Archives Décembre 2013

02/12 - Match Point ramené à la grande remise à plat de vos impôts

Dans son film Match Point, Woodie Allen met en scène une balle de tennis qui heurte le haut du filet et rebondit en l'air. Avec le ralenti sur mouvement, chacun a le temps de se demander de quel côté elle retombera pour donner le point à l'heureux gagnant.

Dans Le Monde de ce jour, je vois deux thèses s'affronter pour plaider l'une en faveur d'une plus grande progressivité de l'impôt afin d'avoir plus à répartir et l'autre en faveur d'une nette diminution de l'impôt et de la pression qu'il exerce sur notre économie.

Pensez-vous vraiment que c'est notre binôme Hollande-Ayrault qui décidera de quel côté retombera la balle ainsi lancée de la réforme fiscale ? Je ne le pense pas ! Et c'est peut-être tant mieux.

Ce qui me chagrine toutefois, c'est que ce journal auquel je me suis abonné mette en tribune d'aussi mauvais arguments :

Le premier est totalement dogmatique et doctrinaire car dans le déni de ce qui est le moteur d'une économie.

Le second est d'une généralité affligeante car il est évident que son signataire n'a fait que reprendre des logiques qui lui ont été ici suggérées mais qu'il a eu tout loisir d'appliquer quand il était au pouvoir ; c'est François Fillon !

 

03/12 - Classement PISA

Les experts de l'OCDE qui ont donné de si mauvaises notes à la France (l'éducation la plus chère pour les résultats les plus médiocres) auraient peut-être dû aller à la rencontre des élèves de l'école de la rue...

On nous dit que nos banlieues sont des zones défavorisées, de non droit et où ce sont des caïds qui tiennent le quartier. Pour en avoir rencontré, de ces élèves de l'école de la rue, je peux vous dire que leurs grands frères les tiennent fort bien, qu'ils savent compter, notamment les grammes et les billets, qu'ils connaissent la chimie, surtout comment couper la marchandise pour augmenter leur marge sans perte de qualité perçue, qu'ils savent négocier et fidéliser leurs clients, etc. Leur dimension sociale est également très riche, comme on le voit tant sur le terrain qu'en prison. Sur le plan sportif, ils savent courir et se battre.

Je vous le dis, le jour où nous saurons les mettre sur la bonne voie, ces élèves de l'école de la rue feront d'excellents entrepreneurs et cadres d'entreprises.


04/12 - Culture de la rente

Combien de fois par semaine entend-on des élus ou des experts de gauche parler de la "culture de la rente" des Français ? Cette expression commence à sérieusement énerver les Français qui travaillent et investissent. En effet :

 

Il est pratiquement impossible de se constituer une rente en France. Les taux d'intérêt réels (nets de l'inflation) sont négatifs. Ceux qui gagnent de l'argent sans rien faire sont les chanceux du Loto et les quelques gagnants d'une très difficile et risquée spéculation (donc pas vraiment sans travail et encore fallait-il prendre le risque).

 

Par contre, de plus en plus de Français voient la rente là où se trouve le déni : chez les élus d'abord qui n'arrêtent pas de se voter des allocations et autres retraites, puis chez les cadres syndicaux qui profitent à fond d'une masse d'argent non contrôlée correspondant à plus de 25% du PIB (sécu + chomage + retraites + formation professionnelle + cotisations + aides de l'Etat + comités d'entreprises + transferts d'argent liquide de la part du patronat, ... et je suis sûr d'en oublier), et dans les administrations qui multiplient les textes, les contrôles, la complexité (ex. formulaire employeur d'arrêt maladie).

Ces derniers font mine de travailler alors qu'ils ne conservent leurs emplois qu'au grand détriment des vrais emplois, ceux qui créent de la richesse marchande au service de vrais besoins chez de vrais clients.


05/12 - Identité nationale

Il est dangereux, dans un pays comme la France, de poser la question de l'identité nationale. Ceux qui ont essayé se sont généralement pris des coups de toutes parts.

Excusez-moi de ne pas m'accomplir dans le masochisme. Je vais vous proposer l'exercice contraire : définir ce que n'est pas notre identité, ce en quoi très peu de Français se reconnaissent aujourd'hui.

Bon d'accord, c'est facile : à peine un Français sur 7 se reconnaît aujourd'hui dans ce symbole de la France qu'incarne le chef de l'Etat.

