Archives Avril 2013

02/04 - Lettre ouverte à Jérôme Cahuzac

"Monsieur le Ministre,

Ministre un jour, ministre toujours ! Si je comprends bien, vous ne perdrez jamais ce titre.

Excusez-m'en : je ne me trouve pas du côté des moralisateurs et je parie que vous n'êtes pas le seul élu socialiste à avoir un ou plusieurs comptes non déclarés à l'étranger. On estime à 100.000 le nombre des Français qui y détiennent illégalement plus d'un million d'euros. Certains ont fait carrière hors de nos frontières. Mais la majorité de ces fraudeurs s'est fait verser des commissions directement à l'étranger.

Excusez-m'en : je ne me trouve pas du côté des moralisateurs et ce qui me gêne c'est que vous vous soyez fait le pourfendeur de ceux que vous auriez pu ou dû représenter. Vous étiez parfaitement bien placé pour comprendre les motivations de ces fraudeurs d'un fisc toujours excessif et parfois exécrable, la concurrence entre les Etats pour être moins disant fiscal et protéger l'anonymat de ceux qui y sont allés chercher protection.

Votre faute aura donc été de jouer sur deux tableaux et, si je comprends bien, d'encourager le développement des outils qui vous ont démasqué.

Sans vouloir me trouver du côté des moralisateurs, je constate quand même qu'il existe une justice immanente !

Mes voeux vous accompagnent pour la réussite de votre nouvelle vie, Monsieur le Ministre."

 

15/04 - Antithèse

Ceux qui vont souvent hors d'Europe le constatent encore et encore ! Il existe des pays pauvres dont la population semble beaucoup plus heureuse qu'en France.

Le système social est généralement réduit à sa plus simple expression, voire inexistant. Du coup, il est difficile de s'enrichir et même de survivre sans travailler, parfois durement et souvent longuement. Mais ces populations s'enrichissent également grâce à nos achats. Leurs classes moyennes se développent. Il reste certes beaucoup à améliorer et chacun y contribue à sa façon et, semble-t-il, de son mieux.

Le leit-motiv des expatriés qu'on y rencontre est, souvent : "Quel paradis ! Je ne pourrais plus rentrer en France !"

- "Ah bon ? A cause des impôts ? A cause du coût de la vie ?"

- "Oui, probablement, mais aussi pour des raisons beaucoup plus importantes : le respect que les gens se portent mutuellement ;  l'absence de boulet quand on veut créer, entreprendre, travailler, réussir ; l'exemple que l'on peut apporter à ses enfants ; les perspectives que l'on peut avoir ici et pas en France ; le regard positif que la population, dans sa grande majorité, porte sur le monde en général et sur ce qui la concerne en particulier, ..."

Pendant ce temps, la France des responsables et des médias se distrait et nous distrait par les mésaventures du fraudeur, général des pourfendeurs de fraudeurs !

 

16/04 - La justice (sociale) comme facteur de croissance

La grande majorité des démocraties du monde se posent aujourd'hui la question du bon niveau de "justice" (sociale), et probablement du bon mix, pour le bien-être de leurs peuples. On peut juger des différences entre pays éminemment respectables comme les Etats-Unis, le Japon, l'Allemagne, les pays scandinaves, la Corée du Sud, la Chine, le Chili ou le Brésil.

Le centre de gravité de ces pays consiste à rendre chacun responsable de sa situation présente et à venir, quitte à aider ceux qui 1) en ont vraiment besoin et 2) le méritent au regard de leurs propres efforts ou de l'intérêt collectif (ex. aider les champions à réussir afin d'enrichir le pays).

Il semble que, avant ce trait dont la largeur est significative, l'absence de justice (sociale) pèse sur la cohésion sociale et sur l'économie. Après ce trait, le risque de déresponsabilisation est tel que l'économie s'en trouve rapidement et  fortement polluée.

