Archives 2012

 

11/11 - Stéphane Gatignon, maire de Sevran, entame une grève de la faim pour dénoncer l'impécuniosité de sa commune. Je n'ai pas besoin de partager ses idées politiques pour me sentir quelque part solidaire de sa cause. Il illustre parfaitement un paragraphe du livre "Le Cours", traitant de la différence entre "concerné" et "impliqué" :

"Vous vous en souviendrez comme du breakfast anglais !

Pour leur breakfast, les Anglais sont gourmands d'oeufs au bacon. La poule qui fournit l'oeuf est concernée. Le cochon qui fournit le bacon est impliqué."

Bravo, Monsieur le Maire de Sevran ! Vous êtes un élu impliqué ! On en voudrait plus...

Je vais le voir, près de l'Assemblée Nationale. Il est entouré d'amis, de supporters, de quelques journalistes. Il a l'air sympa. Je m'approche, reçois son attention. Je lui présente "Le Cours", avec un flyer mis à l'entrée du chapitre 16.

"Monsieur le Maire, votre combat devrait être celui de nombreux maires de France. Voici un livre. A partir du chapitre 16, vous n'aimerez pas autant les chapitres qui précèdent, ce livre expose une taxe qui pourrait rapporter beaucoup d'argent au budget, sans nombre d'inconvénients des impôts existants. Surtout, il apporterait durablement cette péréquation financière tant souhaitée entre les communes riches et celles qui ne le sont pas."

Je ne sais pas s'il prend mon discours aussi au sérieux que ce que je souhaite. Nous verrons bien. Comme il semble tout de même intéressé, je lui donne deux exemplaires supplémentaires, marqués du chapitre 16.

"Bon courage, Monsieur le Maire. Et tous mes voeux de réussite."



13/11 - Conférence de Presse

Après le Rapport Gallois, qui pourrait s'être inspiré de la première partie de l'ouvrage (environnement, entreprises, finances, fiscalité, charges, immobilier, ...), le Président de la République continue son virage.

“Le Cours” est, à la politique économique de la France, comme le point bas d’un pendule. Le pendule peut tourner autour mais, in fine, il doit y revenir. Les thèses de bon sens finissent par s’imposer et leur couleur politique devient un facteur mineur. Bravo à Hollande d’avoir ramené le pendule vers son point d’équilibre stable !
Il a été écrit entre Janvier et Mars 2012, mais il garde encore une bonne longueur d'avance.



22/11 - Conseil stratégique
Derrière la nécessité d'avoir une épargne et de la placer au mieux, il y a le plaisir de s'associer à une aventure humaine. Quand je le fais, je m'efforce de m'engager au-delà du strict investissement dans le capital d'une entreprise et me porte volontaire pour participer. Ce jour-là, c'est le conseil stratégique d'une start-up qui a tout pour réussir, sauf que ...
ses accords signés en Juillet n'ont été activés qu'en Novembre ; sa trésorerie s'en ressent, la start-up ayant continué de brûler du cash pendant 4 mois ; elle doit envisager une nouvelle augmentation de capital ...
mais les actionnaires ne sont pas sûrs d'avoir envie ou même de pouvoir suivre !
En cas d'accident, ils auront tout perdu. En cas de réussite, l'impôt leur confisquera l'essentiel du profit. Entre temps, ils auront renoncé à récupérer leur investissement pendant de longues années.
Peut-être suggérerez-vous que, au cas où ils s'abstiennent, ils perdent leur investissement précédent. Vous avez raison, mais pas tout à fait. Ceux qui ont réalisé des plus-values dans le passé auront peut-être intérêt à passer une perte en 2013 pour alléger d'autant leur impôt correspondant.
C'est le grand danger d'un impôt spoliateur : on peut investir n'importe comment quand la défiscalisation est à l'entrée et on peut se retirer n'importe quand si on a trop de plus-values à extérioriser.
L'optimisation fiscale a décidemment de bien funestes conséquences !
En attendant, les fondateurs de cette start-up prometteuse passeront des fêtes de fin d'année dans le stress...