Lui qui se voyait en rassembleur, c'est gagné : 6 Français sur 7 désapprouvent son action !

 

06/12 - La réconciliation des extrêmes

C'est la haine qui semble réunir Monsieur Mélanchon et Madame Le Pen. Encore que la haine du premier soit beaucoup plus évidente que celle de la seconde. C'est lui qui a décidé de l'affronter, elle, dans la circonscription du nord qu'elle avait choisie. C'est lui qui harangue les foules avec le plus de fougue tandis qu'elle s'impose plutôt la mesure. C'est lui qui cherche à la diaboliser, elle qui fait tant d'efforts pour reconstruire la respectabilité de son parti.


En réalité, ce qui les réunit le plus, c'est leur programme d'exclusion. Elle met le doigt sur les dérives, pour tous les Français, d'une immigration mal gérée que le pays ne peut plus assumer. Incidemment, le libéralisme ne lui convient pas car il éloigne la France d'une plus grande maîtrise de son destin. Lui s'en prend surtout aux nantis, aux entrepreneurs, aux employeurs et ... surtout aux libéraux. Dans sa bouche, ceux qui sont à peine moins sectaires que lui deviennent des "ultra-libéraux".

 

Le vrai problème des électeurs, c'est que ces deux personnes construisent leur image de sympathie avec beaucoup de consistance et de persistance. lls limitent leur discours à ce qu'une part significative des Français peut écouter, entendre et même accepter. Les conséquences ultimes de leurs programmes sont systématiquement ignorées.

Pendant ce temps, les partis "républicains" se divisent de plus en plus avec une aile gauche franchement clientéliste et une aile droite dont les propositions économiques sont trop mal expliquées pour être acceptées des Français.

 

Il se peut que F. Hollande dissolve le parlement après les élections européennes. Dans ce cas, la répartition des députés pourrait bien provoquer un blocage faute d'une majorité unie : chaque proposition de loi serait rejetée par ceux qui s'y opposent, souvent pour des raisons contradictoires.

 

09/12 - Moscovici vous l'aura dit et répété ...

... mais, inexplicablement, personne n'en fait état !

J'ai eu la curiosité, hier en fin de soirée, de regarder quelques minutes l'interview de ce dimanche soir sur BFM, en rediffusion.

Il a bien dit et répété que la première moitié du mandat présidentiel est consacrée au redressement de l'économie française et que la seconde moitié sera consacrée à diminuer les injustices et les inégalités en augmentant la redistribution des revenus.

Evidemment qu'il existe de nombreux aléas à cette feuille de route. Comprenons cependant que c'est bien la volonté de nos actuels dirigeants de mettre l'économie par terre par plus de prélèvements obligatoires dans un premier temps, puis de prendre le peu d'argent qui restera dans les îlots de relative richesse pour distribuer à leur clientèle électorale.

Vous me trouvez dur avec le discours pro-économie de Mr Moscovici ? Mais évidemment ! Quand il croit s'adresser aux Français en général (et pas simplement aux entrepreneurs), Mr Moscovici ne montre d'intérêt que pour ce que l'Etat fait, jamais pour ce que supportent les entreprises, ni pour leur apport à la société française, ni pour leur courageuse action et leur résilience.

A moins qu'elle fasse école, la France sera donc bien l'un des derniers pays communistes. Il ne lui restera plus qu'à construire son mur et ses barbelés pour retenir de force les Français qui ne se reconnaissent plus dans cette course à l'échec.

 

10/12 - Ils nous mentent encore !

Je reviens sur les petites phrases de Michel Sapin et de Pierre Moscovici concernant la soit-disant vision et la soit-disant autorité du chef de l'Etat qui sait ce qu'il fait et où il amène la France.

Lors d'une réunion de députés et de chefs d'entreprises, ce matin à l'Assemblée Nationale, j'ai pu poser la question et obtenir deux réponses :

1. Selon de récents sondages, les Français constatent l'incertitude du Président et du Gouvernement sur de nombreux sujets, son incapacité à décider et sa faiblesse lors des négociations.

2. Un député témoigne que, lors des pauses à l'Assemblée, les députés socialistes ne se cachent plus pour déclarer leur ras-le-bol dans l'absence de capacité à décider et trancher de la part de l'exécutif, que ce soient l'Elysée, Matignon ou Bercy. Un grand nombre de ces députés ne seraient plus loin de la révolte.