Dans tous les cas de figure, les procédures de transferts sociaux doivent être gérés avec la même compétence et la même rigueur que des entreprises privées, faute de quoi ces transferts deviennent des gâchis, voire s'appliquent comme des freins sur l'économie.

 

17/04 - Louis Gallois et son rapport

Des parlementaires rencontraient des entreprises hier à la Maison de la Chimie. En ouverture, les organisateurs ont donné la parole à Louis Gallois.

La salle était comble. Le silence d'écoute, religieux.

Louis Gallois le mérite. Il est, de loin, le meilleur porte parole économique de nos gouvernants.

De mon siège, j'ai pu constater que sa parole est libre, qu'il sait de quoi il parle, qu'il applique la rigueur quasi-scientifique de celui qui observe, écoute, analyse, pose des diagnostics, cherche des solutions pertinentes, les met en application et regarde les résultats obtenus avant d'entamer les corrections. Le tout, appuyé sur le bon niveau de patience car les solutions les meilleures ne sont généralement pas les plus rapides à générer un résultat positif.

On pourra, au choix, s'effrayer de l'écart qui existe entre la parole de Louis Gallois et celle de nos gouvernants, ou bien se rassurer de sa présence à leurs côtés et de la confiance que ceux-ci semblent lui porter.

Monsieur Gallois, devenez contagieux ! Vite !

 

18/04 - Le choc de simplification

S'il est un impôt qui ne dit pas son nom et à l'égard duquel la France excelle, c'est bien la complexité fiscale, juridique et administrative.

D'un côté, cette complexité mobilise nos meilleurs talents. Le gâchis provient de ce que ces talents s'opposent et se compensent, comme entre Bercy et les conseillers fiscaux, entre les avocats de parties opposées, entre les fonctionnaires chargés de faire appliquer la réglementation et les facteurs d'inertie et de fraude, ...

La complexité agit aussi comme un boulet qui s'attaque à tous les dynamismes, les initiatives, les stratégies offensives.

La complexité agit même comme un épouvantail qui rebutte ceux qui veulent se consacrer à des tâches "utiles, efficaces et agréables", tant la complexité est le contraire même de cette définition du travail.

D'un autre côté ... il faut bien reconnaître qu'autrefois ceux qui faisaient du latin avaient l'impression de perdre leur temps, mais arrivaient en tête des concours et des carrières professionnelles. L'analogie avec la complexité "à la française" est que nos dirigeants se sentent vaccinés contre ce qui les attend quand ils s'exportent. Ils s'exportent d'ailleurs fort bien et avec grand succès.

 

Sur la question de fond, que sera le choc de simplification pour la France ?

Je crains qu'il restera une promesse qui n'engagera que ceux qui y croient. Dans cette ambiance de pré-crise, les corps de la fonction publique ont plus que jamais besoin de justifier leur présence. Et ils ont une telle avance en terme de lutte contre toute tentative de simplification.

Si encore le politique était motivé, mais il est clair que ce n'est pas de cette majorité que viendra la motivation de bousculer la culture administrative.

 

19/04 - Possible dissolution

Certains observateurs commencent à penser qu'il pourrait y avoir une dissolution de l'Assemblée Nationale à l'automne. Ce n'est pas mon propos ici de commenter cette possibilité, mais plutôt d'affirmer que l'on doit s'y préparer : ça ne peut nuire.

J'essaierai donc, dans les prochains billets, d'indiquer ce que je crois devrait être présenté aux Français comme programme, puis comme stratégie d'économie politique. Pas de grande surprise, mais une série d'évidences à répéter dans le bon ordre.

 

22/04 - Bonnes intentions contrariées

La BPI est-elle une bonne ou une mauvaise solution au problème de financement des PME ?

Au moment où l'Etat impécunieux cherche à relancer la consommation en puisant dans les plans d'épargne salariaux ...

Fallait-il mettre Ségolène à la vice-présidence d'un fonds d'investissement chargé de répartir, au mieux, les précieuses ressources publiques ? Et en plus, chargée de la communication ?