 

29/11 - Le tapis rouge

On peut faire différemment des autres ...

Mais alors, nous prenons de risque de voir dérouler deux tapis rouges :

Le premier tapis est déroulé par nos voisins à tous ceux que ce pouvoir entend solliciter au-delà de toute raison par la fiscalité évidemment, mais aussi par les tracasseries, les leçons, les admonestations, les menaces, les caricatures, les slogans injurieux ("casse-toi, riche con" ou "pas de prime de Noël pour les patrons"). Ceux-là sont ouvertement invités à venir travailler, investir, dépenser, embaucher, produire, réussir et payer leurs impôts dans un pays où c'est facile et où ils se sentiront les bienvenus. N'est-ce pas, Monsieur Cameron ?

Le second tapis est déroulé en France par le pouvoir à ceux qui soutiennent les thèses souverainistes : sortir de la zone euro, peut-être même de l'Europe et se trouver totalement responsable de nos choix. Quand nous faisons différemment, nous nous mettons déjà à l'écart des autres. Il se peut même qu'un jour, nos voisins et alliés se fatigueront de notre différence toujours affirmée, surtout si, au lieu de pouvoir contribuer aux succès de nos alliances, nous en devenons le boulet. Je n'ai personnellement rien contre les souverainistes, mais est-ce aussi le cas de ceux qui nous gouvernent ?



30/11 - Equilibre et récession

Il existe aujourd'hui une école sur les effets récessifs de la rigueur budgétaire.

Son discours se pare d'une approche scientifique avec le "multiplicateur", un terme utilisé pour montrer que quand on réduit le déficit budgétaire d'un euro, on réduit l'économie d'au moins autant et le budget de l'Etat ne s'en trouve donc pas amélioré.

Il existe au moins 2 réponses à cette "démonstration" :

D'une part, les effets sont en effet récessifs, à court terme. Mais quand l'effort est persistant, on voit rapidement que les acteurs économiques s'adaptent, acceptent de travailler plus et finissent par créer la richesse qui manquait à l'économie. C'est donc une courbe en "J" qui va vers le bas avant de remonter.

D'autre part, la qualité de l'effort de rigueur peut considérablement améliorer le fameux "multiplicateur". C'est précisément ce que "Le Cours" démontre en mettant en avant une taxe qui ne porte ni sur le travail ni sur le capital car une activité économique saine a manifestement besoin des deux facteurs qu'il est malsain d'opposer.

 

03/12 - Investisseur en France : libre de perdre, mais pas de gagner !

Discussions au parlement entre un exécutif qui prend la mesure des risques économiques et des élus ancrés dans leurs convictions. Le sujet : les contreparties à imposer aux entreprises bénéficiaires du "crédit d'impôt compétitivité". Et surtout le slogan : Halte aux dividendes !

 

Nous observons que le taux de rémunération de l'épargne "sans risque" est de l'ordre de 1%, plus ou moins selon la durée. Il en est même qui sont prêts à placer leur argent à court terme à des taux négatifs pour le soustraire à des risques non maîtrisés (ex. faillite bancaire). Un taux négatif correspond par exemple au prix de location d'un coffre-fort.

 

Une rémunération supérieure de l'épargne traduit une prise de risque, d'autant plus importante quelle porte sur :

  • des titres peu ou pas sécurisés (le capital plutôt que la dette)
  • des organismes faibles et/ou vulnérables (start-ups, entreprises déjà endettées, secteurs attaqués comme l'automobile française aujourd'hui)
  • une longue durée d'immobilisation.

Celui qui accepte de financer l'économie d'une façon ou d'une autre ne se voit donc proposer que deux sorties, puisque le risque zéro n'existe pas :

  • l'échec, auquel cas il a perdu tout ou partie de son investissement
  • la réussite, auquel cas il peut afficher une rémunération brute attrayante mais dont l'impôt retirera tout intérêt financier à son détenteur.

