer une Allemagne riche mais avec une population déclinante laisser gérer ses affaires par des Européens du Sud, probablement plus nombreux (surtout si l'on y inclut la France) mais prônant le laxisme ("la médiocrité" dirait Madame Merkel) ?

Imagine-t-on les Allemands gouvernés par une coalition souhaitant travailler moins et moins longtemps, partager plus en taxant les pays riches, comme l'Allemagne, parce qu'industrieux, au profit des pays pauvres, comme la Grèce, parce que plus tricheurs ou simplement prenant le temps de vivre ?

Oui, on peut l'imaginer. En restructurant la dette de la Grèce et en faisant un fond de solidarité, les pays riches ont déjà commencé à payer pour les pauvres, aussi choquant que cela puisse paraître aux électeurs par ailleurs.

 

22/01 - Idemnisation du chômage

La Cour des Comptes, nous dit-on, critique l'indemnisation du chômage en France et stigmatise à la fois les intermittents du spectacle et les hauts revenus.

Les chiffres, nous dit-on, sont éloquents : la France indemnise plus vite, plus longtemps, plus généreusement et à partir de plus courtes durées de cotisation qu'ailleurs.

L'indemnisation du chômage n'est pas un impôt, mais une assurance obligatoire.

De ce qui précède, je déduis :

  • Le régime très déficitaire des intermittents est effectivement un avantage scandaleux, accordé par un pouvoir faible à des bénéficiaires ayant fait la preuve de leur capacité de nuisance ; à l'inverse, toutes choses égales par ailleurs, la relativement élevée indemnisation des cadres choque moins dans la mesure où ils cotisent plus que la moyenne et consomment moins d'indemnités.
  • De même, de fortes indemnités versées à des "serial" chômeurs peut faire douter de l'existence réelle d'aléa, ce que l'assurance est supposée indemniser ; on est alors en droit de se demander si ce qui devrait être la conséquence (le déficit du dispositif conséquence d'un chômage élevé) n'est pas, pour certains, une cause (une forte indemnisation permet d'accepter la perte d'emploi et de retarder le retour à l'emploi, contribue donc à entretenir le chômage).
  • Le niveau total des indemnités pose également le problème du coût du travail car elles génèrent des primes (cotisations) obligatoires en conséquence. Des études internationales montrent par ailleurs qu'il existe une relation entre niveau de chomage et importance des indemnités. La France serait passée depuis longtemps bien au-delà des cotisations optimum, celles qui permettent de protéger sans démotiver le respect de l'emploi existant ni le retour à l'emploi.



23/01 - Logement social

Les autorités admettent que le loyer d'un logement social est moins de la moitié d'un logement au prix libre. Elles admettent également avoir des listes d'attente de plusieurs millions de demandeurs, 60% de la population ayant un niveau de revenu leur permettant de revendiquer cet avantage. Elles admettent enfin sélectionner les bénéficiaires selon des critères objectifs : quota réservé à l'Etat qui finance, aux entreprises qui paient le 1% au logement, aux familles monoparentales avec enfants, etc.

Ce qu'elles n'admettent pas, c'est d'abord le très important effet de seuil auquel correspond cet avantage par ailleurs non fiscalisé ; il est beaucoup plus intéressant, quand on dispose d'un tel avantage de le conserver que d'augmenter son revenu de 50 à 60% en prenant le risque de le perdre ; il est cependant improbable qu'un bénéficiaire soit effectivement obligé de quitter son logement aidé pour une telle raison.

Elles n'admettent pas que cet avantage puisse devenir un handicap à la mobilité géographique, et donc au plein emploi.

Elles n'admettent pas le coût pour la société des mesures imposant aux promoteurs un taux de 25% de logements sociaux, comme à Paris au prix de 3.600 euros/m2 au lieu de 10.000 euros.

Elles n'admettent pas que l'excès de protection que l'on donne aux uns se traduit par un excès de précarité que l'on impose aux autres. Chaque famille pauvre logée à Paris dans ces conditions repousse vers la banlieue lointaine une famille à peine moins pauvre et qui devra ajouter de longs trajets à son travail pour essayer de gagner une rémunération décevante pour un niveau de vie et une qualité de vie nettement inférieure à celle du bénéficiaire. Le sentiment d'injustice de ces banlieusards travailleurs et méritants est exacerbé par tout ce qui n'est pas fait pour faciliter leurs transports, collectifs (peu sûrs, peu confortables, souvent en retard, parfois en grève, ...) et individuels (diminution des places de parking, fermeture des voies rapides, répression souvent excessive, ...).

Elles n'admettent pas que de tels avantages sont susceptibles d'enfermer les populations pauvres dans leur pauvreté et de ralentir l'ascenseur social.

Voici un sujet de débat que la France ne pourra pas éternellement éviter.

 

24/01 - Le pavé de Cameron

Le Royaume-Uni ne sera-t-il que le premier pays à sortir de l'Union Européenne ?

Dans "Le Cours", nous consacrons un chapitre aux thèses souverainistes, mais nous avons surtout envisagé une sortie de l'EuroZone, par le bas (ex. la Grèce) ou par le haut (ex. l'Allemagne).

Que se passerait-il si c'est le Royaume-Uni qui sortait de l'UE ?