 

11/12 - Etat totalitaire

Le mot est lâché ! Et pas par n'importe qui : par des parlementaires responsables.

Le qualificatif est-il abusif ? Rien de moins sûr !

Actuellement, tous les pouvoirs électifs sont à gauche (exécutif, législatif, collectivités locales, ...), la magistrature est de gauche (rappelez-vous le Mur des cons), la presse est de gauche et l'information est presque baillonnée (heureusement il reste Internet et tout ce qu'on reçoit n'est pas hoax).

Le droit de propriété est bafoué à plus d'un titre : impôts confiscatoires, parfois rétroactifs, logements soumis à des obligations et des limitations excessives.

Le droit d'expression subit lui-même les rigueurs de la loi et de la censure médiatique et populaire (essayez donc d'affirmer que l'Islam radical est un problème autant pour les pratiquants -- qui s'opposent entre factions partout où ils sont majoritaires -- que pour les non pratiquants sans passer pour un islamophobe ; ou bien essayez donc d'évoquer les limites de l'immigration sans passer pour un raciste).

Maintenant, c'est grâce à l'Article 13 que l'Etat se donnera les moyens de nous surveiller et de nous contrôler ou de nous punir quand nous nous y attendrons le moins. La Loi semble passer dans l'indifférence générale. Que n'eût-on dit si son initiateur avait été N. Sarkozy ?

Certains esprits positifs me rétorqueront que la France est encore un pays de liberté. Peut-être et même probablement. N'empêche que la dérive semble forte et rapide. Alors, à moi de demander : pour combien de temps ?

 

12/12 - Négociations autour de l'augmentation de capital de PSA

Ceux qui ont lu "La Revanche des Peugeot" me comprendront. Si, vraiment, la Famille Peugeot a décidé de se laisser diluer, il n'y a pas de raison que l'Etat, ni Dong Feng évidemment, n'entrent pas au moindre prix. On a cité un cours pour la prochaine augmentation de capital à 7 euros. A vue de nez, c'est trop  Si la Famille laisse sa place, qu'elle la laisse complètement et je propose une augmentation de capital à 5 euros. Voici quelques avantages :

- on pourra obtenir beaucoup plus d'argent frais à 5 euros qu'à 7

- l'Etat et Dong Feng pourraient prendre 15% chacun au lieu de 10%

- à ce cours là, même GM et la Famille pouraient trouver un avantage à "suivre", ce qui pourrait encore booster l'arrivée d'argent frais.

 

Il arrive souvent que, pour rebondir, il faille toucher le fond. 5 euros par action, c'est proche du plus bas de PSA cette année.

 

Incidemment, il reste un point à clarifier. Le Financial Times nous dit que Dongfeng ferait "une large injection de capitaux en échange d'un partage de technologies". L'argent de Dongfeng servira-t-il à acheter des actions PSA? ou à acheter des technologies ? Si moi je souscrit à l'augmentation de capital de PSA, on me donne aussi les technologies ?


13/12 - Ce petit livre sur les Peugeot permet de comprendre ...

... également ce qui se passe, mais sans aucune explication de la part des acteurs.

Ainsi de GM qui sort du capital au prix de 10 euros, malgré l'arrivée de Dongfeng (les sinologues l'écrivent généralement en 2 mots puisqu'il s'écrit en deux idéogrammes), l'arrivée de Tavares, la nouvelle gamme, les moteurs hybrides, etc.

On peut y voir une lassitude à essayer de créer de la valeur avec ce groupe ou une mésentente durable avec les actionnaires de référence.

Je ne saurais trop vous recommander, afin de mieux comprendre l'ambiance de ces grandes manoeuvres, de lire "La Revanche des Peugeot".

Lien vers l'interview de l'auteur.


16/12 - SMIC et chomage

J'apprends qu'il existe des études sur la relation entre le niveau de chomage dans un pays et l'existence d'un SMIC. Je suis généralement méfiant sur la fiabilité de telles études qui comparent souvent des situations rarement comparables et polluées par de trop nombreux autres facteurs. Cependant, intituivement, je serais assez d'accord avec des conclusions qui sont :

L'existence d'un SMIC n'aggrave pas le niveau de chomage d'une population tant que le niveau du SMIC reste inférieur à la moitié du salaire médian.

Au-delà de 50% du salaire médian, le SMIC contribue à aggraver le chomage.

En France, le SMIC est supérieur à 60% du salaire médian.