Le message a été parfaitement reçu par ceux qui sont directement impliqués dans ce dilemme. Avec les autres, on s'efforcera d'en débattre.



04/12 - Solidarité

Du temps des monnaies flottantes entre les économies nationales européennes, la "solidarité" se faisait d'elle-même : les peuples qui s'étaient laissé aller voyaient leur monnaie fondre et leur pouvoir d'achat baisser du fait du renchérissement des importations.

Mais la baisse de leur monnaie nationale faisait qu'ils gardaient leur compétitivité et le chômage n'en était pas forcément aggravé.

Ceux qui affirment que cette solidarité-là a fait ses preuves autrefois et mérite qu'on la réétudie aujourd'hui n'ont pas forcément tort.

Le problème des différentes solutions évoquées pour sortir de cette crise est dans la comparaison des douleurs qu'elles infligent à court, moyen et long terme.

 

05/12 - Dos à dos

 

Serions-nous amener à justifier nos propres excès par ceux de l'autre, les excès inverses ?

 

Toute personne de bon sens peut comprendre que notre économie courra à sa perte si on nie le rôle du capital dans la création des richesses que l'on envisage de partager. Ceux de nos élus ou ceux des syndicats qui s'opposent à tout versement de dividendes ne comprennent pas l'importance qu'il peut y avoir à mobiliser l'épargne dans les fonds propres des entreprises. Leur donner raison, c'est accepter que nous perdions grand nombre d'entreprises devenues exsangues.

 A l'inverse, cette finance délocalisée qui pense faire de l'argent sans aucune référence à un besoin économique concret joue de l'extrémisme inverse. Il est parfaitement concevable que cette finance ait quelques gagnants et beaucoup de perdants. Le risque pour la collectivité est quand les perdants ont été financés par des organismes aussi imbriqués dans l'économie réelle : AIG, Dexia et autres que les contribuables doivent ensuite sauver.

Le talent d'un pouvoir politique de bon sens consisterait à s'attaquer à ces deux extrémismes de façon symétrique.



06/12 - Medias, syndicats, économistes, élus et facteurs de production

Il existe toute une frange de notre population, qui fait la loi (au sens propre comme au figuré) en ce moment dans notre pays qui veut tout ignorer des facteurs de production. Je veux parler ici des entreprises.

Elle tire aussi fort sur nos champions nationaux, comme Total, que sur les entreprises en difficulté, comme PSA. Elle appelle l'investissement de ceux qu'elle déteste, comme Mittal. Elle s'étonne que des entreprises veuillent partir. Elle ne voit pas celles qui ne veulent plus entrer, ni le déficit des naissances par rapport aux faillites. Elle est aveugle au formidable coup de frein appliqué par beaucoup de patrons : en période d'incertitude économique et fiscale, il devient urgent d'attendre.

Cette frange est-elle vraiment représentative de l'opinion publique ? de ce que veulent les Français ?

Dans ce cas, je crains bien qu'il n'y ait pas de limite à la hausse du chômage !

 

07/12 - A quel niveau de fortune peut-on de vivre des revenus de son capital ?

Supposant la fiscalité telle qu'elle est en France, un taux d'inflation moyen de 2% et un rendement estimé à 4%, existe-t-il un niveau de fortune avec lequel ont peut vivre des revenus de son capital, soit au moins 3.000 euros par mois, ce qui n'est pas la définition de la richesse, même selon un président normal ?

Que croyez-vous : un million d'euros ? 5 millions ? 10 millions ? 100 millions ?

La réponse : aucun niveau de fortune ne permet à un contribuable imposé en France de vivre aujourd'hui des revenus de son capital avec ces hypothèses, pourtant résolument optimistes ! Essayez !

Ensuite, arrêtez de stigmatiser les rentiers : ils n'existent pas !



10/12 - Indice de référence

Le CAC40 sert d'indice de référence au microcosme financier mais aussi à de nombreux épargnants.