Si la BPI est un organisme "politique", sera-t-il clientéliste, donc dédié aux "amis" des partis en place ou aux régions les mieux représentées au Conseil de la BPI ?

Décidément, nos gouvernants ne devraient pas tant insister pour prendre les commandes de mécanismes qu'ils ne connaissent pas et ne comprennent pas, comme l'investissement productif.

 

23/04 - L'inquiétude de nos voisins et partenaires

La France inquiète ! La lisibilité de sa politique économique, de sa stratégie de redressement, de ses intentions fiscales et budgétaires est quasi-nulle !

Nos voisins estiment que la France ne peut que s'enfoncer dans une crise qui égalera celle des pays les plus exposés : Italie, Irlande, Espagne, Portugal.

Les effets de cette crise sont bien identifiés : augmentation du poids et du prix de la dette, augmentation du chomage, augmentation de la pauvreté, exil des riches et des entrepreneurs, etc.

 

Mais alors dans ce contexte, pourquoi les prêteurs continuent-ils à accepter des taux aussi bas ? Je pose systématiquement la question aux banquiers et aux financiers internationaux que je rencontre. Une réponse qui revient presque toujours, c'est le savoir-faire de l'Etat français pour prendre l'argent là où il se trouve, notamment pour transformer les niches fiscales en nasses fiscales.

 

Qui a dit que, pour relancer une économie, il fallait un ingrédient indispensable, la confiance ?

 

24/04 - Paumés

Nos élus sont maintenant complètement paumés !

Ils ont voulu "communiquer" et se sont perdus dans le brouhaha médiatique.

C'est vrai dans leur vie privée, évidemment : voyez les affres de notre président qui se voulait "normal" et dont les scènes de ménages, et leurs conséquences, sont reprises dans les journaux comme sur Internet.

C'est également vrai dans leur vie publique : au lieu de se consacrer, comme le dit si bien Gaëtan Gorce, sur ce qui élève le pays, nos élus se mêlent de tout et de rien, se collent à l'évènement et suivent le détail des sondages beaucoup plus assidument que le plus accro des traders ses cours de bourse.

C'est à cette dérive, aussi, que répondra prochainement ma proposition de programme et de stratégie de politique économique destiné à la relève de nos élus.

 

25/04 - Contrôle de PSA et engagement dans PSA

Question posée à Monsieur Thierry Peugeot, président du Conseil de Surveillance de PSA, lors de l'Assemblée Générale du 24/04.

"Monsieur le Président,

En introduction à ma question, je souhaite vous confirmer le respect que je porte aux familles qui portent des entreprises en général et à votre famille en particulier. Je ne m'associe donc pas du tout aux propos quasi-injurieux qui ont pu être portés à votre encontre en 2012.

Comme chaque actionnaire ici, je suis admiratif du travail effectué par les équipes de PSA et de certains résultats obtenus. Il n'en reste pas moins que, une fois ressortis de cette AG, nous recommencerons à percevoir votre goupe comme l'un des constructeurs les plus fragiles du monde.

Il se trouve que vous avez toujours affirmé votre attachement au contrôle de PSA, notamment par votre holding, la FFP.

Il se trouve également que la FFP a considérablement diversifié ses investissements depuis 20 ans, au point que sa participation dans PSA ne compte plus que pour 30% de ses actifs.

Compte tenu de la taille de PSA, on se serait attendu à ce que votre volonté de contrôle se traduise aussi par un engagement quasi-total de son actionnaire de référence dans ce groupe.

Les 70% que vous avez diversifiés ont pu manquer pour plus d'innovation, plus d'investissements productifs, plus de diversification géographique et une moindre vulnérabilité. Ces manques sont maintenant criants.

Les autres grands constructeurs mondiaux qui sont encore contrôlés par des familles (Toyota, Ford, BMW, Tata, ...) me semblent plus engagés que vous dans le développement de leur entreprise ... et s'en portent également mieux.