Ces conclusions vont plutôt dans le sens de mon récent ouvrage : "Redresser le pays, c'est si con ?"

A propos de ce livre, vous pouvez maintenant visualiser l'interview de l'auteur.

 

17/12 - Jour après jour

Il m'arrive de rencontrer physiquement mes lecteurs. Il leur arrive de me demander comment je trouve mes inspirations pour écrire un article -- innovant -- par jour.

Je réponds que beaucoup d'écrivains, journalistes, avocats, etc. doivent connaître cette même expérience qui consiste à se mettre devant une page blanche, fut-elle en papier ou en écran d'ordinateur, puis à commencer à écrire.

Tiens donc ! C'est précisément ce que je viens de faire ! Pardi !


18/12 - Le grand écart

Prenez deux pays vieillisants et ayant un fort excédent structurel de leurs échanges, le Japon et l'Allemagne. Le premier, en récession depuis plus de 20 ans, joue les "abenomics" (décisions de politique économique du Premier Ministre, Mr Abe) : forte création monétaire, achat massif d'emprunts d'Etat, baisse de la monnaie. Le second, dirigé par Mme Merkel, subit la Banque Centrale Européenne mais milite pour une politique inverse : création monétaire a minima, achat très conditionnel des emprunts d'Etats, hausse de la monnaie.

Prenez deux pays voisins qui cherchent à sortir de la crise, le Royaume-Uni et la France. Le premier joue la politique de l'offre, encourage les élites à s'implanter et à réussir, baisse les impôts et diminue progressivement mais significativement ses dépenses publiques, administration et transferts sociaux. Le second joue la politique de la demande, décourage les élites de rester et de réussir, augmente massivement les impôts portant sur le revenu et sur le patrimoine et parvient à peine à ralentir la hausse de ses dépenses.

Quel laboratoire des politiques économiques ! Que valent donc les "experts" qui sous-tendent des décisions aussi différentes ? Peuvent-ils tous avoir raison ?


19/12 - Lettre à "Nous Citoyens"

J'ai donc confirmé mon inscription à ce nouveau mouvement de Denis Peyre, "Nous Citoyens". Ses propositions ne sont pas si différentes de celles adressées par "Génération Entreprises" à Jean-François Copé. Je me suis quand même fendu d'un courrier électronique :


"Bonjour !

J’aime bien votre mouvement et les propositions qu’il publie.
Mais l’économie politique ne se limite pas à cela.
Elle prend les médias, l’opinion publique et les électeurs là où ILS SONT !
Et elle les amène progressivement dans les bonnes pratiques de l’économie.
Un panier de propositions, aussi bon soit-il, a fort peu de chances d’obtenir le consensus nécessaire à son adoption.
Voilà pourquoi je milite pour une approche plus stratégique de l’opinion.
Le vrai changement dans le discours politique, c’est probablement cela.
Et l’exercice que je publie, ce mois-ci, s’appelle : “Redresser le pays, c’est si con ?”
Il contient vos propositions. Il ne les contient pas toutes. Mais il est incompatible avec aucune.
Il est une approche, un début.
Il n’est pas de droite, ni de gauche et même les extrêmes pourraient avoir l’intelligence de l’adopter.
Il est court et se lit en moins d’une heure.
Bonne lecture.
Bon courage pour la suite et permettez-moi de mettre ma compréhension du sujet à votre disposition.
Cordialement"

 

20/12 - L'ombre de Christian Eckert

Attendez-vous à voir la photo de Christian Eckert sur la couverture des magazines qui ne sont pas favorables à la France, par exemple en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Italie, en Espagne, aux Etats-Unis et partout où notre pays constitue un petit risque de concurrence.

En effet, tandis que F. Hollande transite lentement d'une position socialiste intransigeante vers une position presque business friendly, C. Eckert multiplie les amendements fiscaux pour un durcissement des prélèvements sur toutes les formes de revenus, notamment variables.

Ainsi donc, tant que ce monsieur aura son mot à dire sur la forme et le niveau de nos prélèvements, l'image de la France à l'étranger sera celle d'un épouvantail à entrepreneurs, à investisseurs, à décideurs et, plus généralement, à l'égard de tous ceux qui pourraient faire avancer notre économie.

Oui, l'ombre de Christian Eckert pourrait bien gâcher d'autres efforts, pourtant méritoires, destinés à réconcilier les Français avec leur économie.