Mon objectif ici est juste de rappeler que l'indice phare des actions françaises :

  • n'incorpore pas les dividendes versés par les entreprises
  • sort régulièrement de sa liste des entreprises déjà massacrées sur le plan boursier et qui, de plus, dès l'annonce de leur sortie, auront perdu quelques points supplémentaires au titre de la moindre liquidité
  • fait rentrer dans sa liste des entreprises ayant déjà fait un beau parcours boursier et qui, de plus, bénéficient de l'effet contraire aux sortantes avec un gain de quelques points supplémentaires.

Ces particularités du CAC40 finissent par générer une moindre valorisation du CAC40 de 4 à 5% par an, par rapport à un investissement moyen sur les valeurs de l'indice, ce qui fait beaucoup dans la durée.

Est-ce l'intention des sélectionneurs ? Pour quelles raisons?



11/12 - Malsain

Aves les vacances de Noël, de nombreux voyageurs chercheront à partir vers des destinations lointaines et parcourront les sites Internet à la recherche des meilleurs prix. Très probablement, les voyages les moins chers seront aussi ceux qui imposent une ou deux escales alors que les vols directs seront les plus chers.

Or nous savons bien que les compagnies aériennes qui jouent à ce jeu ont des prix de revient supérieurs sur les vols multi-escales : plus de distance parcourue par le voyageur, plus d'enregistrements, transferts de bagages, taxes d'aéroport, service à bord, etc. Donc les vols les moins chers pour le client sont les vols les plus chers pour les compagnies. Malsain, ne pensez-vous pas ? N'y a-t-il pas de valeur individuelle et collective à dégager en jouer le jeu tarifaire de la simplicité : fixer peu ou prou le prix de vente à partir du prix de revient ?

 

C'est comme si un pays décidait d'augmenter le taux de prélèvement jusqu'à des niveaux inacceptables. Il obligerait ainsi ses ressortissants les plus touchés à s'expatrier pour profiter de leur patrimoine ou exploiter leurs talents. Un tel pays se verrait obligé à inviter des étrangers riches en leur faisant des offres fiscales tout à fait alléchantes, comme une exonération totale de l'impôt. Malsain, ne pensez-vous pas ?

   

12/12 - Inégalité des risques et des revenus

Parmi toutes les causes possibles permettant d'expliquer les différences de revenus dans un pays, je voudrais soumettre celle-ci.

Si, dans mon pays, les employés sont surprotégés par rapport aux employeurs qui sont donc surexposés au risque, il est normal que l'ajustement se fasse par la prime de risque. C'est en effet cette prime qui permet à la population qui assume les risques de survivre. Imaginez une compagnie d'assurance dont les primes ne couvriraient pas les risques couverts : elle disparaitrait rapidement.

La population des employeurs doit donc ajouter à son revenu du travail la prime de surexposition au risque. Si, par la redistribution des revenus, la fiscalité prive les employeurs de leur prime, les plus faibles disparaitront, beaucoup s'abstiendront, les encore en bonne santé s'affaibliront, les meilleures partiront.

Une façon d'avoir moins d'inégalité des revenus est d'accepter moins d'inégalité devant les risques.



13/12 - Marine nationale et corsaires

Dans sa concurrence maritime avec l'Angleterre, la France a presque toujours gagné quand elle a confié une grande part de son pouvoir maritime aux corsaires et elle a presque toujours perdu quand elle a voulu le limiter à la seule marine nationale.

Y a-t-il là une leçon à tirer pour notre économie ?

Il paraîtrait aussi qu'une différence de traitement entre les capitaines français et anglais concerne le "contrat de résultat", inexistant entre le pouvoir français et ses capitaines de navires de guerre, récompensant les capitaines anglais d'une part significative des prises de guerre en cas de victoire sur l'eau, mais aussi de la pendaison en cas de défaite !

Y a-t-il là une leçon à tirer sur la façon de motiver ou démotiver nos responsables économiques ?



14/12 - Cassandre face aux médias

"Face à l'avalanche de nouvelles taxes votées chaque semaine à l'Assemblée Nationale, les Français vendeurs ou acheteurs potentiels d'immobilier n'osent plus bouger" affirme un expert de la FNAIM sur BFM Business.