Formellement, pas grand chose. Le Royaume-Uni se sentirait plus souverain pour nombre de ses décisions, mais son rôle de "porte d'entrée" de l'Europe en serait amoindri. Ce pays pourrait vivre son libéralisme à sa façon et ne plus avoir à discuter de "rapprochement fiscal et budgétaire" avec des partenaires comme la France vraiment loin à l'autre extrémité du spectre.

En réalité, c'est un contrepoids doublé d'un allié qui nous manquerait. Il est encore trop tôt pour en imaginer toutes les conséquences, mais la plus grave serait que le Royaume-Uni montre le chemin de la sortie (réussie) à de nombreux autres pays de l'UE. De quoi défaire une longue et difficile construction.

 

25/01 - Matamore face à l'industrie française

Matamore passe son temps à plomber ceux qu'il affirme vouloir sauver. Etant ministre, il connait forcément beaucoup mieux les entreprises industrielles que leurs dirigeants respectifs. Il juge de leur stratégie et fixe les conditions de leur redressement. Pendant ce temps, ses alliés sont fort occupés à affaiblir ces mêmes entreprises en les ligotant systématiquement par plus de règlements, plus d'obligations, plus de paperasses, plus d'intrusion au coeur de leur gestion, plus de charges.

Concernant l'automobile, les alliés de Matamore s'en donnent à coeur joie pour en dissuader l'acquisition ou l'utilisation : infrastructures insuffisantes et/ou inaccessibles (voies surdimensionnées réservées aux bus et aux taxis, fermeture des voies rapides sur berges, urbanisme systématiquement en défaveur de l'automobile), répression excessive des erreurs les plus bégnines, ...

Quand tous les experts et praticiens du secteur en constatent l'excès de capacité en Europe, la nécessité d'investir lourdement dans l'innovation et la compétitivité, le bien-fondé des restructurations, Matamore esaie de sauver les entreprises automobile du secteur en leur retirant les moyens de ces transformations structurelles.

Qu'on ne s'étonne pas que les industriels revoient à la baisse tous leurs projets d'investissement en France.



28/01 - On reparle de blocage des loyers

Cette fois-ci, se sont les maisons de retraite et de convalescence qui sont "menacées" de blocage des prix !

Est-ce possible ? Pas vraiment !

Contrairement à l'Allemagne et un certain nombre de pays, la France fait partie de ceux qui exigent une autorisation administrative (sic) pour construire et ouvrir des lits à ce public croissant que sont les dépendants et les convalescents. Eut-on voulu voir les prix baisser, on aurait mis fin à ces "barrières à l'entrée" que sont les autorisations administratives afin qu'il y eut le compte de lits opérationnels. Et leurs prix s'en seraient assez rapidement et significativement allégés. C'est forcément le contraire qui arrivera.

Et nous voyons là le dogmatisme d'une majorité qui ne s'en remet ni à la liberté d'entreprendre, de construire, de soigner, ni à la logique des marchés pour réguler des prix entre l'offre et la demande.

Que vive le dogmatisme et que les Français continuent de manquer des formidables fruits de l'initiative privée, surtout quand les caisses publiques sont plus que vides !



29/01 - TFC et mixité sociale

Je reçois de nombreux commentaire sur "Le Cours".

Un lecteur me fait remarquer que la Taxe sur le Foncier Constructible pourrait avoir des effets que je n'avais pas prévus sur la mixité sociale.

"En effet, me dit-il, si vous répartissez cet impôt sur le strict terrain entre les résidents selon le barême de la répartition des charges, les logements les moins prisés d'un même immeubles (parfois côté cour et parfois côté jardin, parfois dans les bas étages et parfois dans les étages supérieurs, souvent sous les combles ou loin des terrasses, sans vue ou à l'ombre) subiront une décote supérieure aux logements les plus prisés, leur prix de vente et leur loyer subira cette même décote. C'est une autre façon, plus juste et moins coûteuse pour la collectivité, de faire cohabiter des populations ayant des ressources très différentes".

C'est vrai. Après avoir étudié sa remarque, j'y adhère !

 

30/01 - Jean-Marc Daniel

Au moment où on lui demande la liste de ses voeux pour la France sur BFM Business, JMD lance son programme libéral. Nul doute que son programme est proche de la recette que la France devrait adopter, tant pour les talents à libérer que pour sa place dans un monde ouvert mais concurrentiel.

Là où le chemin est long, c'est dans la pédagogie d'un tel message. Même sur cette chaine "économique", il apparait souvent que la majorité des esprit n'est pas préparée à entendre un discours (presque) totalement orienté vers la connaissance, la compréhension et l'utilisation des logiques de l'économie de marché.

Depuis 1974, la France a trop versé dans l'Etat providence et ses conséquences prévisibles sur la croissance, l'endettement, l'appréhension de l'avenir et la perte de nombreuses valeurs industrielles (le respect des engagements, le goût du risque, ...) au profit d'autres comme la défense des activités du passé au dépend des activités d'avenir, l'acceptation de situations d'injustices criantes créées par le système de redistribution (logement social, super protection des uns face à la super exposition des autres, régimes spéciaux de retraite, train de vie de l'Etat et de ses élus, ...).

Alors, Monsieur Daniel, réfléchissons à une pédagogie susceptible de faire passer vos idées à une population qui ne souhaite pas les écouter !