Alors, Monsieur le Président, ne voyez-vous pas de contradiction ?"

 

26/04 - PSA (suite)

Et, me demande-t-on, quelle fut la réponse de Monsieur Thierry Peugeot ?

Il a répondu de façon convenue, d'une part sur l'engagement total de la famille derrière le management de PSA et son entier soutien, d'autre part en affirmant que si PSA ne représente que 30% des actifs de la FFP, c'est à cause de la chute du titre depuis près de 10 ans.

Je ne suis évidemment pas satisfait de cette réponse : la FFP n'est bien que partiellement engagée dans son soutien à PSA et j'avais d'ailleurs constaté lors de son AG de 2012 (portant sur les comptes de 2011) que la FFP avait réalisé de récents investissements n'ayant aucun rapport avec PSA, sauf le fait que la FFP réduisait ainsi ses liquidités disponibles pour un éventuel soutien supplémentaire à PSA !

Quant au fait que ce soit la chute du titre PSA qui soit la cause de ce que PSA ne représente plus que 30% des actifs de la FFP, je crois que Monsieur Peugeot intervertit la cause et l'effet. Chacun se fera son idée sur ce point.

Pour ma part, je crois que Monsieur Robert Peugeot, le mandataire social de la FFP, peut être fier de la gestion patrimoniale des fonds qui lui ont été confiés, en se contentant de "suivre" la participation familiale dans PSA et en se diversifiant dans d'autres entreprises familiales, plus dynamiques. Son pouvoir au sein de la famille grandit et il prend naturellement l'ascendant sur ses cousins du Conseil de Surveillance de PSA.

Ce que nous apprend la comparaison avec les autres constructeurs dont l'actionnariat est familial, c'est au contraire que les familles qui se concentrent sur leur seule entreprise principale se portent beaucoup mieux que Peugeot.

Voici peut-être de quoi relancer le débat au sein de la famille Peugeot, pourquoi pas avec l'aide de leur nouvel administrateur, Louis Gallois ?

 

29/04 - Mon nouveau livre

J'ai le plaisir de vous faire part de mon nouveau livre, sous forme de manuscrit, au titre provocateur : "Redresser le pays, c'est si con?".  Il est court, ciblé.

Il part du constat que le pays n'a pas connu de politique économique lisible depuis plus d'une génération. Faute d'en avoir (une stratégie) ou faute d'en avoir (le courage d'affronter l'opinion publique).

Et bien voilà ! C'est fait.

Cette stratégie s'expose bien, se comprend bien, est crédible et rassurera tant les marchés que nos concitoyens et nos partenaires.

Vous m'écrivez et je vous l'adresse dès maintenant en version pdf.

Bonne lecture et à partager sans modération.

 

30/04 - Bluffant

Tout comme de Gaulle avec l'Algérie française, Mitterrand avec les nationalisations et Sarkozy pour décomplexer les Français avec l'argent, François Hollande aura donc parcouru le chemin des promesses et des intentions dans le sens inverse afin de tenir compte de la réalité économique et sociale : rien d'important ne se fait hors des entreprises.

Je profite de l'occasion pour vous annoncer la sortie prochaine de l'ouvrage "Le Cours" en BD. L'illustrateur est Damien Barban. On cherche un nouveau titre pour la BD. Merci de vos suggestions. Parmi les éligibles, "L'impôt de la croissance", "Le Graal fiscal" et, en haut du podium, "Les Tontons taxeurs".

Ce matin, j'appelais donc Damien pour lui suggérer le dessin d'un Titanic se dirigeant vers un gros iceberg, situé en avant et à babord. Il vient de passer une barcasse avec un homme qui essaie de se faire entendre du capitaine debout à l'arrière du Titanic. On reconnait François Hollande. L'homme crie : "Barre à tribord!" Hollande :"Quoi ? Criez plus fort ! " L'homme : "Barre à droite ! Toute ! Maintenant !"