"Sans savoir si la nouvelle fiscalité sur les entreprises sera favorable ou défavorable à l'emploi, les employeurs n'osent plus bouger" affirme un responsable de la CGPME sur la même chaîne.

"Sans savoir si notre argent investi dans les start-ups nous laissera un solde net positif, nos business angels n'osent plus bouger" affirme un célèbre serial entrepreneur sur une chaine concurrente.

"Sans savoir s'ils pourront dégager des moyens financiers pour acheter, ni s'ils pourront payer les taxes à venir, ni s'ils pourront encore revendre dans de bonnes conditions, les acheteurs de bateaux neufs n'osent plus bouger" confie le responsable d'un important chantier naval (en fait important, il l'était ; aujourd'hui ses effectifs ont fondu des deux tiers et une partie de ceux qu'il garde sont en chômage partiel) au Salon Nautique.

Va-t-on vers un très sérieux ralentissement économique ?

 

17/12 - Exil fiscal

Beaucoup d'exilés fiscaux considèrent que les montants qu'exige d'eux l'Etat impécunieux et mal géré sont confiscatoires. Mais pas seulement !

Un cadre supérieur, un artiste, un sportif, un chirurgien, un entrepreneur, ... qui gagne bien sa vie peut encore accepter d'en donner une partie, même importante, au titre de la solidarité nationale. Et si l'argent de l'impôt n'était que la partie émergée de l'iceberg.

Le fisc est intrusif avec les riches : il les oblige à des déclarations sur le détail de leur patrimoine qui peut avoir un aspect humiliant ; il dispose de moyens d'investigations qui sont un véritable repoussoir pour ceux qui les ont subis. Ce n'est déjà pas évident d'avoir à affronter cette intrusion quand on a choisi la liberté de créer ou d'entreprendre.

Il existe un autre facteur dissuasif à l'enrichissement : chaque bien que possède un ménage aisé lui consommera de la ressource, normal quand il s'agit d'entretien, de réparation ou de factures associées (eau, gaz, électricité, ...) mais de plus en plus de ressource administrative : déclarations, évaluations, prestations obligatoires (assurances, contrôles techniques), justifications, tracasseries administratives (ceux qui sont au RSI me comprennent), etc.

Voyons maintenant la logique qui se met en place quand le taux de l'impôt dépasse les 50% : selon la théorie des jeux, le contribuable doit passer autant de temps à optimiser sa facture fiscale qu'à générer des revenus ; toujours selon la même théorie, le contrôleur doit multiplier les contrôles pour éviter la fraude suspectée (comment croire qu'un tel contribuable accepte de donner autant sans ne rien dissimuler ?).

On le voit, il s'agit d'un jeu perdant-perdant. L'entrepreneur s'est transformé en stratège et opérateur de dossiers administratifs que l'administration fiscale, dans sa grande mission de prévenir et punir la fraude, multipliera au nom de l'Etat et de la justice.

Que devient un pays quand ses élites jouent à ce jeu pervers ?

  

18/12 - Se remettre au travail

Dans la suite de l'article d'hier où je montrai que, du fait des taux de prélévement excesifs, l'intérêt des hauts revenus est de passer quelque temps à se protéger et l'intérêt de l'Etat de courir avec plus de moyens derrière "son" argent, je mentionne aujourd'hui qu'un tel raisonnement s'applique aussi aux entreprises.

Puisque les diverses aides accordées aux entreprises sont peu ou prou du même ordre de grandeur que l'impôt sur leurs bénéfices, on peut imaginer qu'une partie des ressources vives des entreprises est consacrée à la chasse à ces aides, ainsi qu'à la réduction de l'impôt sur les bénéfices.

Supprimons l'un (les subventions) et l'autre (l'impôt) et l'on remettra rapidement de nombreuses équipes au travail sur des objectifs de production plutôt que sur les optimisations et leur contrepartie, la répression administrative.

 

19/12 - Négociations sociales

Je comprends que le rôle des syndicats soit de défendre les salariés, donc également de les protéger. En France, par rapport à de nombreux autres pays, les CDD ne sont pas surprotégés, ils connaissent la précarité. Mais ils ne représentent que moins de 10% des salariés du privé. Les CDI peuvent se considérer, eux, comme surprotégés. J'ai déjà eu l'occasion de montrer que la protection a un coût et la surprotection a donc un surcoût.

Qui paie ce surcoût et a-t-il une contrepartie ?

Le surcoût ne se traduit que quand il devient une gêne pour l'acteur économique qui le porte, en l'occurrence l'entreprise. On voudrait que l'entreprise puisse dessiner son destin dans le marbre, qu'elle recrute "à vie", indépendamment de ses besoins en quantité de travail et en qualité de talents. Une fois qu'elle a recruté un salarié, elle en devient responsable à vie ! Ce qui signifie, incidemment, que le salarié, lui, n'a plus à être responsable du reste de sa vie professionnelle.

La première conséquence de ce qui précède, c'est que l'entreprise qui recrute en CDI doit avoir une grande confiance dans son choix et il est dangereux de restreindre ce choix par des paramètres de plus en plus nombreux, même si les discriminations à l'embauche sont le plus souvent au détriment du recruteur. La nécessaire sélectivité des recrutés laissera de nombreux candidats à l'écart de la vie professionnelle. Le coût du CDI est donc payé par les CDD et les chômeurs.

La seconde conséquence est que l'entreprise qui voit une pointe d'activité hésitera à la saisir si elle a un doute sur sa pérennité. De plus en plus d'activités, notamment industrielles, sont cycliques. Quand on a déjà payé pour un plan social afin d'abaisser le point mort de l'entreprise, on hésite forcément à rebondir trop vite. Voyez l'automobile, la construction navale, le bâtiment, l'acier, ... L'entreprise qui prévoit une hausse durable de la demande en profitera probablement pour l'alimenter à partir d'un pays où les salariés sont moins protégés.

Comme le dit si bien Mario Draghi : "Le problème avec la protection sociale, c'est ceux qui ne peuvent pas en profiter et qu'elle oblige à rester à l'écart."  

 

20/12 - La nationalisation n'est pas une arme

Monsieur Montebourg rendrait bien service à certains industriels en nationalisant leur entreprise comme il les en menace.

La France étant, encore un peu, un Etat de droit, devrait indemniser les propriétaires au minimum à hauteur des actifs, plus le préjudice, ce qui est déjà faire une mauvaise affaire quand on n'a pas un projet stratégique réaliste et rentable. Le propriétaire, lui, fera prospérer le produit de la vente sous des cieux plus accueillants (les tapis rouges déroulés aux entrepreneurs).

Mittal aurait répondu au ministre : "Des promesses, toujours des promesses !"

 

21/12 - S'il en reste

Comme souvent en politique où l'horizon se rapproche de plus en plus (il y a longtemps qu'on a cessé de réfléchir pour établir des plans à 5 ans, on se contente maintenant de réagir aux évènements pour satisfaire l'opinion), on justifie des mesures d'ordre général par des considérations qui sont de l'ordre du fait divers, de l'exception, de la caricature, de l'excès manifeste.

Ceux qui sont partis ont fait un choix. Admettons enfin que nous ne sommes plus concernés par ces absents.

Que pensent, que veulent, que font ceux qui ne sont pas encore partis ?

Au nom de la solidarité, on leur demande de partager. Certes. Alors ils acceptent la règle et se soumettent à l'impôt. Puis ils constatent que ce qu'ils donnent est pris sans bienveillance. Ils se sentent otages dans leur propre pays. Puis ils ne se demandent même plus combien ils donnent, mais regardent ce qui leur reste.

Et là apparaît le hiatus !

Il y a ceux qui n'ont aucun engagement, qui savent que la confiscation mènera le pays à l'hyper-chômage plus rapidement et plus certainement que l'absence de toute mesure de redressement. Ils ont les moyens d'attendre, de faire le dos rond, de minimiser leur trace sur l'écran radar de l'administration fiscale. Le pendule revient toujours. On aura alors besoin d'eux et il ne sera plus question de confiscation, mais seulement de saine politique économique. Ceux-ci attendront, en observateurs curieux de cette expérience socialiste encore teintée de lutte des classes et du mépris de la réussite.

Mais il y a les autres, à fond dans la vie active et dans les engagements de tous ordres. Leur revenu net, c'était pour rembourser l'achat du logement principal, l'éducation des enfants, la solidarité voulue de voisinage ou familiale qui leur tient à coeur, le statut de cadre qui impose aussi son paraître, etc.

Et, au-delà encore, les patrons, majoritairement petits ou moyens, totalement responsables de leur entreprises et de leurs employés (à leur égard, ils ont maintenant des obligations de résultats, notamment dans le cas de risque psycho-sociaux). Ils sont le vrai moteur de notre économie, mais ce moteur est maltraité au moment où on lui demande le plus. Où sont leurs marges ? Où en est leur trésorerie ? Comment, dans ces conditions faire tourner leur entreprise ? Pour rapporter quel revenu à leur famille ?

Sérieusement, qui peut penser que les entreprises vont se remettre à embaucher ?

De l'autre côté de la Manche, David Cameron fait le pari contraire. Il est pro-business.

   

26/12 - A quel niveau de fortune ... ?

Je reviens aujourd'hui sur mon article du 7/12 qui démontre qu'il n'existe pas de niveau de fortune permettant de gagner net de frais, d'impôts et d'inflation (2%) un revenu de 3.000 euros par moir (36.000 euros par an) avec un taux moyen de placement de 4%.

J'ai reçu quelques réactions sur un mode de calcul qui pourrait indiquer qu'on construit une suite géométrique finie. Ce n'est pas le cas. Dès que l'ISF s'en mêle, ce qui est rapidement le cas avec les hypothèses retenues, on se voit imposer sur 4 fois le revenu net après ISF et inflation, alors que la somme des prélèvements sur le revenu dépasse allègrement les 25% (CSG + IRPP).

Une autre réaction est que les 4% que je prends pour rendement cible correspond aujourd'hui à des obligations risquées de la classe "spéculative", donc une hypothèse irréalistement optimiste.

Une remarque porte sur la notion de patrimoine placé par rapport au patrimoine total. La différence est composée du patrimoine de jouissance (maison, voiture, meubles, ...) qui ne rapporte rien et des liquidités (épargne de précaution ou destinée à saisir des opportunités) qui ne rapportent rien non plus. Si la partie non placée représente 30% du total et ne rapporte rien, c'est un rendement de 5,71% qu'il faut obtenir sur la partie placée, après tous frais bancaires et de gestion, pour arriver à 4% sur le patrimoine total.

Enfin, une troisième réaction est que les investisseurs français vont maintenant devenir beaucoup plus exigeants sur les Taux de Retour sur Investissement (TRI ou aussi taux de rendement interne). C'est évidemment un très mauvais signe pour les entreprises et leurs stake-holders (salariés, dirigeants, fournisseurs, ...) : pénurie d'investissements, exigence de résultats plus importants, risques de faillites, nécessaires délocalisations ou restructurations, ...

 

27/12 - De l'utilité relative des recettes et dépenses marginales

Quand un pays arrive à des niveaux de prélèvements élevés, on peut admettre que la recette marginale est de plus en plus douloureuse pour l'économie en général et le secteur privé en particulier. Après avoir pris dans le gras, on s'est attaqué au muscle et, bientôt, à l'os.

Inversement, on peut admettre que ces recettes marginales de plus en plus nuisibles servent à alimenter des dépenses de moins en moins utiles et justifiées.

Il va donc y avoir rapidement urgence à ce que le pendule revienne vers son point d'équilibre, sensiblement plus bas en matière de prélèvements obligatoires et, donc, de dépenses publiques.